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ProfilNom d'auteur : Marie-Monique Robin Description : Je suis réalisatrice de documentaires et écrivain, mais avant tout JOURNALISTE. Cela fait bientôt vi... Michael Taylor reprend du service à la FDA En ces temps de canicule, ça chauffe sur mon Blog! A peine rentré de vacances , "Anton" a volé au secours de "Capitaine Poltron" , dont j'ai révélé les "sources", en tombant d'emblée dans l'insulte. Manifestement l'équipe de médiateurs d'ARTE a décidé de supprimer quelques commentaires injurieux, mais a laissé passer celui-ci que je viens de lui signaler (commentaire 11, post "ITW avec Carmen Aristegui").
"Je rentre de vacances et je découvre le billet de MMR "les masques sont tombés" dont MMR a bloqué les commentaires. Vous êtes une gourde, MMR, doublée d'une malade mentale. Je transmets votre dossier à un ami psychiatre . Je crains malheureusement un pronostic très pessimiste."
Je précise, au passage, que je n'ai aucun moyen de supprimer les commentaires postés sur mon Blog et que les accusations violentes de "Capitaine Poltron" sont sans fondement. J'informe aussi mes lecteurs que l'équipe de maintenance informatique d'ARTE a consacré une journée à "décontaminer" mon Blog qu'Anton avait décidé de hacker... Je constate, une fois de plus, que , à cours d'arguments, mes (rares) "détracteurs personnels" n'hésitent pas à recourir à des méthodes qui ne respectent pas l'éthique minimale et piétinent les règles de conduite communément admises sur les Blogs. Mais restons calmes! Plusieurs amis américains m'ont signalé une pétition qui circule actuellement aux Etats Unis. Elle concerne ... Michael Taylor, dont j'ai longuement parlé dans mon film et livre (voir sur ce Blog) qui vient de reprendre du service à la FDA (comme "Food Safety Advisor")! Je rappelle que cet ancien avocat de King and Spalding qui travaillait notamment pour Monsanto, avait été promu N° 2 de la FDA, pour encadrer la rédaction du texte qui a inscrit dans le marbre le "principe d'équivalence en substance", avant d'être nommé vice-président de Monsanto. Quand je l'ai interviewé, il officiait comme directeur de l'ONG "Ressources for the Future". Lors de notre entretien, Michael Taylor avait dénoncé les "gaffes" qui avaient entouré la mise sur le marché de l'hormone de croissance transgénique de Monsanto, et prôné une révision du processus de mise sur le marché des OGM qu'il avait, pourtant mis en place. Il demandait notamment que chaque "nouvel OGM" soit " rigoureusement testé par la FDA avant son homologation". Surprenant, cet aveu annonçait peut-être un changement de position de celui qui est considéré aux Etats Unis comme le symbole des "portes tournantes"... La pétition demande d'écrire au Commissaire de la FDA, Margaret Hamburg, en lui enoyant le texte suivant:
Dear Commissioner Hamburg,
Sincerely, (Your name)
Rédigé par Marie-Monique Robin | réponses à la désinformation | Commentaires (65) | Le 19/08/2009 à 18:09
Je constate que "Capitaine Poltron" et ses compères, spécialistes de la manipulation, sont tombés dans le piège que je leur avais tendu... En révélant "le drôle d'acharnement" sur ma fiche Wikipedia, je voulais vérifier si mes "détracteurs personnels" , qui se présentent comme des défenseurs invétérés des OGM de Monsanto, étaient aussi des spécialistes (!) du trafic d'organes, de la rumeur, et de l'USIA. Et bien oui! Ils ont enfourché ce nouveau cheval avec la même virulence qu'ils épiaient jusque là le moindre de mes écrits sur les plantes transgéniques pesticides. Le problème c'est que leurs arguments - et là la médaille revient à "Capitaine Poltron" - viennent tout droit du dossier