Blogs ARTE TV : Les derniers messages du blog Le_poing_et_la_plume http://blogs.arte.tv/ Les derniers messages du blog Le_poing_et_la_plume. fr Wed, 1 Feb 2012 20:00:06 +0100 Blogs ARTE TV : Les derniers messages du blog Le_poing_et_la_plume http://blogs.arte.tv/images/podcast/blogs.png http://blogs.arte.tv/ no Mario Cuenca Sandoval, Le voleur de morphine, Passage du Nord-Ouest, traduit de l'espagnol par Isabelle Gugnon http://blogs.arte.tv/Le_poing_et_la_plume/frontUser.do?method=getPost&postId=109094&blogName=Le_poing_et_la_plume Wed, 1 Feb 2012 19:32:34 +0100 Mario Cuenca Sandoval, Le voleur de morphine, Passage du Nord-Ouest, traduit de l'espagnol par Isabelle Gugnon <br \><p>&nbsp;</p> <p><strong><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108920_9782914834476_1_75.jpg" class="photo_blog_visu" /></strong></p> <p>&nbsp;</p> <p><style type="text/css"> <!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } --> </style></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%"><strong> <font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="3">&laquo;Je&raquo; de guerre</font></font></font></strong></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%"><style type="text/css"><!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } --> </style></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>&Eacute;dit&eacute; pour la premi&egrave;re fois en France, l&rsquo;Espagnol Mario Cuenca Sandoval signe un roman ayant pour cadre la Cor&eacute;e en proie &agrave; la guerre (1950-1953). Mais le conflit n&rsquo;est qu&rsquo;un pr&eacute;texte pour aborder des questions litt&eacute;raires, notamment la cr&eacute;ation de personnages et les liens qui les unissent &ndash; ou non &ndash; &agrave; l&rsquo;&eacute;crivain.</i></font></font></font></p> <p>&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">On peut aimer la sagesse, en faire profession m&ecirc;me, mais aimer se jouer d&rsquo;elle. Mario Cuenca Sandoval, qui enseigne la philosophie &agrave; Cordoue, est redoutable dans cette entreprise. Pourtant, d&egrave;s les premi&egrave;res lignes, ce roman ne laisse pas imm&eacute;diatement entrevoir cela. Il faut donc beaucoup de temps avant de prendre conscience que son &eacute;criture &laquo; classique &raquo; sort progressivement de ses rails. Bentley le Maigre, personnage principal de ce livre, tente de trouver une explication rationnelle &agrave; sa mission qui l&rsquo;a emmen&eacute;e en terre hostile, la Cor&eacute;e des ann&eacute;es cinquante, o&ugrave; ce parachutiste am&eacute;ricain vient d&rsquo;atterrir en pleine nuit, apr&egrave;s avoir brav&eacute; le feu des batteries ennemies. &Agrave; l&rsquo;&eacute;poque, communistes z&eacute;l&eacute;s soutenus par la Chine et l&rsquo;URSS affrontent militairement les puissances occidentales, &Eacute;tats-Unis en t&ecirc;te.</font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>&laquo; Le pire de la guerre arriva avec les Chinois, habitu&eacute;s d&egrave;s leur plus jeune &acirc;ge &agrave; faire de la gymnastique et &agrave; fortifier chaque centim&egrave;tre de leurs corps comme s&rsquo;il ne leur appartenait pas, comme si c&rsquo;&eacute;tait un pr&ecirc;t de la soci&eacute;t&eacute; ou de l&rsquo;&Eacute;tat, et puisque ces corps bien dress&eacute;s n&rsquo;&eacute;taient pas &agrave; eux mais &agrave; l&rsquo;&Eacute;tat, ils s&rsquo;en d&eacute;tachaient avec un naturel &eacute;tonnant, s&rsquo;&eacute;lan&ccedil;aient dans les tranch&eacute;es ennemies par centaines, par milliers, comme des insectes contre un panneau &eacute;lectrique. &raquo;</i></font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Bentley, qui vient de Jericho dans le Vermont, est tout sauf une b&ecirc;te &agrave; bon Dieu. Il serait plut&ocirc;t un ragondin ou une souris, en tout cas un animal &agrave; quatre pattes qui, comme d&rsquo;autres, manque singuli&egrave;rement de hauteur. Pour l&rsquo;&eacute;l&eacute;vation d&rsquo;esprit, il cherchera du c&ocirc;t&eacute; de Wilson Reyes, un Colombien qui combat aux c&ocirc;t&eacute;s de l&rsquo;Oncle Sam. Au cours d&rsquo;une mission, ce dernier lui confie son admiration pour Edgar Allan Poe. Le lecteur pourrait croire que Mario Cuenca Sandoval signifie ainsi une filiation avec l&rsquo;auteur des inoubliables Histoires extraordinaires. S&rsquo;il en est une, elle est sans doute &agrave; chercher dans un rapport aux paradis artificiels, l&rsquo;alcool mais aussi et surtout la drogue, d&rsquo;o&ugrave; cette initiation faite par Wilson Reyes &agrave; Bentley :</font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>&laquo; Vous savez pourquoi elle se nomme ainsi, soldat Bentley ? D&rsquo;o&ugrave; lui vient ce nom de &ldquo;morphine&rdquo; ? C&rsquo;est, voyez-vous, un choix d&rsquo;une justesse po&eacute;tique saisissante. Son inventeur, un pharmacien allemand qui s&rsquo;appelait Sert&uuml;ner, voulait ainsi rendre hommage &agrave; Morph&eacute;e, le dieu grec du Sommeil. &raquo;</i></font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Wilson Reyes symbolise l&rsquo;ouverture &agrave; un autre monde. Et c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs &agrave; lui que Mario Cuenca Sandoval fait franchir une fronti&egrave;re. En faisant grossir les rangs des Missing in action, des port&eacute;s disparus, il l&rsquo;introduit au plus pr&egrave;s de l&rsquo;ennemi, celui des adeptes de la faucille et du marteau. Parmi eux, il y a Han Dong-Sun, enfant de la guerre qui ne comprend d&rsquo;abord pas pourquoi les siens aident un ennemi du peuple. Le jeune homme assiste, m&eacute;dus&eacute;, au spectacle que lui offre le soldat colombien bless&eacute; et recueilli par la famille Goh. Le p&egrave;re est m&eacute;decin, il administre &agrave; son patient de la morphine.</font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>&laquo; O&ugrave; vont les tremblements quand ils partent ? &raquo;</i></font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Pendant ce temps, Bentley le Maigre demande r&eacute;guli&egrave;rement des nouvelles de son camarade de combat &agrave; un lieutenant r&eacute;pondant &agrave; l&rsquo;&eacute;nigmatique patronyme de Qwerty Caplan. Qwerty, comme les premi&egrave;res lettres d&rsquo;un clavier de machine &agrave; &eacute;crire am&eacute;ricaine. Le lecteur commence alors &agrave; sentir qu&rsquo;au-del&agrave; de l&rsquo;histoire se joue un v&eacute;ritable jeu litt&eacute;raire. Le roman s&rsquo;enrichit de multiples tiroirs qui emp&ecirc;chent toute classification du livre.</font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">&laquo; L&rsquo;enqu&ecirc;te &raquo; continue sur la disparition de Wilson Reyes en proie &agrave; des hallucinations o&ugrave; il est souvent question de rhinoc&eacute;ros. Rappelons que, chez Ionesco, cet animal est porteur d&rsquo;une maladie, le totalitarisme. On se pla&icirc;t alors &agrave; penser que chez Mario Cuenca Sandoval, il pourrait s&rsquo;agir d&rsquo;une mise en garde contre toute interpr&eacute;tation justement cart&eacute;sienne, voire dogmatique de la litt&eacute;rature, du monde.</font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>&laquo; Il n&rsquo;est m&ecirc;me plus de mots pour dire nord ou sud. Il n&rsquo;est plus de mots rev&ecirc;tant un sens. Ou alors un seul, sph&eacute;rique, silencieux, qui englobe et engloutit tout en m&ecirc;me temps, la gueule du silence d&eacute;vorant tout sur son passage depuis que le premier missile a perc&eacute; des tympans. Quant au temps, il donne l&rsquo;impression de se trouver hors du rayon de la sph&egrave;re. L&agrave;-bas, &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur, prot&eacute;g&eacute; de la mitraille, sans son. Or sans son, il n&rsquo;y a pas de temps possible, telle est l&rsquo;&eacute;quation. &raquo;</i></font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Pour des raisons inexplicables ici, le roman change une nouvelle fois de direction. Et le narrateur d&rsquo;introduire Friedrich Nietzsche qui, selon son ami le th&eacute;ologien Franz Overbeck, croyait &ecirc;tre plusieurs personnes. Voil&agrave; peut-&ecirc;tre &ndash; il ne faut rien affirmer avec Sandoval &ndash; la colonne vert&eacute;brale de ce roman : l&rsquo;&eacute;crivain qui donne l&rsquo;impression de se d&eacute;multiplier &agrave; travers ses diff&eacute;rents personnages. Mais pour cela il faudrait se mettre &agrave; nu. Or ici, la d&eacute;marche est vou&eacute;e &agrave; l&rsquo;&eacute;chec. Comme le signifie Pessoa dans ses <i>English poems</i>, on n&rsquo;&eacute;chappe pas &agrave; son masque.