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L'EUROPE EN BLOGS


Ce qui se dit, ce qui se lit sur l?Europe est dans L'Europe en blogs depuis juin 2008. Au fil des semaines et des saisons, Prune Antoine part de Berlin, où elle a élu domicile, à la pêche aux perles de la blogosphère européenne et d?ailleurs. Elle vous signale les actu et les débats du moment avec son ton décalé qui est sa marque de fabrique. Et elle vous livre à savourer immédiatement interviews, images ou sons, saupoudrés d?humour et d?insolence.


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Nom d'auteur : Prune

Description : 28 étés, j'ai troqué Paris pour croquer Berlin. Je vis, travaille et "procrastine" à Prenz'ler Berg.

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Tortilla et blablabla

Alors que l'Espagne se noie dans la crise économique, son président, Senor Bean, alias José Luis Zapatero, vient de présenter son programme pour les six mois durant lesquels son pays est à la tête de l'Union européenne. Au sommaire : « l'initiative d'un 'pacte social européen' et une nouvelle louange de la voiture électrique. » Zapa veut mettre les gaz mais qu'en pense le bon peuple !

 

 

 Pour t'aider à trancher ami lecteur, voici donc une modeste contribution au débat avec une série d´entrevistas de terrain avec des locaux hidalgos. Nom de code : 'Tortilla et blablabla'. Premier volet avec Fernando Navarro, 32 ans. Né à Séville, ce journaliste du collectif d'informations Europa451 partage son temps entre Paris et Bruxelles.

« Je suis de très prés l'actualité européenne parce que c'est mon obligation professionnelle. L'intérêt que je porte à cette présidence se concentre sur les mesures économiques proposées pour sortir de la crise, ainsi que les suggestions visant à changer le rapport de forces entre les organes qui présideraient réellement l'UE. Cela signifie par exemple que j´observe si l'entrée en scène du nouveau président Van Rampuy et de la responsable des Affaires étrangères, Lady Ashton, est simplement décorative ou fonctionnelle.

 

Je me pose beaucoup de questions sur le rôle et l'indépendance de Van Rompuy en tant que président. Savoir si en adoptant profil bas, il va susciter moins l'opposition des nationalistes aux éventuelles réformes qu'il purrait proposer. L'Europe a besoin d'un nouveau Delors, mais pas nécessairement aussi musclé que Delors. Pourvu que Van Rompuy ait la même efficacité.

 

Le traitement médiatique de la présidence espagnole ressemble beaucoup à celui qui a entouré la présidence française : beaucoup de bruit médiatique à l'intérieur du pays et aucune répercussion dans le reste de l'Europe. Une simple anecdote : le jour du lancement du site de la présidence espagnole de l'UE, le site a été hacké et l'image de Zapatero remplacée par une image du comédien britannique Mr. Bean. En Espagne, cet évènement a provoqué scandale et moqueries de tous les médias, en fonction de leur couleur idéologique. Excepté le Financial Times, aucun jounal européen ne s'est lui arrêté sur cet épisode.

 

Si je compare avec les présidences européennes tenues par Felipe González et José María Azanar, celles-ci ont suscité une plus grande implication de la société espagnole. Car si l'actuelle présidence ne passe pas inaperçue sur le plan médiatique -on en parle quasiment tous les jours dans tous les JT de toutes les chaînes-, elle sucite moins d'enthousiasme. Les Espagnols ont une préocupation plus immédiate que la construction européenne : sortir de la crise et retrouver du boulot : le taux de chômage flirte aujourd´hui avec les 20%, sans oublier le développement inquiétant de l´économie au noir.

 

Le principal atout de cette présidence, c'est que le gouvernement socialiste espagnol est totalement euroenthousiaste et croit fermement à l'intégration européenne. Son attitude est pragmatique et la plupart des Espagnols semblent en faveur du renforcement des institutions européennes et pour la création des nouvelles institutions prévues par le Traité de Lisbonne. Le principal obstacle, c'est clairement la crise qui nous frappe comme un véritable fléau : cela oblige Zapatero à partager ses efforts entre politique intérieure et obligations européennes. Normalement, pendant chaque présidence semestrielle, le président temporaire de l´Union euroéenne se consacre à fonds à sa mission, or cette fois-ci, nous pressentons tous que Zapatero va concentrer ses efforts à tirer le pays hors de la crise. Heureusement que Van Rompuy est entré en scène. C´est peut-être l´homme qui tombe à pic !