établi, il y a... quinze ans- par Todd Leventhal de l'USIA! Tout y est, y compris la référence à Véronique Campion-Vincent, une ingénieure au service informatique du CNRS, qui a un "dada": les "légendes urbaines". J'ai rencontré cette femme (au demeurant fort sympathique) au moment de mon enquête, qui n' a jamais fait aucun travail de terrain et se contente pour ses (rares) écrits de consulter des documents établis par d'autres! Dans mon livre Voleurs d'organes. Enquête sur un trafic, je raconte notamment qu'elle a publié un article en 1992 dans Les cahiers internationaux de sociologie, intitulé "Bébés en pièces détachées. une nouvelle légende latino-américaine", où ses seules sources sont l'USIA, la CIA et le FBI! De son côté, Todd Leventhal, dans le rapport qu'il avait rédigé sur le vol d'organes, qu'il présentait comme une invention des services de propagande du KGB, destinée à discréditer les Etats Unis (!), cite Véronique Campion-Vincent comme une "spécialiste française " du vol d'organes! La boucle est bouclée! Par delà l'anecdote, il convient de rappeler ce qu'est l'USIA et dans quelles conditions, cette agence gouvernementale américaine est née. Voici ce que j'écrivais dans mon livre Voleurs d'organes. Enquête sur un trafic, paru aux Editions Bayard en 1996, où je racontais tous les dessous de cette incroyable affaire. EXTRAIT "Les armes de combat sont désormais les mots plus que les bombes". Ainsi s'exprime Ronald I. Rubin dans son livre Les objectifs de l'Agence d'Information des Etats Unis. À la même époque, Richard Helms, directeur de la Central Intelligence Agency (CIA) a coutume de dire: "La guerre se mène dans les coins sombres, et pas avec des ranks, des fusils ou des armes nucléaires". Le rapprochement n'est pas fortuit, ainsi que l'illustre l'histoire des deux agences américaines, dont l'origine commune atteste qu'elles constituent les deux faces d'une même monnaie: le renseignement au service de la sécurité des Etats Unis d'Amérique, l'une (l'USIA) étant considérée comme une "agence ouverte" (open agency), l'autre (la CIA) comme une "agence secrète" (covert agency). Les spécialistes du renseignement précisent aussi que l'USIA est chargée de la "propagande blanche" et la CIA de la "propagande noire", des notions que John W. Henderson résume de la manière suivante: "On appelle propagande noire toute information faussement attribuée à une source; la propagande grise est livrée sans source, quant à la propagande blanche, sa source est clairement attribuée, au moins par induction". Ainsi que le souligne Roland Jacquard dans son livre La guerre du mensonge : histoire secrète de la désinformation , il faut attendre 1908 pour que le président Théodore Roosevelt autorise la création d’un Bureau d’investigation américain, qui deviendra le Federal Bureau of Investigation, le FBI, en 1935. Ce service de police judiciaire devient l’instrument de contre-espionnage officiel, son domaine s’ étendant à la répression de la subversion interne, mais aussi externe, en 1939. Mais ce n’est pas à proprement parler un service de renseignement même si, seul sur la place, il a tendance – notamment en Amérique latine – à en remplir la fonction. C’est ainsi qu’est créé l’Office of War Information (OWI) – le B ureau d’information de la guerre – qui regroupe sous le même toit les services d’information et de renseignement : il comprend notamment la radio Voice of America , qui commence à émettre en allemand le 24 février 1942, et le United States Information Service, le service d’information d’Outre-mer. Au lendemain de la guerre, les agents de l’OWI rejoignent deux structures nouvelles : la CIA, créé en 1947, et l’USIA, en 1953.