</font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt;">Article paru dans la Quinzaine litt&eacute;raire, N&deg;1054, du 1er au 15 f&eacute;vrier 2012</font></font></font></p> <p>&nbsp;</p> William Janvier 2012 Mario Cuenca Sandoval, Le voleur de morphine, Passage du Nord-Ouest, traduit de l'espagnol par Isabelle Gugnon <br \><p>&nbsp;</p> <p><strong><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108920_9782914834476_1_75.jpg" class="photo_blog_visu" /></strong></p> <p>&nbsp;</p> <p><style type="text/css"> <!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } --> </style></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%"><strong> <font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="3">&laquo;Je&raquo; de guerre</font></font></font></strong></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%"><style type="text/css"><!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } --> </style></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>&Eacute;dit&eacute; pour la premi&egrave;re fois en France, l&rsquo;Espagnol Mario Cuenca Sandoval signe un roman ayant pour cadre la Cor&eacute;e en proie &agrave; la guerre (1950-1953). Mais le conflit n&rsquo;est qu&rsquo;un pr&eacute;texte pour aborder des questions litt&eacute;raires, notamment la cr&eacute;ation de personnages et les liens qui les unissent &ndash; ou non &ndash; &agrave; l&rsquo;&eacute;crivain.</i></font></font></font></p> <p>&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">On peut aimer la sagesse, en faire profession m&ecirc;me, mais aimer se jouer d&rsquo;elle. Mario Cuenca Sandoval, qui enseigne la philosophie &agrave; Cordoue, est redoutable dans cette entreprise. Pourtant, d&egrave;s les premi&egrave;res lignes, ce roman ne laisse pas imm&eacute;diatement entrevoir cela. Il faut donc beaucoup de temps avant de prendre conscience que son &eacute;criture &laquo; classique &raquo; sort progressivement de ses rails. Bentley le Maigre, personnage principal de ce livre, tente de trouver une explication rationnelle &agrave; sa mission qui l&rsquo;a emmen&eacute;e en terre hostile, la Cor&eacute;e des ann&eacute;es cinquante, o&ugrave; ce parachutiste am&eacute;ricain vient d&rsquo;atterrir en pleine nuit, apr&egrave;s avoir brav&eacute; le feu des batteries ennemies. &Agrave; l&rsquo;&eacute;poque, communistes z&eacute;l&eacute;s soutenus par la Chine et l&rsquo;URSS affrontent militairement les puissances occidentales, &Eacute;tats-Unis en t&ecirc;te.</font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>&laquo; Le pire de la guerre arriva avec les Chinois, habitu&eacute;s d&egrave;s leur plus jeune &acirc;ge &agrave; faire de la gymnastique et &agrave; fortifier chaque centim&egrave;tre de leurs corps comme s&rsquo;il ne leur appartenait pas, comme si c&rsquo;&eacute;tait un pr&ecirc;t de la soci&eacute;t&eacute; ou de l&rsquo;&Eacute;tat, et puisque ces corps bien dress&eacute;s n&rsquo;&eacute;taient pas &agrave; eux mais &agrave; l&rsquo;&Eacute;tat, ils s&rsquo;en d&eacute;tachaient avec un naturel &eacute;tonnant, s&rsquo;&eacute;lan&ccedil;aient dans les tranch&eacute;es ennemies par centaines, par milliers, comme des insectes contre un panneau &eacute;lectrique. &raquo;</i></font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Bentley, qui vient de Jericho dans le Vermont, est tout sauf une b&ecirc;te &agrave; bon Dieu. Il serait plut&ocirc;t un ragondin ou une souris, en tout cas un animal &agrave; quatre pattes qui, comme d&rsquo;autres, manque singuli&egrave;rement de hauteur. Pour l&rsquo;&eacute;l&eacute;vation d&rsquo;esprit, il cherchera du c&ocirc;t&eacute; de Wilson Reyes, un Colombien qui combat aux c&ocirc;t&eacute;s de l&rsquo;Oncle Sam. Au cours d&rsquo;une mission, ce dernier lui confie son admiration pour Edgar Allan Poe. Le lecteur pourrait croire que Mario Cuenca Sandoval signifie ainsi une filiation avec l&rsquo;auteur des inoubliables Histoires extraordinaires. S&rsquo;il en est une, elle est sans doute &agrave; chercher dans un rapport aux paradis artificiels, l&rsquo;alcool mais aussi et surtout la drogue, d&rsquo;o&ugrave; cette initiation faite par Wilson Reyes &agrave; Bentley :</font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>&laquo; Vous savez pourquoi elle se nomme ainsi, soldat Bentley ? D&rsquo;o&ugrave; lui vient ce nom de &ldquo;morphine&rdquo; ? C&rsquo;est, voyez-vous, un choix d&rsquo;une justesse po&eacute;tique saisissante. Son inventeur, un pharmacien allemand qui s&rsquo;appelait Sert&uuml;ner, voulait ainsi rendre hommage &agrave; Morph&eacute;e, le dieu grec du Sommeil. &raquo;</i></font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Wilson Reyes symbolise l&rsquo;ouverture &agrave; un autre monde. Et c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs &agrave; lui que Mario Cuenca Sandoval fait franchir une fronti&egrave;re. En faisant grossir les rangs des Missing in action, des port&eacute;s disparus, il l&rsquo;introduit au plus pr&egrave;s de l&rsquo;ennemi, celui des adeptes de la faucille et du marteau. Parmi eux, il y a Han Dong-Sun, enfant de la guerre qui ne comprend d&rsquo;abord pas pourquoi les siens aident un ennemi du peuple. Le jeune homme assiste, m&eacute;dus&eacute;, au spectacle que lui offre le soldat colombien bless&eacute; et recueilli par la famille Goh. Le p&egrave;re est m&eacute;decin, il administre &agrave; son patient de la morphine.</font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>&laquo; O&ugrave; vont les tremblements quand ils partent ? &raquo;</i></font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Pendant ce temps, Bentley le Maigre demande r&eacute;guli&egrave;rement des nouvelles de son camarade de combat &agrave; un lieutenant r&eacute;pondant &agrave; l&rsquo;&eacute;nigmatique patronyme de Qwerty Caplan. Qwerty, comme les premi&egrave;res lettres d&rsquo;un clavier de machine &agrave; &eacute;crire am&eacute;ricaine. Le lecteur commence alors &agrave; sentir qu&rsquo;au-del&agrave; de l&rsquo;histoire se joue un v&eacute;ritable jeu litt&eacute;raire. Le roman s&rsquo;enrichit de multiples tiroirs qui emp&ecirc;chent toute classification du livre.</font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">&laquo; L&rsquo;enqu&ecirc;te &raquo; continue sur la disparition de Wilson Reyes en proie &agrave; des hallucinations o&ugrave; il est souvent question de rhinoc&eacute;ros. Rappelons que, chez Ionesco, cet animal est porteur d&rsquo;une maladie, le totalitarisme. On se pla&icirc;t alors &agrave; penser que chez Mario Cuenca Sandoval, il pourrait s&rsquo;agir d&rsquo;une mise en garde contre toute interpr&eacute;tation justement cart&eacute;sienne, voire dogmatique de la litt&eacute;rature, du monde.</font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>&laquo; Il n&rsquo;est m&ecirc;me plus de mots pour dire nord ou sud. Il n&rsquo;est plus de mots rev&ecirc;tant un sens. Ou alors un seul, sph&eacute;rique, silencieux, qui englobe et engloutit tout en m&ecirc;me temps, la gueule du silence d&eacute;vorant tout sur son passage depuis que le premier missile a perc&eacute; des tympans. Quant au temps, il donne l&rsquo;impression de se trouver hors du rayon de la sph&egrave;re. L&agrave;-bas, &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur, prot&eacute;g&eacute; de la mitraille, sans son. Or sans son, il n&rsquo;y a pas de temps possible, telle est l&rsquo;&eacute;quation. &raquo;</i></font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Pour des raisons inexplicables ici, le roman change une nouvelle fois de direction. Et le narrateur d&rsquo;introduire Friedrich Nietzsche qui, selon son ami le th&eacute;ologien Franz Overbeck, croyait &ecirc;tre plusieurs personnes. Voil&agrave; peut-&ecirc;tre &ndash; il ne faut rien affirmer avec Sandoval &ndash; la colonne vert&eacute;brale de ce roman : l&rsquo;&eacute;crivain qui donne l&rsquo;impression de se d&eacute;multiplier &agrave; travers ses diff&eacute;rents personnages. Mais pour cela il faudrait se mettre &agrave; nu. Or ici, la d&eacute;marche est vou&eacute;e &agrave; l&rsquo;&eacute;chec. Comme le signifie Pessoa dans ses <i>English poems</i>, on n&rsquo;&eacute;chappe pas &agrave; son masque.