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L'Europe en débat


Le blog L'Europe en débat, fruit d'un partenariat entre ARTE et le Collège d'Europe, parie sur la force du débat pour imaginer l'avenir de l'Europe. Il aborde en français et en anglais l'actualité européenne sur une base thématique. Son équipe, composée d'étudiants, d'assistants et de professeurs du Collège, privilégie dans ses analyses la comparaison, la mise en perspective et le recul. Elle vous invite à participer à cette réflexion collective via les commentaires. Elle cherche ainsi, à dégager des intérêts communs aux citoyens européens en dépassant les intérêts nationaux, préalable à la constitution d'une opinion publique européenne.


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PERSPECTIVE: Greece - How can a mayor in Solna, Sweden, fight racism in Athens?

One of the fragile skiffs used by today’s Ulysses to reach European shores, Gibraltar Strait.

Picture by Roberto Carlos Pecino – flickr

 

Greece is under the scrutiny of the European institutions and financial markets, as doubts arise about its ability to finance its public debt. However, it is important to consider that the Greek government not only has to face deep macro-economic problems, but also faces a social crisis consisting of youngsters’ lack of opportunities, the social costs of the reforms and the ghettoization of entire shares of its immigrant population. Any debate about “who profits from Europe” should consider as well whether the European Union (EU) could do more in all these fields.

In 2005 I lived abroad for the first time. I went to Germany and at that time my language skills were not really advanced. For the first time in my life I couldn’t overhear conversations in the bus. One year passed and when I left Germany, I could perfectly understand what was being said in the buses. But when I went home to Athens I came across a similar situation: Most of the talks were in Pashto or in Ukrainian, or maybe in Urdu. Being a young person, who already had an “abroad experience” I have been able to adapt myself easier to an Athens, totally different from the shining town that hosted the Olympic Games only two years earlier.

Nowadays there is an emigration wave coming to Greece. It concerns mostly persons from Afghanistan and Pakistan who ask for asylum, but also Nigerians and nationals from other European countries. The administrative capacities of the country have proven unable to handle such a massive and culturally diverse migration, resulting in a flourishing of grey economy and human trafficking. Consequently rising hostility against the immigrants is to be observed in Greek society. On the top of that, immigrants from Asia most of the time do not come with their families, as it is only the men who come, making their integration much more difficult.

This situation caused, as expected, ghettoization of poor districts in Athens, as well as fear. In some cases hateful violent incidents are even reported.  Maybe the answer to the xenophobia can come from the Greek immigrants who managed to adapt in the societies of other European countries. At the current debate evoked by the revision of the law of citizenship, Greek immigrants from abroad argue in favor of the rights of immigrants in Greece. People who fought for their political rights can now prove that integrating immigrants to the society can only be benevolent and enriching. They know that immigrants actively participating in the local political administration cannot only influence the society by explaining their needs and priorities, but also develop a feeling of belonging. For most of them it is a tragedy to watch their country go through the same mistakes that other European societies made, when they first came across migration.

The problem of xenophobia is neither a new problem, nor an exclusively Greek problem. Most European societies receive immigrants or suffer from a “brain drain” due to migration. Therefore it would be important for Europe, as a community of values, to promote dialogue in order to let the citizens enhance with the idea of a multicultural society and to exchange views and practices of integration. Maybe the local administration would have a lot to contribute. Today there is a vast discussion on the importance of regions and how actually regions in different states may have much more in common than regions that belong to the same country. German mayors in Spain or Greek town councilors in Sweden may have a lot to say towards a multicultural Europe.

Eftymia Ntivi

FIND OUT MORE:

“The last Greek” is a novel by Aris Fioretos (page available in Swedish), Swedish author born to Greek and Austrian parents, which tells a story about the Greek diaspora in Sweden. Courrier International n° 1002 published a critique of this book (in French).

 

Rédigé par Luis Bouza Garcia | À qui profite l'Europe ? Identités, classes sociales et représentations | Commentaires (1) | | +

Le 09/02/2010 à 12:30

MISE EN PERSPECTIVE : Albanie - L'euro-enthousiasme du candidat : perspectives migratoires


De l'enthousiasme pour l'adhésion à l'UE lors d'un grand "meeting" organisé en décembre 2009 à Tirana par le parti du premier ministre Sali Berisha.