« Abolir toutes les barrières qui empêchent la liberté internationale de la presse et de la communication en général. Fournir une image correcte des Etats Unis et de la politique américaine. Contrer la propagande communiste et montrer la vraie nature du communisme totalitaire. Soutenir la politique étrangère des Etats Unis en persuadant les peuples de son mérite. Promouvoir l’entente et la compréhension mutuelle entre les Etats Unis et les autres pays ». " À l’étranger, on connaît mal les Etats Unis. Les communistes en profitent pour nous calomnier. Aujourd’hui les Etats Unis sont garants de la paix. Nos responsabilités sont immenses. Si nous voulons les assumer, nous devons expliquer au monde entier notre nature, nos convictions, nos aspirations comme nation, pour contrer la propagande communiste. C’est la tâche de l’USIA. C’est notre affaire à tous, car notre sécurité en dépend ».
Pour Roland Jacquard, la desinformatsia représente l’ "ensemble des techniques utilisées pour manipuler l’information, tout en lui conservant un caractère de crédibilité , afin d’exercer une influence sur le jugement et les réactions d ‘autrui ». Souvent traduite par « intoxe » en français ou « deception » an anglais, c’est une manière de « mentir vrai » en empruntant les canaux traditionnels de l’information : presse écrite, orale ou audiovisuelle . De son côté, la CIA invente son propre terme pour désigner ses campagnes d’intoxication ou de désinformation contre l’ennemi communiste : forgery (falsification). Décrit par ses ex consorts comme un « professionnel de la falsification », Richard Helms, ex-patron de la CIA, est ainsi l’auteur de la plus grande forgery de l’histoire de la « compagnie » : la version made in CIA du discours prononcé, le 24 février 1956, devant le XXème Congrès du parti communiste de l’Union soviétique, et entré dans l’histoire sous le nom de « rapport Khrouchtchev ». Les hommes de Richard Helms parvinrent à réaliser un total de trente-deux ajouts insérés dans le texte original, et publiés dans The New York Times ! Autre exemple plus récent , de forgery : l’attribution de la responsabilité de la tentative d’assassinat du pape Jean-Paul II, le 13 mai 1981, au KGB, via une « filière bulgare », qui n’a existé que dans l’imagination des agents de la « compagnie ». « À Washington, la communauté du renseignement est devenue surabondante et tentaculaire. Vingt-quatre heures par jour, et sept jours par semaine, le cerveau du policier universel contrôle les paroles du monde entier, sonde et photographie chaque parcelle du globe. La communauté du renseignement enregistre et traduit des milliers d’émissions de radios étrangères, lit quelque dix mille journaux et périodiques, sélectionne et commente des milliers de noms et de lieux ».
« La tâche de l’USIA peut être distinguée de la propagande pure, note Leo Boggart. Elle joue un rôle limité comme une agence officielle gouvernementale, tandis que certaines des rough things (mot à mot « affaires corsées ») peuvent être faites par d’autres agences, comme la CIA ». « Pour ce qui est de la propagande, on considère généralement qu’il ne faut la faire clandestinement que quand on ne peut la faire ouvertement ; mais Howard lui, avait tendance à considérer que l’éventualité de passer par le département d’Etat ou l’USIA ne devait être envisagée que si l’affaire s’avérait impossible par les moyens détournés de la CIA ».