</font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt;">Article paru dans la Quinzaine litt&eacute;raire, N&deg;1054, du 1er au 15 f&eacute;vrier 2012</font></font></font></p> <p>&nbsp;</p> no William Irigoyen Baek Nam-Ryong, Des amis, Actes Sud, Traduit du coréen (République populaire démocratique de Corée) par Patrick Maurus et Yang Jung-Hee, fin http://blogs.arte.tv/Le_poing_et_la_plume/frontUser.do?method=getPost&postId=109062&blogName=Le_poing_et_la_plume Fri, 20 Jan 2012 10:06:40 +0100 Baek Nam-Ryong, Des amis, Actes Sud, Traduit du coréen (République populaire démocratique de Corée) par Patrick Maurus et Yang Jung-Hee, fin<br \><p>&nbsp;</p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold">Plus s&eacute;rieusement par rapport &agrave; la fin de la chronique ci-dessus, <i style="mso-bidi-font-style: normal">Des amis</i> montre combien il est n&eacute;cessaire de se documenter avant de parler de la Cor&eacute;e du Nord. Ici, comme le dit Patrick Maurus, il n&rsquo;y a pas besoin de savoir lire entre les lignes. Tout est &agrave; port&eacute;e de mains.<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><b><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></b></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><b><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=8,0,0,0" width="450" height="90" id="playerFLV" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108859_interview_par_william_irigoyen_de_patrick_maurus_pour_le_blog_le_poing_et_la_plume__extrait_4.mp3&mediaId=108859&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" /><param name="quality" value="high" /><param name="bgcolor" value="#FFFFFF" /><embed src="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108859_interview_par_william_irigoyen_de_patrick_maurus_pour_le_blog_le_poing_et_la_plume__extrait_4.mp3&mediaId=108859&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" quality="high" bgcolor="#FFFFFF" width="450" height="90" name="playerFLV" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" /></object> <o:p></o:p></span></b></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-style: italic"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold">Et puis, &agrave; tous ceux qui rechigneraient &agrave; entrer dans ce roman signalons que Chai Soon-Hwi a un c&ocirc;t&eacute; Emma Bovary. Loin de moi l&rsquo;id&eacute;e de mettre Baek Nam-Ryong et Gustave Flaubert sur le m&ecirc;me plan. Pourtant, il est ind&eacute;niable que la cantatrice se met &agrave; avoir des r&ecirc;ves de grandeur, qu&rsquo;elle veut fuir la r&eacute;alit&eacute; sociale. On peut donc aborder cette &oelig;uvre de ce point de vue-l&agrave; m&ecirc;me s&rsquo;il faut manier avec prudence la notion de bovarysme&nbsp;:<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><b><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=8,0,0,0" width="450" height="90" id="playerFLV" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108858_interview_par_william_irigoyen_de_patrick_maurus_pour_le_blog_le_poing_et_la_plume__extrait_3.mp3&mediaId=108858&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" /><param name="quality" value="high" /><param name="bgcolor" value="#FFFFFF" /><embed src="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108858_interview_par_william_irigoyen_de_patrick_maurus_pour_le_blog_le_poing_et_la_plume__extrait_3.mp3&mediaId=108858&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" quality="high" bgcolor="#FFFFFF" width="450" height="90" name="playerFLV" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" /></object> <o:p></o:p></span></b></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><b><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></b></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold">Rendons gr&acirc;ce &agrave; Patrick Maurus d&rsquo;avoir fait conna&icirc;tre ce roman &agrave; un public francophone. A l&rsquo;&eacute;couter, on devine ais&eacute;ment que ce fut un combat, ce qui m&rsquo;a d&rsquo;ailleurs inspir&eacute; une question &agrave; l&rsquo;int&eacute;ress&eacute;&nbsp;: &laquo;&nbsp;maintenant que vous rendez possible l&rsquo;exportation de la litt&eacute;rature nord-cor&eacute;enne, voyez-vous votre prestige augmenter &agrave; Pyongyang et ailleurs en Cor&eacute;e du Nord&nbsp;&raquo;. L&rsquo;int&eacute;ress&eacute; surprend par sa modestie&nbsp;:<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><b><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=8,0,0,0" width="450" height="90" id="playerFLV" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108860_interview_par_william_irigoyen_de_patrick_maurus_pour_le_blog_le_poing_et_la_plume__extrait_5.mp3&mediaId=108860&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" /><param name="quality" value="high" /><param name="bgcolor" value="#FFFFFF" /><embed src="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108860_interview_par_william_irigoyen_de_patrick_maurus_pour_le_blog_le_poing_et_la_plume__extrait_5.mp3&mediaId=108860&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" quality="high" bgcolor="#FFFFFF" width="450" height="90" name="playerFLV" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" /></object> </span></b><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><b><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></b></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold">Avant de mettre un point final &agrave; cette chronique, je voudrais vous inviter &agrave; voir <i style="mso-bidi-font-style: normal">&laquo;&nbsp;Ici S&eacute;oul, on pr&eacute;pare un nouveau Nord&nbsp;&raquo;</i>, le nouveau web-reportage d&rsquo;Arte Reportage (><a target="_blank" href="http://www.arte.tv/iciseoul"><u><strong>LIEN&nbsp;VERS&nbsp;LE&nbsp;WEB-DOCUMENTAIRE&nbsp;D'ARTE&nbsp;REPORTAGE</strong></u></a>). Il montre comment la Cor&eacute;e du Sud pr&eacute;pare les futurs dirigeants&hellip; du Nord.<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold">Bon visionnage, bonne lecture. <o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Arial Unicode MS'; mso-font-kerning: 1.0pt; mso-fareast-language: HI; mso-bidi-language: HI; mso-ansi-language: FR">La pratique de ces deux activit&eacute;s, non simultan&eacute;es tout de m&ecirc;me, est d&rsquo;ailleurs fortement recommand&eacute;e&nbsp;!</span></p> William Janvier 2012 Baek Nam-Ryong, Des amis, Actes Sud, Traduit du coréen (République populaire démocratique de Corée) par Patrick Maurus et Yang Jung-Hee, fin<br \><p>&nbsp;</p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold">Plus s&eacute;rieusement par rapport &agrave; la fin de la chronique ci-dessus, <i style="mso-bidi-font-style: normal">Des amis</i> montre combien il est n&eacute;cessaire de se documenter avant de parler de la Cor&eacute;e du Nord. Ici, comme le dit Patrick Maurus, il n&rsquo;y a pas besoin de savoir lire entre les lignes. Tout est &agrave; port&eacute;e de mains.<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><b><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></b></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><b><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=8,0,0,0" width="450" height="90" id="playerFLV" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108859_interview_par_william_irigoyen_de_patrick_maurus_pour_le_blog_le_poing_et_la_plume__extrait_4.mp3&mediaId=108859&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" /><param name="quality" value="high" /><param name="bgcolor" value="#FFFFFF" /><embed src="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108859_interview_par_william_irigoyen_de_patrick_maurus_pour_le_blog_le_poing_et_la_plume__extrait_4.mp3&mediaId=108859&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" quality="high" bgcolor="#FFFFFF" width="450" height="90" name="playerFLV" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" /></object> <o:p></o:p></span></b></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-style: italic"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold">Et puis, &agrave; tous ceux qui rechigneraient &agrave; entrer dans ce roman signalons que Chai Soon-Hwi a un c&ocirc;t&eacute; Emma Bovary. Loin de moi l&rsquo;id&eacute;e de mettre Baek Nam-Ryong et Gustave Flaubert sur le m&ecirc;me plan. Pourtant, il est ind&eacute;niable que la cantatrice se met &agrave; avoir des r&ecirc;ves de grandeur, qu&rsquo;elle veut fuir la r&eacute;alit&eacute; sociale. On peut donc aborder cette &oelig;uvre de ce point de vue-l&agrave; m&ecirc;me s&rsquo;il faut manier avec prudence la notion de