L’Albanie semble être le pays le plus exalté par son avenir européen. Bien plus qu’un simple espoir, cette perspective fait partie de sa géographie et de son histoire. Marquée par son passé dictatorial, elle fait aujourd’hui preuve d’européanisation dans la plupart des domaines vitaux de la vie publique : la création d’un nouveau ministère concernant l’intégration dans l’UE, la réforme de l’éducation conforme aux paramètres européens, la création des organisations pour la protection des droits de l’homme, la réforme judiciaire, la transposition de l’acquis communautaire... Cependant, malgré ces efforts, la société civile se trouve dispersée et les intellectuels marginalisés par le pouvoir et l’économie. D’où vient alors cet enthousiasme excessif ?
 
Tout d’abord, le « pays des aigles » trouve son inspiration dans le fait de se rattacher à une entité plus importante que régionale, et, d'une certaine manière d'échapper à son destin balkanique. Pour la population, au nom de l’intérêt général, quelles que soient les contraintes pour s’intégrer à l’Union européenne, elles ne pourront être pires que celles de la situation quotidienne actuelle.
 
Souvent, l’Europe est conçue comme l’opportunité de circuler en dehors des frontières, la possibilité de mettre en valeur le passeport albanais et l’identité nationale. Dans une vision plus large, l’adhésion parait être la clé de la stabilité des Balkans. Région où l’Albanie joue le rôle de bon élève dans les rivalités interethniques, même si ces dernières préoccupent encore les Européens. Perçue souvent comme un pays musulman, elle représente aux yeux de certains Européens un cas semblable à celui de la Turquie. Pourtant la sécularisation ne cesse de croître. Pour se trouver sur un pied d’égalité avec les autres candidats près des étoiles du drapeau européen, elle a dû sacrifier son projet de « Grande Albanie », une préoccupation historique remontant à la conférence de Londres de 1913.
 
L’Albanie a manqué récemment, faute de remplir les critères exigés, l’occasion tant attendue d’obtenir une libération des visas pour ses ressortissants. La société s’est trouvée désorientée après cet échec, qui s’est produit alors que l’atmosphère était à l’espoir. Même si le pays est en train de vivre un des moments les plus privilégiés de son histoire, il ne faut pas oublier le combat difficile que mènent les dirigeants albanais devant leurs  homologues européens, qui considèrent, parfois, l’élargissement comme « fatigant ». En plus, l’immigration clandestine des Albanais parait être le souci de ses voisins, qui voient le nombre des travailleurs s’accroître. Dans la plupart des cas, cette inquiétude a donné lieu à des partenariats bilatéraux qui ont donné des résultats fructueux. La question est de savoir quelle sera la perspective migratoire du pays une fois qu’il aura adhéré à l’Union Européenne. L‘issue de cette question reste ouverte comme celle des autres défis que l’Albanie doit surmonter avant d’embrasser la grande famille des nations européennes.
 
Xheni Varfi
 
POUR ALLER PLUS LOIN  
 
Le Monde, La crise politique albanaise inquiète l'Union européenne, Thierry PORTER, 15/12/2009
Cet article paraît assez intéressant, parce qu’il révèle l’intérêt de l’Union Européenne en par les développements internes récents de la politique albanaise.
 
Kolë GJELOSHAJ, l’Albanie et l’Europe, Confluences Méditerranée, nº 46, été 2003
C’est une réflexion assez importante sur le rôle de l’Albanie au sein des Balkans. L’auteur a envisagé avec rigueur le besoin existentiel de sauvegarder d’une part l’identité albanaise parmi ses voisins, et la nécessite de la partager au profit d’un destin commun, d’autre part.
 
Nouvelle Europe, Albanie : quelles perspectives européennes ? Aymeric DORDONAT 29/05/2008
 
Le portail de Nouvelle Europe, reflète un intérêt assez particulier pour l’intégration de l’Albanie au sein de la grande famille européenne. Cet article a le mérite de mettre en valeur les opportunités qui se présentent devant ce pays comme candidat potentiel.
 