« L’USIA n’entretiendra pas d’activités secrètes, manipulatrices ou propagandistes », déclare-t-il, tandis qu’au même moment il demande une enquête sur la CIA, pour en restreindre les possibilités d’action. Le 1er avril 1978, il va même jusqu’à changer le nom de l’agence d’information, rebaptisée International Communication Agency (ICA), dont le sigle ne fait que renforcer la confusion avec la CIA ! D’où un retour à la case départ, décidé par le président Ronald Reagan, qui, en 1982, nomme son vieil ami Charles Z. Wick à la tête de l’USIA. Comme aux temps forts de la guerre froide, le directeur lance un programme, le « Projet vérité », dont le but est de contrer la propagande soviétique…
Dans un prochain post, je raconterai ma visite à Washington dans le bureau de Todd Leventhal, qui a essayé de me convaincre que le trafic d'organes est une "légende urbaine" inventée par le KGB pour discréditer les Etats Unis ! Je rappelle que cette interview a eu lieu en 1993 et que l'Union soviétique n'existait plus!! Plus tard, dérangé par le succès international de mon film "Voleurs d'organes", l'agent secret insinuera qu'en tant que journaliste spécialiste de Cuba, je travaillais très certainement pour ledit KGB! Devant l'incrédulité de ses interlocuteurs, il changera de "forgery" (intoxe), en insinuant que j'avais payé la mère du petit Jaison pour obtenir un faux témoignage, provoquant la même incrédulité, comme je le raconte en détails dans mon livre. Il est amusant de constater que "Capitaine Poltron" ressort les mêmes arguments que Todd Leventhal il y a presque quinze ans! En fait, tout indique que Me William Bourdon , mon avocat dans les trois procès que j'ai gagnés à la suite de la polémique qui a suivi la diffusion de mon enquête sur le vol d'organes, avait vu juste. Peu de temps avant la sortie de mon film et livre sur Monsanto, il m'avait prévenue: " Attends-toi à ce que les services de communication de Monsanto ou à ce que des défenseurs inconditionnels des OGM, proches de la firme, ressortent le dossier "Voleurs d'organes" pour te discréditer et jeter le trouble sur ton enquête". Cet avertissement n'était pas dû à un excès de paranoïa, étant données les pratiques de manipulation de l'information auxquelles a déjà eu recours la multinationale de Saint Louis, ainsi que le prouve notamment l'affaire d'Ignacio Chapela (voir mon film, livre et sur ce Blog). Voilà pourquoi, Me Bourdon avait rédigé un communiqué mettant en garde tous ceux qui essaieraient de me diffamer en présentant une version tronquée de l'affaire "Voleurs d'organes" (voir sur ce Blog), basée sur le dossier réalisé par Todd Leventhal, qui est un spécialiste de la désinformation et de la propagande . Manifestement c'est sur ce "dossier" que se base "Capitaine Poltron" pour rédiger ses "commentaires". Comment l'a-t-il récupéré? Mystère. Ce qui est sûr c'est qu'il est impossible d'avoir accès à ce dossier, en plein mois d'août, sans avoir été sérieusement "briefé"... En attendant, "Capitaine Poltron" n'a pas peur du ridicule, puisqu'il continue de nier , aujourd'hui, l'existence du trafic d'organes, qui a été maintes fois prouvée, depuis mon enquête pionnière, comme le montre, par exemple, ce document de l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe de juin 2003:
Rédigé par Marie-Monique Robin | réponses à la désinformation | Commentaires (30) | Le 08/08/2009 à 17:13
Drôle d'acharnement sur Wikipedia Un drôle de combat se mène actuellement sur ma fiche … Wikipedia ! Un ami m’a alertée il y a quelques jours que ma fiche Wikipedia avait été entièrement remaniée par un inconnu, passablement bien informé, qui avait réalisé un gros travail de compilation pour rédiger un texte répondant aux critères de l’encyclopédie en ligne : factuel, sourcé, et objectif. Ce texte essayait de rendre compte des quelque 2OO reportages que j’ai réalisés pour la télévision en vingt-cinq ans de carrière (une quarantaine de documentaires de 26 à 90 minutes, auxquels s’ajoutent cent modules de six minutes pour la série Les 100 photos du siècle, diffusés sur ARTE, le reste étant des reportages courts diffusés dans des magazines d’information comme La marche du siècle, Zone interdite, ou Thalassa).
