P1E8: Kundera
Alors, il te fallait trouver le ou les coupables. C'est d'ailleurs à cette époque que tu as rencontré Kundera pour la première fois. Pas Kundera l'écrivain, Kundera, l'ukrainienne rasta aux ailes tatouées au dos. Pour toi, c'était ce qui ressemblait le plus à un ange sur cette terre désolée et ton ange s'appelait Kundera.
Kundera avait 20 ans, elle était belle, elle était malheureuse, ce qui la rendait encore plus belle à tes yeux. Kundera était soule et pleurait assise au bar de "The utopic world hotel" à alyna en Turquie. Toi tu regardais Kundera et ses 20 ans, Kundera la belle, Kundera la malheureuse, Kundera la soule, Kundera et ses larmes, Kundera qui a vu la mort de prés deux ans auparavant comme elle te l'expliquera le lendemain en avalant des litres de Pepsi pour chasser sa gueule de bois. Kundera n'arrivait pas à revivre vraiment, toi tu n'es jamais arrivé à vivre vraiment et vous en étiez là quand elle s'est souvenue de son compagnon qui devait être fou de rage.
A cet instant c’est toi qui étais en rage et tu crois qu’elle l’a vu dans tes yeux. Jamais tu ne sauras pourquoi elle t’a suivi en laissant tout derrière elle pour ne plus jamais te quitter, enfin jusqu’à son suicide…
Rédigé par redkayser | L'histoire | Commentaires (14) |
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Le 07/05/2008 à 09:25
Doutes et Redoute
Il y’a deux jours, j’étais dans la peau d’un grain de café bolivien qui finit à Alger avant même qu’il ne puisse s’en rendre compte lui-même. C’est ça la mondialisation. Y peut-on quelque chose ? Je crois que oui, j’ai même cru que c’était possible avec le commerce équitable et l’idée du No logo mais là j’en doute, il y’a plus fort que la mondialisation c’est la mode.
« Vous n’avez pas fini de jouer avec la mode » -La dernière pub de la redoute- Moi ce que je redoute, c’est que la mode n’ait pas fini de se jouer de vous.
Je suis du genre ringard, enfin je crois, j’y connais strictement rien. J’ai beau regardé tous les vêtements que je porte, je ne trouve aucune marque et ça dure depuis des années. Ce qui m’ennuie c’est que ça peut passer pour un acte militant alors que ce n’est pas du tout le cas vu que je m’en fou et le risque c’est d’être assimilé à la culture NO LOGO qui, elle-même peut devenir une tendance, un effet de mode, un mode de vie mais je crois que c’est déjà en cours.
Je n’ai rien contre Naomie Klein, je l’aime plutôt bien. J’ai aimé son livre « No logo » J’ai aimé son film « The take » mais je déteste toute la récupération qui se fait autours. Cette fierté de dire je m’habille en No Logo alors que « NO LOGO » est une marque déposée. J’ai détesté qu’on reprenne la chaussure la plus connue au monde (Converse Chuck Taylor) pour en faire une copie sans marque avec un logo quand même (un cercle rouge). On surfe sur la vague du succès d’un mythe mais pas pour le démystifier, ni pour l’alternative, ni pour les bienfaits du commerce équitable. J’ai l’amère impression que le but était de créer un nouveau phénomène.

Rédigé par redkayser | Harpocratie | Commentaires (4) |
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Le 24/03/2008 à 09:01
Sombre, brulant et amer
Je me réincarnerai en grain de café, quelque part en Bolivie. Je regarderai le monde à l'ombre des feuilles de mon caféier géant surplombant un plant de coca que je regaderai avec envie comme certains d'entre vous regardent leur voisine qui habite au premier.
Là j'attendrai qu'un gamin de huit ans, payé un dollar par mois ou pas payé du tout, vienne me chercher, me mettre dans un sac avec quelques uns de mes semblables alors que je ne me trouverai pas à ma place, je trouverai que ma place est auprès du plant de coca dont il me suffira d'humer l'odeur pour me sentir ailleurs, pour créer ma propre réalité. Pendant que je pense à tout ça je me retrouve dans un camion qui fait beaucoup de bruit, heureusement que je n'ai pas d'oreilles. J'envie le chauffeur, il mache du coca pour rester éveillé, il doit faire plus de 1000km en 2 jours pour me livrer moi et mes semblables au mec qui nous fera passer la frontière s'il met plus de 48 heures il ne sera pas payé. Je n'ai pas droit au coca je vais m'endormir un peu.
Je me réveille je suis en terre inconnue, il parait qu'on a été vendu (cher, trés cher), il fait froid ici la chaleur de mon caféier me manque mais on dirait qu'on vient de m'entendre j'ai déjà un peu plus chaud, beaucoup plus chaud, trop chaud, je brule! L'homme qui m'a brulé en a marre de faire ça, il fait ça 14 heures par jour.
Je croyais qu'il n'y avait pas plus écrasant que cette chaleur atroce mais voilà qu'on me broie, je me répands en milliers de particules, 6 milliards de particules, je ne suis plus que poussière. Je rejoinds une montagne de mes semblables, ça ne dure pas longtemps, on me tasse, on me met dans un sac, beaucoup plus petit que le premier puis encore un camion, un avion, un camion, une voiture, puis un placard. Le tout a coûté 4 dollars le kilo.
Alger! Encore Alger! quelqu'un dit: "kahwa!" mon heure est arrivée, je vais rebruler dans un torrant de pression chaude, je serai innondé de sucre mon univers tournera à une vitesse folle et je disparaitrai dans un gosier déjà plein de fumée et de nicotine. Il est 7h du matin. Celui qui m'a servi a 16 ans il a passé la nuit dans ce café à Alger, sa vraie maison est à 300 kilométres d'ici et à 6000km de l'a où j'ai grandi. et celui qui m'a avalé vient d'écrire ces conneries.
Rédigé par redkayser | Harpocratie | Commentaires (15) |
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Le 22/03/2008 à 09:07