 

J'attends de cette présidence espagnole qu´elle aide à donner une image plus harmonieuse de l'UE, libérée de ses tendances nationalistes et eurosceptiques. J´aimerais qu´elle contribue à normaliser le fonctionnement et de la prise de décisions au sein de l'UE. Plus d´efficacité et de visibilité. En matière économique, je souhaite que le gouvernement de Zapatero et Van Rompuy décide d´une feuille de route réaliste pour changer le modèle économique européen et moderniser les structures de production. En clair, concrétiser les promesse trahies de l'Agenda de Lisbonne.

 

A mes yeux, la place de l'Espagne dans l'UE est doublement positive. Grâce à l'UE notre démocratie est forte, stable voire pionnière dans beaucoup d'aspects. Sans oublier notre niveau de vie qui a augmenté de façon spectaculaire en 25 ans. Avec l'Espagne, la solidarité intraeuropéenne peut se vanter de son efficacité. Pour l'Europe, l'Espagne représente à mon avis un atout. Sa population est définitivement euroenthousiaste même dans les périodes de crise. Et à partir de 2012, le pays devient un contributeur net au budget européen. En outre, l'Espagne est un pays qui cherche constamment à contribuer à approfondir l'intégration, même si c'est l´un des pires élèves concernant l'implémentation des normes européennes.

 

Un seul hic : l´équipe diplomatique qui entoure Zapatero est très peu efficace en Europe. En comparaison avec les hommes d´Aznar et de González en leur temps, ils semblent peu présents et mal connectés avec Bruxelles. C'est une équipe classique de technocrates, socialistes. Je crois que la présidence espagnole ne bombera pas le torse mais travaillera dans les coulisses. En toute discrétion.  »

Rédigé par Prune | PRESIDENCE ESPAGNOLE : tortilla et blablabla | Commentaires (0) | | +

Le 31/01/2010 à 19:22

T-Haïti

 

Haïti n’est pas vraiment Tahiti en ce moment. Devant le déluge de décombres et de cadavres laissés par le tremblement de terre du 12 janvier, si la planète people multiplie les gros chèques et les Téléthons dégoulinants de bons sentiment, la Vieille Europe est sérieusement à la traîne. D’ailleurs, la nouvelle Madame Pesc se fait sévèrement taper sur les doigts. Lady Cathy, au lendemain du séisme, n’a en effet nullement daigné prendre le premier vol pour Port au Prince, lui préférant le confort cosy d’un London foggy.
 
Une retenue qui ne fait pas l’unanimité dans les couloirs communautaires. « Joseph Daul, le président du groupe PPE (conservateurs) a regretté, lors d'une conférence de presse à Strasbourg « que l'Europe n'ait pas été présente ce week-end à Haïti », alors que la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton et « l'ensemble du monde » y étaient », note ainsi Coulisses de Bruxelles, ajoutant que l’illustre Michel Barnier lui-même n’a pas manqué de rappeler son engagement lors du tsunami de 2004, « se rendant immédiatement sur place ». Julien Frisch, qui semble avoir une petite faiblesse pour la Baronne, approuve au contraire ce choix : au vu du désastre et du désordre de la mobilisation internationale, que pourrait bien faire Ashton ? « Excepté jeter un œil aux dégâts et parler aux caméras, attirant l’attention sur un sujet qui en a reçu suffisamment ces derniers jours. »
 
Et dans l’affaire, le Superman de la catastrophe reste bien sûr Big Brother ! Dans la capitale dévastée, règnent les States qui ergotent à longueur de brancards sur la nécessité d’organiser la logistique. Washington a pris manu militari et de facto le « leadership » des secours. Une subtile manière de faire oublier les troupes américaines, embourbées de l’Afghanistan à l’Irak. Un an après son élection, le « beau » et « bronzé » Barack qui avait cassé la baraque l’an a d’ailleurs grand besoin de redorer son plastron : et ce ne sont malheureusement pas les tenues fashion fuschia de Michelle qui vont l’y aider. Car un an après son investiture, c’est la déconfiture aux USA : entre réforme râpée du système de santé ou explosion du chômage. « Mister Obama reste un être humain. Oui, il a fait des erreurs. Mais il a compris ce qui était important, » se gargarise le German Marshall Fund Blog.
 
Comme Twitter par exemple. Bienvenue au nouvel intoxtwittés du club des oiseaux sur le branchement, le Tchèque Jerzy Buzek : le président du Parlement européen se serait mis à twitter sans vergogne, selon European Union Law. « Raison invoquée : « le Parlement européen voit son influence croître et doit être davantage présent. » Premier cri : « Still learning the world of Twitter, there is more on my facebook page. » Au secours, un nouveau Friend !