Accusée d’avoir payé les témoins du film, dont la mère du petit Jaison, un enfant colombien énucléé, j’avais attaqué en diffamation Me Pernet, l’avocat de l’ambassade de Colombie et un journaliste colombien, recruté par celle-ci, et avais gagné mes procès. Dans son jugement du 11 janvier 1996, publié dans trois journaux dont Le Monde, le tribunal d'instance de Versailles condamne Me Pernet à me verser un franc symbolique pour diffamation, en constatant la "mauvaise foi" de l'avocat (qui m'avait diffamée dans une réunion publique à Versailles à laquelle était présent le Pr. Barraquer, venu spécialement de Bogota!) et le déclare "irrecevable à rapporter la preuve de la vérité des faits", alors même que l'avocat a produit , pour sa défense, la pseudo expertise réalisée sur l'enfant par trois médecins français, à la demande de l'ambassade de Colombie et du Pr. Barraquer. Cette "expertise", dont l'opacité n'a pas échappé au tribunal, a été contestée par un groupe de huit médecins, dont le Dr. Pham Chau, un chirurgien, expert auprès des tribunaux, ayant fait une spécialisation en "ophtalmologie médico-légale", et le Dr. Georges lagier, professeur à l'Université de Paris-VII, qui, dans leur rapport, concluent: "Le rapport du professeur G. Renard est critiquable dans la forme comme dans le fond. Douze ans après les événements, il est hasardeux d'avancer une conclusion ophtalmologique définitive et tranchée, lors même que différentes hypothèses restent recevables. Si la vérité peut éclater au travers d'une expertise officielle, encore faudrait-il que cette dernière soit conduite sous conditions parfaitement contradictoires par désignation des représentants médicaux respectifs des parties en cause et sous vérification préalable de l'authenticité des éléments du dossier médical fourni". Dans le même temps, le Professeur José Ignacio Barraquer était débouté de son action en diffamation, assortie d'une demande de dommages-intérêts de huit millions de francs pour « préjudice commercial » ( !) en première instance, en appel, puis en cour de cassation. La réaction de l'illustre professeur était d'ailleurs curieuse car je n'ai jamais accusé sa clinique d'être impliquée dans l'affaire Jaison. Dans le film, je notais simplement que le Pr. Barraquer , après plus d'une vingtaine de demandes d'ITW, avait refusé de me recevoir, ce qui était dommage vu qu'il était considéré comme le "pape de l'ophtalmologie" et vue la rumeur tenace sur le vol de cornées en Colombie. Dans son jugement de janvier 1996, le tribunal de grande instance de Paris déboute Barraquer de son action en diffamation en disant dans ses attendus: "le trafic d'organes est une réalité reconnue par les instances internationales et le milieu médical français"... "Mme Robin disposait d'éléments sérieux pour suspecter la régularité des pratiques en Colombie" ... "en refusant de recevoir les reporters, les responsables de la clinique ont favorisé des soupçons qu'ils auraient pu lever en faisant connaître leurs activités" . Finalement, après une enquête de six mois sur mon travail, le Prix Albert Londres m’était définitivement rendu.
À noter que, dans cette coalition du silence, l’Argentine faisait exception puisque que c’était le ministre de la santé qui avait confié à un juge, Victor Heredia, une instruction sur un vaste trafic d’organes opéré sur des malades mentaux d’un hôpital psychiatrique public, où j’avais pu filmer. « Persuadé que ses reportages sont un coup de pouce donné aux événements afin que les hommes souffrent moins, Albert Londres prête sa voix à ceux qui n’en ont pas (…) Il se sent plus proche, solidaire et complice, des héros et marginaux que des pouvoirs et notables. Les officiels, il les expédie en quelques paragraphes sur un air d’enterrement »…. "Notre métier n'est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, c'est de mettre la plume dans la plaie". S'il avait vécu aujourd'hui, Albert Londres aurait très certainement porté sa plume dans l'univers des marchands de corps humains mais aussi dans celui des manipulateurs du génie génétique, considérant que les citoyens ont le droit d'être informés sur la manière dont les produits issus de l'activité scientifique sont mis sur le marché, surtout lorsqu'ils engagent la société tout entière, au risque de se faire quelques nouveaux ennemis acharnés...