bovarysme&nbsp;:<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><b><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=8,0,0,0" width="450" height="90" id="playerFLV" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108858_interview_par_william_irigoyen_de_patrick_maurus_pour_le_blog_le_poing_et_la_plume__extrait_3.mp3&mediaId=108858&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" /><param name="quality" value="high" /><param name="bgcolor" value="#FFFFFF" /><embed src="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108858_interview_par_william_irigoyen_de_patrick_maurus_pour_le_blog_le_poing_et_la_plume__extrait_3.mp3&mediaId=108858&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" quality="high" bgcolor="#FFFFFF" width="450" height="90" name="playerFLV" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" /></object> <o:p></o:p></span></b></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><b><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></b></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold">Rendons gr&acirc;ce &agrave; Patrick Maurus d&rsquo;avoir fait conna&icirc;tre ce roman &agrave; un public francophone. A l&rsquo;&eacute;couter, on devine ais&eacute;ment que ce fut un combat, ce qui m&rsquo;a d&rsquo;ailleurs inspir&eacute; une question &agrave; l&rsquo;int&eacute;ress&eacute;&nbsp;: &laquo;&nbsp;maintenant que vous rendez possible l&rsquo;exportation de la litt&eacute;rature nord-cor&eacute;enne, voyez-vous votre prestige augmenter &agrave; Pyongyang et ailleurs en Cor&eacute;e du Nord&nbsp;&raquo;. L&rsquo;int&eacute;ress&eacute; surprend par sa modestie&nbsp;:<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><b><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=8,0,0,0" width="450" height="90" id="playerFLV" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108860_interview_par_william_irigoyen_de_patrick_maurus_pour_le_blog_le_poing_et_la_plume__extrait_5.mp3&mediaId=108860&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" /><param name="quality" value="high" /><param name="bgcolor" value="#FFFFFF" /><embed src="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108860_interview_par_william_irigoyen_de_patrick_maurus_pour_le_blog_le_poing_et_la_plume__extrait_5.mp3&mediaId=108860&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" quality="high" bgcolor="#FFFFFF" width="450" height="90" name="playerFLV" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" /></object> </span></b><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><b><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></b></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold">Avant de mettre un point final &agrave; cette chronique, je voudrais vous inviter &agrave; voir <i style="mso-bidi-font-style: normal">&laquo;&nbsp;Ici S&eacute;oul, on pr&eacute;pare un nouveau Nord&nbsp;&raquo;</i>, le nouveau web-reportage d&rsquo;Arte Reportage (><a target="_blank" href="http://www.arte.tv/iciseoul"><u><strong>LIEN&nbsp;VERS&nbsp;LE&nbsp;WEB-DOCUMENTAIRE&nbsp;D'ARTE&nbsp;REPORTAGE</strong></u></a>). Il montre comment la Cor&eacute;e du Sud pr&eacute;pare les futurs dirigeants&hellip; du Nord.<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold">Bon visionnage, bonne lecture. <o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Arial Unicode MS'; mso-font-kerning: 1.0pt; mso-fareast-language: HI; mso-bidi-language: HI; mso-ansi-language: FR">La pratique de ces deux activit&eacute;s, non simultan&eacute;es tout de m&ecirc;me, est d&rsquo;ailleurs fortement recommand&eacute;e&nbsp;!</span></p> no William Irigoyen Baek Nam-Ryong, Des amis, Actes Sud, Traduit du coréen (République populaire démocratique de Corée) par Patrick Maurus et Yang Jung-Hee http://blogs.arte.tv/Le_poing_et_la_plume/frontUser.do?method=getPost&postId=109061&blogName=Le_poing_et_la_plume Fri, 20 Jan 2012 10:02:36 +0100 Baek Nam-Ryong, Des amis, Actes Sud, Traduit du coréen (République populaire démocratique de Corée) par Patrick Maurus et Yang Jung-Hee<br \><p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><b><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108856_baek_nam_ryong.jpg" class="photo_blog_visu" /> <o:p></o:p></span></b></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><b><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></b></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold">La couverture du livre ne laisse aucun doute quant &agrave; la nationalit&eacute; de l&rsquo;auteur. Baek Nam-Ryong est nord-cor&eacute;en et s&rsquo;il traverse les fronti&egrave;res &ndash; litt&eacute;raires en tout cas -, c&rsquo;est gr&acirc;ce &agrave; un homme dont je vous parlais dans une chronique pr&eacute;c&eacute;dente, Patrick Maurus, sp&eacute;cialiste du pays du matin calme, professeur &agrave; l&rsquo;INALCO (Institut National des Langues et des Civilisations Orientales) de Paris.<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><b><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108855_photo_patrick_maurus.jpg" class="photo_blog_visu" /> <o:p></o:p></span></b></p> <p><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p><font face="Calibri"> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: widow-orphan; mso-hyphenate: auto"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-font-kerning: 0pt; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA; mso-bidi-font-weight: bold">copyright g.josse-rhizome<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt">&nbsp;</p> </font></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold">Vous le verrez dans ces deux chroniques, Patrick Maurus a des propos &eacute;tonnants. Cette interview, r&eacute;alis&eacute; avec Eric Bergeron dans le cadre de l&rsquo;&eacute;mission Arte Reportage &ndash; le samedi &agrave; 18h50 c&ocirc;t&eacute; fran&ccedil;ais &ndash; montre combien il est important d&rsquo;aller au-del&agrave; de l&rsquo;&eacute;tiquette de &laquo;&nbsp;dernier bastion stalinien de la plan&egrave;te&nbsp;&raquo; qui colle &agrave; la peau de la Cor&eacute;e du Nord.<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold">On se trompe si l&rsquo;on voit l&agrave; une d&eacute;marche pernicieuse visant &agrave; d&eacute;fendre le r&eacute;gime de Pyongyang. Patrick Maurus note des &laquo;&nbsp;&eacute;volutions&nbsp;&raquo; dans ce pays, &agrave; d&eacute;faut d&rsquo;utiliser le terme de &laquo;&nbsp;r&eacute;volution&nbsp;&raquo; ou de &laquo;&nbsp;grande r&eacute;forme&nbsp;&raquo;. <o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold">Respectons son point de vue &eacute;tay&eacute; par de r&eacute;guliers voyages en Cor&eacute;e du Nord, pays o&ugrave; il se rend parce qu&rsquo;il y a des contacts avec de nombreux &eacute;crivains. Selon Patrick Maurus, et c&rsquo;est sans doute ce que j&rsquo;appr&eacute;cie beaucoup dans ses propos, la litt&eacute;rature permet d&rsquo;aller plus loin que la politique.<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><b><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=8,0,0,0" width="450" height="90" id="playerFLV" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108861_interview_par_william_irigoyen_de_patrick_maurus_pour_le_blog_le_poing_et_la_plume__extrait_6.mp3&mediaId=108861&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" /><param name="quality" value="high" /><param name="bgcolor" value="#FFFFFF" /><embed src="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108861_interview_par_william_irigoyen_de_patrick_maurus_pour_le_blog_le_poing_et_la_plume__extrait_6.mp3&mediaId=108861&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" quality="high" bgcolor="#FFFFFF" width="450" height="90" name="playerFLV" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" /></object> <o:p></o:p></span></b></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold">Propos d&eacute;j&agrave; tenus dans la pr&eacute;face du roman&nbsp;:<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt">Bien loin de nous l'id&eacute;e de dire aux lecteurs ce qu'ils doivent lire, mais il n'en reste pas moins que pr&eacute;tendre se plonger dans un texte issu d'une soci&eacute;t&eacute; et d'une culture inconnues, ce n'est pas jouir d'une libert&eacute; mais s'exposer in&eacute;vitablement &agrave; mettre en jeu des repr&eacute;sentations fran&ccedil;aises par d&eacute;finition pr&eacute;existantes. N'existant pas, c'est-&agrave;-dire n'&eacute;tant pas repr&eacute;sent&eacute;e, la Cor&eacute;e du Nord ne sera lue que comme pays d'Asie-Orient&nbsp;: barbarie, foule, pluriel, jeunesse, copie, fourberie, danger, etc. &ccedil;a dure depuis Eschyle et &ccedil;a n'est pas pr&ecirc;t de cesser.