Pour comprendre les guerres balkaniques de 1912-1913, rien de mieux que de les voir sur une carte :
 
 

Rédigé par Luis Bouza Garcia | À qui profite l'Europe ? Identités, classes sociales et représentations | Commentaires (5) | | +

Le 05/02/2010 à 18:24

FICHE DE LECTURE : L'Union européenne interroge l'Albanie

CARTE D’IDENTITE
Titre : Gazeta Albania
Type de publication : quotidien
Domaines couverts : actualité politique albanaise et questions d’intégration européenne
Positionnement : regard critique sur l’engagement politique albanais
 
FICHE DE LECTURE
Auteur de l’article : Albert Gjoka
Titre de l’article : Le record du gouvernement : en trois mois nous répondrons aux 2280 questions
Date de mise en ligne : 17 décembre 2009
Le voyage exotique pour l’Albanie a déjà commencé. 2280 questions lui ont été posées par l’Union européenne au mois de décembre 2009. Le gouvernement avait pris cet envoi de l’UE comme la plus belle carte de Noël qui soit, les fonctionnaires considéraient la réponse aux questions comme une responsabilité lourde et la population l’estimait comme la dernière étape avant la fin du voyage. C’est dans ce climat que l’Albanie vit depuis un mois et voit son espoir grandir chaque jour. Pourtant la réalité semble trahir ces premières réactions. L’article d’Albert Gjoka insiste sur l’ambiance contradictoire qui saisit les instances politiques. La bonne volonté n’est pas toujours suffisante pour réaliser un objectif, bien que celui-ci corresponde à un très vieux rêve.
 
L’engagement envers l’Europe est crucial et d’une responsabilité majeure. Cependant, les politiques albanais semblent plus prêts à y faire face qu’aux problèmes internes. En fait depuis les élections législatives de juin 2009, les partis d’opposition contestent le résultat et refusent de siéger au Parlement, en entraînant ainsi une des plus graves crises institutionnelles du pays. Cependant la date limite pour renvoyer le questionnaire de 33 chapitres approche et les réponses exigent maturité et authenticité. Pour être à la hauteur de la tâche, 45 institutions et 800 fonctionnaires, 27 experts et 58 traducteurs sont impliqués. Le souci des instances politiques est que ce travail énorme ne puisse pas connaître l’échec du fait du délai très court que le gouvernement albanais s’est fixé à lui-même et que le pays ne se trouve pas dans une situation semblable à celle de la Croatie. Cette ambition digne d’un « marathon» doit être réduite afin de valoriser réellement la dimension de cette entreprise et la capacité intégrationniste du pays
 
D’une part, les citoyens « inconscients » voient dans ce défi la récompense de leur parcours démocratique et désirent impatiemment que le débat politique ankylosé puisse se terminer le plus tôt possible. D’autre part, le Parlement se trouve frustré par son incapacité de gérer la paralysie et de donner vie aux trois lois relatives à la réforme judiciaire conformément aux critères de Copenhague. L’auteur de l’article, Albert Gjoka, ne manque pas de critiques envers cet effort « guinessien » de l’Albanie pour accélérer son adhésion, sans se poser trop de questions sur les efforts qu’elle devra encore accomplir, une fois traversé le seuil européen. Toutefois, l’Albanie est entrée dans la phase de préadhésion et, malgré les oiseaux de mauvais augure, elle pourrait faire preuve dans un avenir proche d’une réussite impressionnante.
 
POUR EN SAVOIR PLUS
 
L’Albanie s’engage à devenir membre de plein droit de l’UE et d’autre part, elle se trouve piégée par la crise politique due aux élections parlementaires contestables (en albanais) :
Gazeta Albania:Rekordi i qeverisë, për tre muaj u përgjigjemi 2280 pyetjeve, Albert GJOKA,
 
Koha Jonë, un des journaux réputés de la presse albanaise, expose assez cyniquement l’exaltation du gouvernement albanais, qui s’est dédié « corps et âme » au projet européen en oubliant parfois la problématique intérieure du pays (en albanais) :
« KE dorezon sot Pyetesorin e anetaresimit te Berisha», Gazeta Koha Jone: http://www.infoarkiv.com/media/artikull/iden/375446/titulli/KE-dorezon-sot-Pyetesorin-e-anetaresimit-te-Berisha
 