Rédigé par Marie-Monique Robin | réponses à la désinformation | Commentaires (173) | Le 05/08/2009 à 11:56
la recherche corrompue ou étouffée par l'industrie Pour les internautes qui, comme moi, ont quelques doutes sur l' indépendance désintéressée des scientifiques qui peuplent les agences de réglementation, je recommande la lecture du dossier du magazine Books d'avril 2009, intitulé "le scandale de l'industrie pharmaceutique. Notre santé otage de la corruption". On y découvre comment les professeurs d'université se font acheter par les majors de l'industrie pharmaceutique, en faisant la promotion de médicaments très mal évalués ou en publiant des articles de complaisance dans de grandes revues scientifiques, et pourquoi "il n'est plus possible de croire les recherches publiées, ni de se fier au jugement de son médecin de famille", comme l'écrit Marcia Angell, qui fit partie de la rédaction en chef du New England Journal of Medicine, et est l'auteur de La vérité sur les compagnies pharmaceutiques. Comment elles nous trompent et comment les contrecarrer. Ce qu'elle décrit - encore une fois corruption, conflits d'intérêts, noyautage des agences de réglementation, censées protéger l'intérêt des consommateurs, par l'industrie - ne concerne pas que les Etats Unis, ainsi que le prouve l'interview de Philippe Even, ancien doyen de la faculté de médecine de l'hôpital Necker, professeur émérite à l'Université Paris V, qui dirige aujourd'hui l'Institut Necker. À LIRE ABSOLUMENT! www.booksmag.fr/magazine/g/en-france-cela-se-passe-comme-aux-etats-unis.html Par ailleurs, je participais récemment à un colloque sur "Cancer et environnement", où le Docteur Annie Sasco, qui travailla pendant vingt-deux ans au CIRC, le Centre international de recherche sur le cancer ( un organisme dépendant de l'Organisation mondiale de la Santé, installé à Lyon) a présenté l'épidémie de cancers qui frappe le monde depuis vingt ans. De fait, les chiffres officiels de l'OMS révèlent que l'incidence du cancer a augmenté de 63% entre 1980 et 2000, avec une augmentation annuelle de 1 à 3% pour les jeunes enfants. L'augmentation est telle qu'on parle désormais d' "épidémie", alors que le terme désigne normalement des maladies virales ou infectieuses. Le même constat a été fait pour l'incidence des maladies de Parkinson et d'Altzheimer, qui frappent des personnes de plus en plus jeunes. Sans oublier le diabète (de type 2) ou les maladies autoimmunes, qui connaissent aussi une explosion. Le coupable? La pollution environnementale et notamment les pesticides organochlorés ou organophosphorés. Pour mettre fin à ce fléau qui touche toutes les familles de France ou d'ailleurs, il faudrait interdire tout ce qui est à l'origine de l'épidémie, à savoir les molécules chimiques qui ont des effets cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques et qui ont envahi notre environnement et notre assiette depuis une cinquantaine d'années. Ce qui ne fait pas l'affaire de l'industrie pharmaceutique ni des scientifiques, au CV prestigieux, qu'elle arrose généreusement... Les manoeuvres décrites ci-dessus ne concernent pas que l'industrie pharmaceutique, mais aussi les multinationales de la biotechnologie. Récemment, 26 scientifiques américains ont dénoncé dans une déclaration commune, adressée à l'agence de protection de l'environnement (EPA) l'impossibilité de conduire des recherches sur les effets possibles des OGM,car les fabricants , comme Monsanto et Syngenta, leur interdisent d'utiliser leurs semences transgéniques sous prétexte qu'elles sont couvertes par des brevets! Résultat: les seules études disponibles sont celles qui sont contrôlées par les fabricants!! Voici le texte de la Déclaration : Pour les anglophones, voici l'article du New York Times qui a révélé le "malaise des scientifiques": www.nytimes.com/2009/02/20/business/20crop.html Pour les non anglophones, voici la traduction réalisée par les Amis de la Terre: www.amisdelaterre.org/OGM-des-scientifiques-US.html Enfin, j'ai présenté récemment les travaux du Pr. Andres