<o:p></o:p></span></i></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></i></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-style: italic">Et de poursuivre avec Baek Nam-Ryong, &eacute;crivain n&eacute; en 1949, auteur d&rsquo;une vingtaine d&rsquo;&oelig;uvres, actif dans le mouvement </span><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt">litt&eacute;raire dit du 15 avril (qui pr&ocirc;ne moins d'h&eacute;ro&iuml;sme et plus de r&eacute;alisme dans la litt&eacute;rature). Il est aujourd&rsquo;hui un romancier repr&eacute;sentatif.<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-style: italic"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt">Raison de plus pour lire, </span></i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-style: italic">poursuit Patrick Maurus dans cette m&ecirc;me pr&eacute;face<i>, Baek Nam-Ryong par la m&eacute;diation du traducteur et du livre publi&eacute;, et d'admettre, le temps d'une lecture, que l'information sur la Cor&eacute;e du Nord peut ne pas provenir uniquement de d&eacute;nonciateurs qui n'y ont jamais mis les pieds.</i></span><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><b><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=8,0,0,0" width="450" height="90" id="playerFLV" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108857_interview_par_william_irigoyen_de_patrick_maurus_pour_le_blog_le_poing_et_la_plume__extrait_1.mp3&mediaId=108857&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" /><param name="quality" value="high" /><param name="bgcolor" value="#FFFFFF" /><embed src="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108857_interview_par_william_irigoyen_de_patrick_maurus_pour_le_blog_le_poing_et_la_plume__extrait_1.mp3&mediaId=108857&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" quality="high" bgcolor="#FFFFFF" width="450" height="90" name="playerFLV" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" /></object> <o:p></o:p></span></b></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><b><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></b></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold">L&rsquo;histoire est simple&nbsp;et la r&eacute;sumer se fait en quelques lignes : le juge Jong Jin Woo est saisi d&rsquo;une affaire de divorce. Chai Soon-Hwi ne supporte plus son mari Ri Sok-Chun. Le magistrat entame alors une enqu&ecirc;te et comprend ce qui ne va plus&nbsp;: l&rsquo;ouvri&egrave;re s&rsquo;enorgueillit d&rsquo;&ecirc;tre devenue contre-alto dans une troupe artistique r&eacute;gionale, d&rsquo;autant plus que son mari trime pour mener &agrave; bien un projet qui lui tient &agrave; c&oelig;ur, une invention qui pourrait profiter &agrave; l&rsquo;entreprise, donc &agrave; la patrie.<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold">Une fois pass&eacute;e l&rsquo;excitation de lire le premier livre nord-cor&eacute;en traduit en fran&ccedil;ais, le lecteur peut l&eacute;gitimement craindre l&rsquo;omnipr&eacute;sence d&rsquo;une phras&eacute;ologie marxiste-l&eacute;niniste. Ne soyons pas candides, elle existe bel et bien. Exemples&nbsp;:<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt">Elle avait perdu ses parents dans un bombardement des salauds d'Am&eacute;ricains pendant la guerre, elle avait grandi dans un orphelinat et dans une &eacute;cole maternelle. Elle ignorait les notions de </span></i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt">moi, <i>de </i>mon avenir<i>, de </i>mon but.<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt">Plus loin&nbsp;:<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt">Le gouvernement a d&eacute;pens&eacute; beaucoup d'argent pour les &eacute;quipements de pompage pour puiser de l'eau de <st1:personname w:st="on" productid="la rivi&#65512;re. A">la rivi&egrave;re. A</st1:personname> partir de l&agrave;, les gens ont pu profiter de la vie culturelle tout autant que les bons villages.<o:p></o:p></span></i></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></i></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-style: italic">Ou encore&nbsp;:</span><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><i style="mso-bidi-font-style: normal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold">(&hellip;)</span></i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"> </span><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt">la gratitude pour le parti qui avait pr&eacute;par&eacute; le sommet du bonheur, le respect pour les gens plus &acirc;g&eacute;s, et la promesse des jeunes mari&eacute;s.<o:p></o:p></span></i></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></i></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-style: italic">Une petite &laquo;&nbsp;derni&egrave;re&nbsp;&raquo;&nbsp;:<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-style: italic"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt">Une famille o&ugrave; r&egrave;gne l'amour est un monde beau o&ugrave; grandit l'avenir.</span></i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold">Les phrases de ce type ne manquent pas. Mais s&rsquo;arr&ecirc;ter &agrave; cela serait un peu court. Car en fait, ce roman fourmille d&rsquo;informations sur la vie quotidienne. Selon Patrick Maurus, la litt&eacute;rature nord-cor&eacute;enne est dans une phase de transition. Il parle de&nbsp;:<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt">(&hellip;) passage de la litt&eacute;rature nord-cor&eacute;enne de la topique h&eacute;ro&iuml;que militariste &agrave; la topique scientifique p&eacute;dagogique peut potentiellement profiter &agrave; des femmes.<o:p></o:p></span></i></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold">De quelles informations s&rsquo;agit-il&nbsp;? Et bien on apprend que l&rsquo;alcoolisme existe en Cor&eacute;e du Nord, ce qui d&eacute;ment l&rsquo;id&eacute;e selon laquelle le pays serait le paradis communiste sur terre. On y attrape aussi des maladies (ce qu&rsquo;avance la femme du juge). Et puis des actes de corruption visent des responsables politiques&nbsp;:<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt">Parce qu&rsquo;&eacute;tait poursuivi un conseiller du d&eacute;partement de distribution d'&eacute;lectricit&eacute; qui s'&eacute;tait servi exag&eacute;r&eacute;ment d'une couette &eacute;lectrique qu'il avait invent&eacute;e, en trompant la nation qui se devait de consommer avec mod&eacute;ration.<o:p></o:p></span></i></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></i></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold">C&rsquo;est &agrave; se demander ce que fait la censure&nbsp;!</span></p> William Janvier 2012 Baek Nam-Ryong, Des amis, Actes Sud, Traduit du coréen (République populaire démocratique de Corée) par Patrick Maurus et Yang Jung-Hee<br \><p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><b><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108856_baek_nam_ryong.jpg" class="photo_blog_visu" /> <o:p></o:p></span></b></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><b><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></b></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold">La couverture du livre ne laisse aucun doute quant &agrave; la nationalit&eacute; de l&rsquo;auteur. Baek Nam-Ryong est nord-cor&eacute;en et s&rsquo;il traverse les fronti&egrave;res &ndash; litt&eacute;raires en tout cas -, c&rsquo;est gr&acirc;ce &agrave; un homme dont je vous parlais dans une chronique pr&eacute;c&eacute;dente, Patrick Maurus, sp&eacute;cialiste du pays du matin calme, professeur &agrave; l&rsquo;INALCO (Institut National des Langues et des Civilisations Orientales) de Paris.