Rédigé par Prune | REVUE DE WEB : essence d'hiver | Commentaires (0) | | +

Le 22/01/2010 à 19:22

Rumba et pots-de-vin

 

Barroso II, action ! Cette semaine, pleins feux sur la télé-novela Jeleva. Comme son nom ne l’indique pas, Roumiana Jeleva, 41 ans, était la candidate désignée par la Bulgarie pour piloter les projets humanitaires au sein de la Commission européenne. Blonde oblongue, la ministre des Affaires étrangères de Sofia, avait notamment montré un talent certain dans la rumba, une performance remarquée par nos échotiers mondains. La vidéo d’une émission de télé locale où elle esquissait quelques remarquables pas de danse au bras d’un cavalier gominé fait depuis plusieurs jours le bonheur de la blogosphère.
 
Malheureusement pour Roumiana, les eurodéputés à Bruxelles ne sont pas le funky jury de l’Eurovision et son audition pour un poste « léger », consacré à la coopération et à l’aide humanitaire, a été jugée « catastrophique ». « Elle a semblé hésitante concernant des points chauds du Congo à la Somalie et a suggéré de manière lumineuse qu’elle serait heureuse de parler à des ‘Talibans modérés’ à propos de la distribution d’aide en Afghanistan », dénonce sans vergogne le Charlemagne’s Notebook. Martin Schulz, le président allemand du groupe socialiste, n’a lui pas fait dans la dentelle : son verdict impitoyable sur l'étoile du dancefloor est tombé comme un couperet. « Elle n’est pas assez bonne pour le job, » rapporte le Brussels blog.
 
Plus grave, la bayadère des Balkans s’est ensuite retrouvée sur la sellette en raison d’un conflit d’intérêt. C'est Europa421 qui a révélé le scoop qui fait vaciller la Commission Barroso Bis : « entre 2007 et 2009, Roumiana était députée au Parlement européen et possédait également une entreprise de consulting ‘Global Consult’, sans l'avoir déclaré. » Pas de quoi fouetter une ballerine, les petites irrégularités financières sont monnaie courante à Bruxelles. Sans oublier la corruption en Bulgarie, une coutume locale, régulièrement épinglée dans les rapports de la Commission.
 
Devant tant de haine, Roumiana a fini par jeter l’éponge et présenté sa démission, comme l’a annoncé hier Coulisses de Bruxelles. « Dans une lettre adressée au Premier ministre bulgare Boïko Borissov, elle écrit : ‘veuillez accepter ma démission de toutes les positions que j'occupe’, car ‘ je ne m'attends pas à une attitude impartiale et à une appréciation objective’ du Parlement européen. »
 
Incorruptible par contre se veut Günther Oettinger, le Teuton affecté au portefeuille de commissaire européen pour l’énergie. Günther, qui est aussi ministre président du Land de Bade-Wurtemberg, fait montre d’un sens de la rhétorique assez abrupt. « Je ne suis pas le commissaire allemand mais celui désigné par l’Allemagne, » souligne ainsi le blog Planet in Progress. « Je n’ai pas l’intention de défendre les intérêts allemands et je ne détiens pas d’actions de Eon, RWE ou Vattenfall.» Pas sûr que Mutti Merkel apprécie. Trois petits tours et puis s’en va ?
 

Rédigé par Prune | REVUE DE WEB : essence d'hiver | Commentaires (0) | | +

Le 20/01/2010 à 11:40

Catherinette

 

Sous les feux de la rampe, mais surtout des réprimandes : Cathy Ashton, alias la néo-Baronne de l’UE, faisait hier sa rentrée de présentation, aux côtés de ses 26 nouveaux petits camarades commissaires de la promotion Barroso II. « Une audition à périr d’ennui », persifle Coulisses de Bruxelles, ajoutant délicieusement sur son compte Twitter que « l’on ne va pas s’amuser les cinq prochaines année. » Coulé !
 
Promue haute représentante de la politique étrangère de l'Union, les premiers pas de Lady Ashton dans la mouise de l'ex-PESC s'annoncent ainsi... plutôt mous du genoux. Jambe en bois ou jambe en mousse, son discours inaugural devant les eurodéputés n’a convaincu personne.
 
« Ashton passe…et ça casse », slamme ainsi joliment e-toile.  « Un début déprimant,» détaille de son côté le Charlemagne's Notebook. Toujours selon Coulisses de Bruxelles, « la travailliste britannique a manié avec application, durant trois heures, une langue du plus parfait bois diplomatique ». D’après Europeanization, après cinq semaines dans ses nouvelles fonctions, Cathy « est apparue cool et relax durant l’audition. Peut-être un peu trop cool d’ailleurs… » Nos voisins germains se montrent à peine plus fraternels : « Si la diplomatie signifie parler beaucoup sans être concret, alors la vice-présidente de la Commission s’est montrée réellement diplomate », souligne perfidement Kirsten Baumbuch.
 