Le portail français Touteleurope analyse les perspectives de l’élargissement à l’Albanie.
L'Albanie un peu plus près des étoiles

Xheni Varfi

Rédigé par Luis Bouza Garcia | À qui profite l'Europe ? Identités, classes sociales et représentations | Commentaires (4) | | +

Le 02/02/2010 à 22:29

MISE EN PERSPECTIVE - 'Mir wölle bleiwen wat mir sin' ou le dilemme européen du Luxembourg

 

Image : Cédric Puisney - flickr

‘Nous voulons demeurer ce que nous sommes’ proclame une inscription dans la vieille ville de Luxembourg : fier de sa langue, de sa culture, de son statut en tant que micro-État le Grand Duché définit ainsi son identité nationale. Or c'est un paradoxe car le pays est devenu depuis la dernière guerre un des moteurs de l’intégration européenne. La population - réticente au sortir d’un conflit au cours duquel elle s’était révoltée contre la germanisation forcée – hésita tout d’abord. Finalement, les autorités renoncèrent  à accueillir les institutions de la Communauté économique européenne (CEE) dans la capitale, où siégeait déjà la Communauté économique du charbon et de l'acier (CECA), craignant une « invasion » de diplomates étrangers.

 

Or invasion il y eut mais d’un tout autre type. L’économie luxembourgeoise, jusque-là une des plus pauvres d’Europe, se développa rapidement, ayant recours à la main d’oeuvre étrangère. Entre 1957 et 2009, des milliers d’Italiens, Portugais, Allemands, Français, Belges, Yougoslaves et autres immigrèrent au Grand-Duché, faisant passer la part des étrangers d’à peine 10 % en 1960 à 43.7 % en 2009. La population active compte désormais 2/3 de travailleurs étrangers, surtout frontaliers, venus de Lorraine, de Wallonie et d’Allemagne. Ce phénomène d’accroissement de la population non-luxembourgeoise, qui à l’horizon 2025 sera majoritaire au sein des frontières du Grand Duché, a certes provoqué des débats souvent animés mais le Luxembourg n’a pas connu la montée de partis d’extrême droite. L’Europe et ses conséquences – croissance économique et immigration massive – furent acceptées par la population qui reste très pro-européenne: 79 % des Luxembourgeois considèrent toujours que l’UE est une bonne chose (Eurobaromètre 2009) et 74% des résidents non-luxembourgeois se déclarent « très heureux » de vivre au Grand Duché.
 
Mais cette même Europe est aussi un bouc-émissaire face aux problèmes nouveaux tels que la globalisation, les délocalisations, le chômage, la pauvreté, les conflits sociaux qu'affronte la société. L’élargissement à l’Est, le référendum sur la Constitution, l’abandon du secret bancaire de même que les réactions en France et en Allemagne à ces questions ont également contribué à mettre fin au consensus sur l’Europe. Certes le slogan du « oui », lors du référendum de 2005,« Être européen, rester luxembourgeois » reste populaire au Grand Duché et seuls 7 % des citoyens craignent que l’UE soit synonyme de perte d’identité. Mais on assiste de plus en plus au phénomène du « petit village irréductible » : le repli sur soi-même n’est pas exclu au Luxembourg, surtout pour les couches sociales les plus défavorisées. Incapables de s’adapter aux exigences du tri-voire quadrilinguisme (luxembourgeois, français, allemand, anglais) elles rejettent les élites eurocrates venues d’ailleurs, ainsi que les frontaliers et immigrés, rivaux sur le marché de l’emploi.
 
Que ce soit la langue, la culture, la religion, le système politique ou l’économie (les banques, l’industrie, l’agriculture) tout l’héritage semble être remis en question. Le statut de l’UE dans ce débat est souvent peu clair; longtemps perçue comme l’ancre d’une identité luxembourgeoise indépendante, elle a perdu de son lustre. Même si aujourd’hui une majorité des citoyens a des racines étrangères, leur attitude par rapport à une Europe élargie où les petits comptent de moins en moins est désormais équivoque.
 