Carrasco, qui dirige depuis trente ans un laboratoire d'embryologie moléculaire en Argentine. Son étude a montré l'impact du roundup qui tue les embryons d'amphibiens, ce qui confirme les résultats obtenus par le chercheur américain Rick Relyea, de l'Université de Pittsburgh (cf: mon livre). Son étude avait entraîné la décision du ministère de la défense d'interdire l'usage du roundup sur les terrains lui appartenant. Et bien le Professeur Carrasco a été menacé de mort, victime d'une campagne d'intimidation (des gros bras ont débarqué dans son laboratoire) et de diffamation. J'invite les lecteurs hispanophones à lire son interview dans Página 12: www.pagina12.com.ar/diario/elpais/1-124288-2009-05-03.html
Rédigé par Marie-Monique Robin | réponses à la désinformation | Commentaires (26) | Le 04/05/2009 à 11:20
"les données brutes sont à la disposition des experts" dit Anton! Je viens de lire les commentaires postés sur mon Blog et ceux de "Anton" ne lassent pas de me surprendre tant ils révèlent - au choix! - sa méconnaissance des dossiers, sa naïveté ou sa volonté de désinformer. Par exemple, le 30 mars, il écrit: "Je parlais ici de l'évaluation toxicologique , je sais que MMR et le CRIIGEN raconte des mensonges (les données brutes sont à la disposition des experts) ..." "Les données brutes sont à la disposition des experts"! Voilà qui est effectivement rassurant! Le problème c'est que concernant un sujet aussi grave que la sécurité alimentaire et donc la santé des consommateurs, les données brutes des études toxicologiques devraient être accessibles à tous ceux qui en font la demande, et notamment aux scientifiques indépendants pour qu'elles puissent être examinées et soumises à une contre-expertise en toute transparence. Or, pour les OGM c'est impossible! Deux exemples que je raconte dans mon livre: Lorsque le Pr. Ian Pryme de l'Université de Bergen, en Norvège, a voulu se procurer les données brutes de l'étude toxicologique de trois mois (!) réalisée par Stephen Padgette de Monsanto sur des rats adultes (!) nourris au soja Roundup ready, la firme a refusé de les communiquer en invoquant le secret commercial! Voici ce que le Pr. Pryme m'a déclaré: – Avez-vous essayé de vous procurer les données brutes de l’étude ? demandai-je. C’est la première fois que j’entendais un tel argument concernant les données d’une recherche… Normalement, dès qu’une étude est publiée, n’importe quel chercheur peut demander à consulter les données brutes, pour répéter l’expérience et contribuer au progrès scientifique. Le refus de Monsanto donne immanquablement l’impression que la firme a quelque chose à cacher : soit que les résultats ne sont pas suffisamment convaincants, soit qu’ils sont mauvais, soit que la méthodologie et le protocole utilisés ne sont pas suffisants pour résister à une analyse scientifique rigoureuse. Pour faire notre étude, nous avons donc dû nous contenter du résumé fourni par la firme aux agences de réglementation..."
De même, concernant le maïs MON 863, il a fallu que le gouvernement allemand saisisse la justice pour que Monsanto soit contraint de communiquer les données brutes de son étude toxicologique! Au même moment , le CRIIGEN de Corinne Lepage saisissait la Commission d'Accès aux Documents Administratifs (CADA) pour obtenir que la Commission du génie Biomoléculaire - les fameux "experts" - fournissent les données brutes, car les "experts" refusaient de les communiquer, en invoquant le "secret commercial" de Monsanto!! En attendant, après la communication des données brutes, la Commission européenne a , comme par hasard, décidé de mettre le MON 863 sous le tapis!
Photo: - Annonce de ma conférence, hier, à l'Université d'agronomie de Buenos Aires, où les agronomes présents ont découvert avec surprise le manque d'évaluation scientifique du soja Roundup ready qui recouvre, pourtant, près de 18 milliosn d'hectares en Argentine.
Rédigé par Marie-Monique Robin | réponses à la désinformation | Commentaires (23) | Le 31/03/2009 à 14:07
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