<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><b><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108855_photo_patrick_maurus.jpg" class="photo_blog_visu" /> <o:p></o:p></span></b></p> <p><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p><font face="Calibri"> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: widow-orphan; mso-hyphenate: auto"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-font-kerning: 0pt; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA; mso-bidi-font-weight: bold">copyright g.josse-rhizome<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt">&nbsp;</p> </font></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold">Vous le verrez dans ces deux chroniques, Patrick Maurus a des propos &eacute;tonnants. Cette interview, r&eacute;alis&eacute; avec Eric Bergeron dans le cadre de l&rsquo;&eacute;mission Arte Reportage &ndash; le samedi &agrave; 18h50 c&ocirc;t&eacute; fran&ccedil;ais &ndash; montre combien il est important d&rsquo;aller au-del&agrave; de l&rsquo;&eacute;tiquette de &laquo;&nbsp;dernier bastion stalinien de la plan&egrave;te&nbsp;&raquo; qui colle &agrave; la peau de la Cor&eacute;e du Nord.<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold">On se trompe si l&rsquo;on voit l&agrave; une d&eacute;marche pernicieuse visant &agrave; d&eacute;fendre le r&eacute;gime de Pyongyang. Patrick Maurus note des &laquo;&nbsp;&eacute;volutions&nbsp;&raquo; dans ce pays, &agrave; d&eacute;faut d&rsquo;utiliser le terme de &laquo;&nbsp;r&eacute;volution&nbsp;&raquo; ou de &laquo;&nbsp;grande r&eacute;forme&nbsp;&raquo;. <o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold">Respectons son point de vue &eacute;tay&eacute; par de r&eacute;guliers voyages en Cor&eacute;e du Nord, pays o&ugrave; il se rend parce qu&rsquo;il y a des contacts avec de nombreux &eacute;crivains. Selon Patrick Maurus, et c&rsquo;est sans doute ce que j&rsquo;appr&eacute;cie beaucoup dans ses propos, la litt&eacute;rature permet d&rsquo;aller plus loin que la politique.<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><b><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=8,0,0,0" width="450" height="90" id="playerFLV" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108861_interview_par_william_irigoyen_de_patrick_maurus_pour_le_blog_le_poing_et_la_plume__extrait_6.mp3&mediaId=108861&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" /><param name="quality" value="high" /><param name="bgcolor" value="#FFFFFF" /><embed src="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108861_interview_par_william_irigoyen_de_patrick_maurus_pour_le_blog_le_poing_et_la_plume__extrait_6.mp3&mediaId=108861&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" quality="high" bgcolor="#FFFFFF" width="450" height="90" name="playerFLV" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" /></object> <o:p></o:p></span></b></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold">Propos d&eacute;j&agrave; tenus dans la pr&eacute;face du roman&nbsp;:<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt">Bien loin de nous l'id&eacute;e de dire aux lecteurs ce qu'ils doivent lire, mais il n'en reste pas moins que pr&eacute;tendre se plonger dans un texte issu d'une soci&eacute;t&eacute; et d'une culture inconnues, ce n'est pas jouir d'une libert&eacute; mais s'exposer in&eacute;vitablement &agrave; mettre en jeu des repr&eacute;sentations fran&ccedil;aises par d&eacute;finition pr&eacute;existantes. N'existant pas, c'est-&agrave;-dire n'&eacute;tant pas repr&eacute;sent&eacute;e, la Cor&eacute;e du Nord ne sera lue que comme pays d'Asie-Orient&nbsp;: barbarie, foule, pluriel, jeunesse, copie, fourberie, danger, etc. &ccedil;a dure depuis Eschyle et &ccedil;a n'est pas pr&ecirc;t de cesser.<o:p></o:p></span></i></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></i></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-style: italic">Et de poursuivre avec Baek Nam-Ryong, &eacute;crivain n&eacute; en 1949, auteur d&rsquo;une vingtaine d&rsquo;&oelig;uvres, actif dans le mouvement </span><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt">litt&eacute;raire dit du 15 avril (qui pr&ocirc;ne moins d'h&eacute;ro&iuml;sme et plus de r&eacute;alisme dans la litt&eacute;rature). Il est aujourd&rsquo;hui un romancier repr&eacute;sentatif.<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-style: italic"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt">Raison de plus pour lire, </span></i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-style: italic">poursuit Patrick Maurus dans cette m&ecirc;me pr&eacute;face<i>, Baek Nam-Ryong par la m&eacute;diation du traducteur et du livre publi&eacute;, et d'admettre, le temps d'une lecture, que l'information sur la Cor&eacute;e du Nord peut ne pas provenir uniquement de d&eacute;nonciateurs qui n'y ont jamais mis les pieds.</i></span><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><b><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=8,0,0,0" width="450" height="90" id="playerFLV" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108857_interview_par_william_irigoyen_de_patrick_maurus_pour_le_blog_le_poing_et_la_plume__extrait_1.mp3&mediaId=108857&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" /><param name="quality" value="high" /><param name="bgcolor" value="#FFFFFF" /><embed src="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108857_interview_par_william_irigoyen_de_patrick_maurus_pour_le_blog_le_poing_et_la_plume__extrait_1.mp3&mediaId=108857&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" quality="high" bgcolor="#FFFFFF" width="450" height="90" name="playerFLV" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" /></object> <o:p></o:p></span></b></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><b><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></b></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold">L&rsquo;histoire est simple&nbsp;et la r&eacute;sumer se fait en quelques lignes : le juge Jong Jin Woo est saisi d&rsquo;une affaire de divorce. Chai Soon-Hwi ne supporte plus son mari Ri Sok-Chun. Le magistrat entame alors une enqu&ecirc;te et comprend ce qui ne va plus&nbsp;: l&rsquo;ouvri&egrave;re s&rsquo;enorgueillit d&rsquo;&ecirc;tre devenue contre-alto dans une troupe artistique r&eacute;gionale, d&rsquo;autant plus que son mari trime pour mener &agrave; bien un projet qui lui tient &agrave; c&oelig;ur, une invention qui pourrait profiter &agrave; l&rsquo;entreprise, donc &agrave; la patrie.<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold">Une fois pass&eacute;e l&rsquo;excitation de lire le premier livre nord-cor&eacute;en traduit en fran&ccedil;ais, le lecteur peut l&eacute;gitimement craindre l&rsquo;omnipr&eacute;sence d&rsquo;une phras&eacute;ologie marxiste-l&eacute;niniste. Ne soyons pas candides, elle existe bel et bien. Exemples&nbsp;:<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt">Elle avait perdu ses parents dans un bombardement des salauds d'Am&eacute;ricains pendant la guerre, elle avait grandi dans un orphelinat et dans une &eacute;cole maternelle. Elle ignorait les notions de </span></i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt">moi, <i>de </i>mon avenir<i>, de </i>mon but.<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt">Plus loin&nbsp;:<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt">Le gouvernement a d&eacute;pens&eacute; beaucoup d'argent pour les &eacute;quipements de pompage pour puiser de l'eau de <st1:personname w:st="on" productid="la rivi&#65512;re. A">la rivi&egrave;re. A</st1:personname> partir de l&agrave;, les gens ont pu profiter de la vie culturelle tout autant que les bons villages.<o:p></o:p></span></i></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></i></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-style: italic">Ou encore&nbsp;:</span><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><i style="mso-bidi-font-style: normal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold">(&hellip;)</span></i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"> </span><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt">la gratitude pour le parti qui avait pr&eacute;par&eacute; le sommet du bonheur, le respect pour les gens plus &acirc;g&eacute;s, et la promesse des jeunes mari&eacute;s.<o:p></o:p></span></i></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></i></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-style: italic">Une petite &laquo;&nbsp;derni&egrave;re&nbsp;&raquo;&nbsp;:<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-style: italic"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt">Une famille o&ugrave; r&egrave;gne l'amour est un monde beau o&ugrave; grandit l'avenir.