POUR ALLER PLUS LOIN
 
Les dossiers land.lu retracent les principaux défis contemporains de la société luxembourgeoise et prennent souvent une attitude plus critique face à la construction européenne:
 
Publication de l’office nationale des statistiques (STATEC) et de l’Université duLuxembourgà propos du référendum de 2005 et de l’attitude des Luxembourgeois par rapport à l’Europe:  
 
Europaforum est un site dédié entièrement aux affaires européennes au Luxembourg et reflète la position du gouvernement luxembourgeois: http://www.europaforum.public.lu/fr/index.html
 
David A.L. WEIS

Rédigé par Luis Bouza Garcia | À qui profite l'Europe ? Identités, classes sociales et représentations | Commentaires (9) | | +

Le 29/01/2010 à 14:32

FICHE DE LECTURE : Luxembourg en 2010 : L'Europe de l'autre côté du miroir

CARTE D’IDENTITÉ

Titre de la revue : Forum Online
Date de naissance : 1976
Domaines couverts : politique, société et culture
Site : www.forum.lu
FICHE DE LECTURE
Auteur : Philippe Poirier
Numéro de la revue et année : forum 272, décembre 2007
En 2008, Eurostat confirmait que 39,6 % des habitants du Grand-Duché du Luxembourg sont des étrangers, dont 95 % sont des ressortissants des États membres de l ‘Union européenne (UE). De ce fait, le Luxembourg se qualifie comme un des pays les plus multiculturels d'Europe. En effet ce petit État qui a fortement influencé l’évolution de l’intégration européenne dès la signature des traités de Rome en 1957 fut dès lors considéré comme un « pays über-européen ». Cette image de marque s’est gravée dans les médias européens et a été confirmée à travers les décennies par des sondages. D’ailleurs, le nombre d’hommes politiques luxembourgeois ayant rempli des rôles européens importants (J. Santer, G. Thorn, J. Poos, J.-C. Juncker) suit cette logique. Surtout le dernier, premier ministre depuis 20 ans au Luxembourg et fervent défenseur de l’idée européenne, est fréquemment choisi comme prototype du « luxembourgeois européen ».
En 2005, la « crise européenne » qui a succédé au « non » de la France et des Pays-Bas est enfin arrivée au Luxembourg, qui a voté à 56,52 % en faveur du traité constitutionnel, un résultat un peu surprenant pour un pays europhile. L’intégration européenne, au Luxembourg, est perçue sous un angle de plus en plus critique. Cette vision fut confirmée par une étude conduite par l’université de Luxembourg (2005) dans laquelle  35,6 % des sondés ont considéré que l’intégration européenne « est déjà allée trop loin ». De même, « 31 % des Luxembourgeois jugeaient qu’ils n’avaient jamais pensé "être à la fois citoyen luxembourgeois et citoyen européen" ». En outre, des résultats d’Eurobaromètre publiés après le référendum de 2005 montrent que, pour près d’un quart (23 %) des Luxembourgeois, l’UE est synonyme de chômage (la moyenne européenne est de 19 %). La perspective de futur élargissement fut rejetée par 60 %, alors que la moyenne européenne est considérablement inférieure (38%). Ceci est lié  à la perception que les Luxembourgeois ont des flux migratoires que leur pays a connus au cours du XXe siècle. Ainsi pour 37% des sondés (17% en UE) l’Union est synonyme d’accroissement de la criminalité. Selon une étude universitaire, « seuls 17 % des Luxembourgeois déclareraient avoir confiance dans un Turc ». De tels résultats montrent ce que l’auteur du texte appelle un « vertige social et identitaire », fortement marqué par la carte d’identité du Luxembourg : petit pays souvent occupé dans le passé, riche mais dépendant des autres pays, militairement faible, avec des flux migratoires importants et une situation linguistique unique en Europe. Ainsi, la construction européenne s’écrit dans un contexte de multiculturalisme et devra compter avec l'émergence d'une opposition publique, déjà présents dans plusieurs pays membres.
POUR EN SAVOIR PLUS
Sur l’immigration au Luxembourg (français) :
Sur la croisée des chemins où se trouve la nation luxembourgeoise (français) : http://www.forum.lu/pdf/artikel/6283_271_Grosbusch.pdf
Roxane Schwandt

Rédigé par Luis Bouza Garcia | À qui profite l'Europe ? Identités, classes sociales et représentations | Commentaires (0) | | +

Le 26/01/2010 à 23:47

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