Et pourtant relève The Lobby, le grand Barreau en personne, avait veillé à entraîner ses troupes : « sachant que ce grand examen oral [l'audition des commissaires devant le Parlement] est connu pour sa difficulté -pas question de brandir un joker ou de ‘téléphoner à un ami’-, le Président Barroso avait organisé un séminaire pour son équipe en vue de leur audition. » Résultat du « training » spécial ? Behind the Scene relève sans pitié l’opinion de Cathounette à propos (du serpent de mer) de la réforme des Nations Unies. Miss Glouglou boit la tasse : « La réponse est que je ne sais pas. Cela ne m’a même pas traversé l’esprit. Vous m’avez bien eue. Bien joué ! » Politesse du désespoir ou élan de charité, Julien Frisch lui, attend : « la manière dont elle a répondu aux questions, à la fois d’un point de vue formel et de fonds, a résonné différemment, positivement différent. »
 
Sans transition, bien joué aussi pour les labos avec la grippe des bobos ou gogos, au choix ! Piquez ou remboursez ! Au vu de la fureur provoquée par la récente décision des gouvernements français, allemand et hollandais de revendre leurs excédents de stocks de vaccins, Gulf Stream Blues suggère « qu’étant donné les recettes faramineuses réalisées par les laboratoires pharmaceutiques dans cette opération, il serait intéressant de s’interroger sur le véritable rôle qu’ils ont joué dans le dispositif d’alerte à la pandémie. » Roselyne, bas les masques !

Rédigé par Prune | REVUE DE WEB : essence d'hiver | Commentaires (0) | | +

Le 12/01/2010 à 19:35

Quadrature

 

Tout ça pour ça ! Après la polémique mondiale, les referendums avortés, les coups fourrés de Klaus and Co, le Charlemagne’s Notebook se montre impitoyable sur les suites de Lisbonne. « L’Europe se rend enfin compte que le traité de Lisbonne ne répare pas l’UE. » Bien au contraire, il la complique. Exemple : « la majorité des grands quotidiens européens semblent aujourd’hui sincèrement désarmés par le fait qu’Herman Van Rompuy va devoir partager le feu des projecteurs avec Zapatero, du fait de la présidence tournante de l’UE. » « Mais personne n’a-t-il donc lu le texte ?», se lamente le blog. Bien sûr que non, niais !
 
Même son de cloche pseudo pédagogique pour La Oreja de Europa : « malgré la publicité réalisée à Madrid autour de la présidence tournante de l’UE, nous les Espagnols, savons-nous réellement ce dont nous sommes en train de parler ? Et connaissons-nous les protagonistes de cette nouvelle ère ? » Entre Van Rompez, Zaza, la Baronne et le Barreau, vive l’Europe quadrupède !
 
Plus explosive encore est l’anecdote savoureuse révélée par The European Citizen, alors que le débat sur la sécurité aérienne fait actuellement rage dans les salles d’embarquement. La Commission se dit d’ores et déjà « convaincue de l’utilité des [über] scanners corporels », serons-nous bientôt tous à poils devant les portiques de sécurité des aéroports, après trois heures d'attente ? Lors d’un test visant à déterminer le degré d’efficacité des contrôles aux frontières de la zone EU, des douaniers slovaques farceurs ont innocemment placé quelques explosifs dans les bagages d’un passager lambda, afin de voir s’ils seraient détectés par leurs homologues irlandais. Résultat : ledit quidam est passé comme une fleur, direction Dublin, nanti de ses bombes, à l’insu de son plein gré. Pire, il a fallu trois jours à Bratislava pour contacter les autorités irlandaises et les informer de la manœuvre. « L’échange d’informations était pourtant censé avoir été rendu plus facile par le Traité de Lisbonne, » remarque perfidement The European Citizen.
 
Après le hacking sur la page de la présidence espagnole qui a suscité moult commentaires ironiques des blogueurs, type « Mister Bean-EU President », un autre site, celui du Parlement européen, serait en complète refonte. Perdus dans la jungle post web 2.0, les éditeurs en charge de la nouvelle mouture en appellent même aux lumières des internautes, dans un billet aux accents bouleversants. « A l’aide ! Je veux dire, vraiment. Nous avons besoin d’aide, d’idées, d’inspiration… » Et c’est Julien Frisch qui signale, avec sa rouerie habituelle, que « le post en question, ‘Writing for (y)EU’, mis en ligne le 05 janvier, n’a pas encore reçu un seul commentaire. » Des suggestions ?

Rédigé par Prune | REVUE DE WEB : essence d'hiver | Commentaires (2) | | +

Le 08/01/2010 à 18:22

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