</span></i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold">Les phrases de ce type ne manquent pas. Mais s&rsquo;arr&ecirc;ter &agrave; cela serait un peu court. Car en fait, ce roman fourmille d&rsquo;informations sur la vie quotidienne. Selon Patrick Maurus, la litt&eacute;rature nord-cor&eacute;enne est dans une phase de transition. Il parle de&nbsp;:<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt">(&hellip;) passage de la litt&eacute;rature nord-cor&eacute;enne de la topique h&eacute;ro&iuml;que militariste &agrave; la topique scientifique p&eacute;dagogique peut potentiellement profiter &agrave; des femmes.<o:p></o:p></span></i></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold">De quelles informations s&rsquo;agit-il&nbsp;? Et bien on apprend que l&rsquo;alcoolisme existe en Cor&eacute;e du Nord, ce qui d&eacute;ment l&rsquo;id&eacute;e selon laquelle le pays serait le paradis communiste sur terre. On y attrape aussi des maladies (ce qu&rsquo;avance la femme du juge). Et puis des actes de corruption visent des responsables politiques&nbsp;:<o:p></o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt">Parce qu&rsquo;&eacute;tait poursuivi un conseiller du d&eacute;partement de distribution d'&eacute;lectricit&eacute; qui s'&eacute;tait servi exag&eacute;r&eacute;ment d'une couette &eacute;lectrique qu'il avait invent&eacute;e, en trompant la nation qui se devait de consommer avec mod&eacute;ration.<o:p></o:p></span></i></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></i></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt; mso-bidi-font-weight: bold">C&rsquo;est &agrave; se demander ce que fait la censure&nbsp;!</span></p> no William Irigoyen Yi Ch'&#335;ngjun, Dialogue avec un vieil arbre géant, Nouvelles traduites du core&#769;en sous la direction de Kim Jung-Sook, avec Patrick Maurus, Actes Sud http://blogs.arte.tv/Le_poing_et_la_plume/frontUser.do?method=getPost&postId=109056&blogName=Le_poing_et_la_plume Tue, 17 Jan 2012 06:03:03 +0100 Yi Ch'&#335;ngjun, Dialogue avec un vieil arbre géant, Nouvelles traduites du core&#769;en sous la direction de Kim Jung-Sook, avec Patrick Maurus, Actes Sud<br \><p><style type="text/css"> <!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } --> </style></p> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%;"><style type="text/css"> <!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } --> </style></p> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="3"><font face="Tahoma, sans-serif"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108849_chongjun.jpg" class="photo_blog_visu" /></font></font></font></font></p> <p>&nbsp;</p> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%;">&nbsp;</p> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="3"><b>Des hommes en col&egrave;re</b></font></font></font></p> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i><font color="#141413"><span style="font-weight: normal">Disparu en juillet 2008, le Sud-Cor&eacute;en </span></font><font color="#141413"><span style="font-weight: normal">Yi Ch&rsquo;&#335;ngjun </span></font><font color="#141413"><span style="font-weight: normal">a laiss&eacute; une &oelig;uvre dense, tr&egrave;s estim&eacute;e dans son pays. Romancier, cet &eacute;crivain est aussi et peut-&ecirc;tre avant tout connu pour ses nouvelles &ndash; une centaine &ndash; dont celles-ci &eacute;crites sur trois d&eacute;cennies.</span></font></i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#141413"><span style="font-weight: normal">Il y a vingt ans, les &eacute;ditions Actes Sud faisaient conna&icirc;tre au public fran&ccedil;ais l&rsquo;&oelig;uvre de </span></font><font color="#141413"><span style="font-weight: normal">Yi Ch&rsquo;</span></font><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><span style="font-weight: normal">&#335;</span></font></font><font color="#141413"><span style="font-weight: normal">ngjun</span></font><font color="#141413"><span style="font-weight: normal">. Le lecteur ignorant mais curieux entrera tr&egrave;s facilement dans l&rsquo;univers de cet &eacute;crivain, surtout s&rsquo;il souhaite lire autre chose sur le &laquo; pays du matin calme &raquo; que les traditionnelles bisbilles diplomatiques entre le nord et le sud de la p&eacute;ninsule. Pour cela, il faut d&rsquo;abord &eacute;couter les propos pr&eacute;liminaires du directeur de la collection &laquo; Lettres cor&eacute;ennes &raquo; expliquer ce qui fait la singularit&eacute; de l&rsquo;auteur. Patrick Maurus dont le r&ocirc;le de passeur est incontest&eacute; rappelle que l&rsquo;&eacute;crivain est originaire d&rsquo;une province ostracis&eacute;e par le pouvoir politique. Aujourd&rsquo;hui, poursuit-il, le racisme int&eacute;rieur n&rsquo;a pas disparu, </span></font><font color="#141413"><i><span style="font-weight: normal">&laquo; ces provinciaux-l&agrave; sont toujours accus&eacute;s de fourberie, de dissimulation, de malhonn&ecirc;tet&eacute;. &raquo;</span></i></font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Cela explique sans doute le sentiment de duret&eacute; qui se d&eacute;gage de ce recueil de nouvelles &eacute;crites entre les ann&eacute;es soixante et quatre-vingt. Les personnages donnent l&rsquo;impression de rejeter <i>&laquo; ceux qui les rejettent, y compris dans le domaine &eacute;conomique &raquo;</i>. Et cela commence dans <i>Le fil</i> lorsqu&rsquo;un journaliste est pr&eacute;cis&eacute;ment envoy&eacute; dans cette province pestif&eacute;r&eacute;e, celle o&ugrave; lui-m&ecirc;me est n&eacute;. Son r&eacute;dacteur en chef lui demande de rapporter un sujet. Une fois arriv&eacute; sur place le reporter rencontre un homme qui lui raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;un funambule perturb&eacute; par une &eacute;ducation paternelle tr&egrave;s stricte. Hant&eacute; par un drame familial, l&rsquo;acrobate tente en vain de cacher son d&eacute;s&eacute;quilibre &agrave; une femme qui admire d&rsquo;autant plus ses jambes qu&rsquo;elle-m&ecirc;me boite.</font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#141413"><i>&laquo; Ne bande pas ton arc si ton carquois est vide &raquo;</i></font><font color="#141413"> dit un proverbe cor&eacute;en qui pourrait servir de ticket d&rsquo;entr&eacute;e &agrave; la nouvelle suivante intitul&eacute;e </font><font color="#141413"><i>La cible</i></font><font color="#141413">. </font><font color="#141413">S</font><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif">&#335;</font></font><font color="#141413">k Chuho</font><font color="#141413">, procureur de vingt-huit ans, est subjugu&eacute; par une s&eacute;ance de tir &agrave; l&rsquo;arc lors d&rsquo;une m&eacute;ditation matinale au Pavillon du Tigre du Nord. Cela lui change des sempiternelles parties de paduk auxquelles participent d&rsquo;&eacute;minentes notabilit&eacute;s qu&rsquo;il veut absolument &eacute;craser alors que cette version cor&eacute;enne du go est cens&eacute;e &ecirc;tre un apprentissage de la Voie. Tr&egrave;s vite, l&rsquo;attention de l'homme de loi est attir&eacute;e par la fille du propri&eacute;taire des lieux qui, bien qu&rsquo;&acirc;g&eacute;e de quinze ans, n&rsquo;est pas mari&eacute;e. Chuho revient r&eacute;guli&egrave;rement sur les lieux afin de s&rsquo;adonner &agrave; sa nouvelle passion pour les arcs et les fl&egrave;ches jusqu&rsquo;au drame final.</font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#141413">Il y a aussi beaucoup de col&egrave;re chez </font><font color="#141413">H</font><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif">&#335;</font></font><font color="#141413"> Pongdo </font><font color="#141413">qui ordonne syst&eacute;matiquement &agrave; son apprenti de</font><font color="#141413"><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal"> d&eacute;truire ses ouvrages de poterie. Le c&oelig;ur du jeune homme est &agrave; chaque fois bris&eacute; par cet acte impos&eacute; dont il ne comprend pas le sens. Du moins le croit-il jusqu&rsquo;&agrave; ce que le ma&icirc;tre, apr&egrave;s avoir re&ccedil;u une visite, disparaisse du jour au lendemain. Le nouveau potier, ne pouvant plus compter que sur ses propres forces, reprend alors le flambeau et comprend que celui qui poss&egrave;de ce vase deviendra riche. Mais la richesse dont il est question ici n&rsquo;a rien &agrave; voir avec celle des conditions mat&eacute;rielles. Comme chez Jean de La Fontaine, le travail est un tr&eacute;sor, ce que finira par d&eacute;couvrir l&rsquo;ancien apprenti apr&egrave;s avoir lui-m&ecirc;me &eacute;t&eacute; contraint de casser ses travaux &agrave; coups de marteau.</span></span></font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#141413">&Agrave; la lecture de ce recueil, il est permis de se demander si le terme de nouvelles est appropri&eacute;. Les textes de </font><font color="#141413">Yi Ch&rsquo;</font><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif">&#335;</font></font><font color="#141413">ngjun </font><font color="#141413">ont beau avoir la force de la bri&egrave;vet&eacute;, ils laissent aussi beaucoup de place aux personnages, &agrave; leur installation. Quand ces derniers ne nourrissent pas une certaine animosit&eacute; vis-&agrave;-vis de leurs contemporains, ils semblent vouloir en d&eacute;coudre avec leur propre destin&eacute;e. Dans </font><font color="#141413"><i>Les portes du temps</i></font><font color="#141413"> un photographe ambitionne d&rsquo;immortaliser l&rsquo;avenir. </font><font color="#141413"><i>&laquo; J&rsquo;essaie de ne rien interpr&eacute;ter au moment o&ugrave; je prends mes photos. Je prends simplement des photos. L&rsquo;interpr&eacute;tation, c&rsquo;est pour plus tard. Je</i></font><font color="#141413"><i><span style="font-weight: normal"> veux dire que les photos re&ccedil;oivent enfin mon interpr&eacute;tation et leur sens quand elles sont tir&eacute;es. Dans ce cas, qu&rsquo;est-ce que mon acte de photographier ? Je photographie plut&ocirc;t une p&eacute;riode du futur. Et mon temps de ce moment-l&agrave; vit sous le nom de futur &raquo;</span></i></font><font color="#141413"><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal"> dit </span></span></font><font color="#141413"><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal">Yu Chongy</span></span></font><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal">&#335;</span></span></font></font><font color="#141413"><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal">l </span></span></font><font color="#141413"><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal">qui, apr&egrave;s avoir tent&eacute; de d&eacute;cloisonner le temps, mourra apr&egrave;s s&rsquo;&ecirc;tre approch&eacute; trop pr&egrave;s d&rsquo;un bateau de r&eacute;fugi&eacute;s. Les fronti&egrave;res ne disparaissent jamais vraiment.</span></span></font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#141413"><i>Dialogue avec un vieil arbre g&eacute;ant</i></font><font color="#141413"> ravira sans doute les amateurs de philosophie qui reprochent parfois &agrave; la litt&eacute;rature d&rsquo;Extr&ecirc;me-Orient ses formules &eacute;nigmatiques. Ici, la place de l&rsquo;homme, l&rsquo;immanence de l&rsquo;univers ou encore la permanence de l&rsquo;art (</font><font color="#141413"><i>Le taureau de Chigwan</i></font><font color="#141413">) sont questionn&eacute;es dans une langue simple qui sait aussi faire la part belle aux situations invraisemblables. Ainsi quand le narrateur s&rsquo;entretient avec un gingko &ndash; plus ancienne famille d&rsquo;arbres connue &ndash; de... litt&eacute;rature : </font><font color="#141413"><i>&laquo; La litt&eacute;rature, dans un certain sens, est un moyen de prise de conscience et de pratique, qui commence l&agrave; o&ugrave; on tourne le dos &agrave; dieu et qui essaie de r&eacute;soudre toutes les questions concernant la vie, la mort, de s&rsquo;en charger dans les limites de sa capacit&eacute; et de sa responsabilit&eacute;. &raquo;</i></font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#141413">Article paru dans la Quinzaine litt&eacute;raire, N&deg;1053, du 16 au 31 janvier 2012</font></font></font></p> <p>&nbsp;</p> William Janvier 2012 Yi Ch'&#335;ngjun, Dialogue avec un vieil arbre géant, Nouvelles traduites du core&#769;en sous la direction de Kim Jung-Sook, avec Patrick Maurus, Actes Sud<br \><p><style type="text/css"> <!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } --> </style></p> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%;"><style type="text/css"> <!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } --> </style></p> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="3"><font face="Tahoma, sans-serif"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108849_chongjun.jpg" class="photo_blog_visu" /></font></font></font></font></p> <p>&nbsp;</p> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%;">&nbsp;</p> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="3"><b>Des hommes en col&egrave;re</b></font></font></font></p> <p align="LEFT" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i><font color="#141413"><span style="font-weight: normal">Disparu en juillet 2008, le Sud-Cor&eacute;en </span></font><font color="#141413"><span style="font-weight: normal">Yi Ch&rsquo;&#335;ngjun </span></font><font color="#141413"><span style="font-weight: normal">a laiss&eacute; une &oelig;uvre dense, tr&egrave;s estim&eacute;e dans son pays. Romancier, cet &eacute;crivain est aussi et peut-&ecirc;tre avant tout connu pour ses nouvelles &ndash; une centaine &ndash; dont celles-ci &eacute;crites sur trois d&eacute;cennies.</span></font></i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#141413"><span style="font-weight: normal">Il y a vingt ans, les &eacute;ditions Actes Sud faisaient conna&icirc;tre au public fran&ccedil;ais l&rsquo;&oelig;uvre de </span></font><font color="#141413"><span style="font-weight: normal">Yi Ch&rsquo;</span></font><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><span style="font-weight: normal">&#335;</span></font></font><font color="#141413"><span style="font-weight: normal">ngjun</span></font><font color="#141413"><span style="font-weight: normal">. Le lecteur ignorant mais curieux entrera tr&egrave;s facilement dans l&rsquo;univers de cet &eacute;crivain, surtout s&rsquo;il souhaite lire autre chose sur le &laquo; pays du matin calme &raquo; que les traditionnelles bisbilles diplomatiques entre le nord et le sud de la p&eacute;ninsule. Pour cela, il faut d&rsquo;abord &eacute;couter les propos pr&eacute;liminaires du directeur de la collection &laquo; Lettres cor&eacute;ennes &raquo; expliquer ce qui fait la singularit&eacute; de l&rsquo;auteur. Patrick Maurus dont le r&ocirc;le de passeur est incontest&eacute; rappelle que l&rsquo;&eacute;crivain est originaire d&rsquo;une province ostracis&eacute;e par le pouvoir politique. Aujourd&rsquo;hui, poursuit-il, le racisme int&eacute;rieur n&rsquo;a pas disparu, </span></font><font color="#141413"><i><span style="font-weight: normal">&laquo; ces provinciaux-l&agrave; sont toujours accus&eacute;s de fourberie, de dissimulation, de malhonn&ecirc;tet&eacute;. &raquo;</span></i></font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Cela explique sans doute le sentiment de duret&eacute; qui se d&eacute;gage de ce recueil de nouvelles &eacute;crites entre les ann&eacute;es soixante et quatre-vingt. Les personnages donnent l&rsquo;impression de rejeter <i>&laquo; ceux qui les rejettent, y compris dans le domaine &eacute;conomique &raquo;</i>. Et cela commence dans <i>Le fil</i> lorsqu&rsquo;un journaliste est pr&eacute;cis&eacute;ment envoy&eacute; dans cette province pestif&eacute;r&eacute;e, celle o&ugrave; lui-m&ecirc;me est n&eacute;. Son r&eacute;dacteur en chef lui demande de rapporter un sujet. Une fois arriv&eacute; sur place le reporter rencontre un homme qui lui raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;un funambule perturb&eacute; par une &eacute;ducation paternelle tr&egrave;s stricte. Hant&eacute; par un drame familial, l&rsquo;acrobate tente en vain de cacher son d&eacute;s&eacute;quilibre &agrave; une femme qui admire d&rsquo;autant plus ses jambes qu&rsquo;elle-m&ecirc;me boite.</font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#141413"><i>&laquo; Ne bande pas ton arc si ton carquois est vide &raquo;</i></font><font color="#141413"> dit un proverbe cor&eacute;en qui pourrait servir de ticket d&rsquo;entr&eacute;e &agrave; la nouvelle suivante intitul&eacute;e </font><font color="#141413"><i>La cible</i></font><font color="#141413">. </font><font color="#141413">S</font><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif">&#335;</font></font><font color="#141413">k Chuho</font><font color="#141413">, procureur de vingt-huit ans, est subjugu&eacute; par une s&eacute;ance de tir &agrave; l&rsquo;arc lors d&rsquo;une m&eacute;ditation matinale au Pavillon du Tigre du Nord. Cela lui change des sempiternelles parties de paduk auxquelles participent d&rsquo;&eacute;minentes notabilit&eacute;s qu&rsquo;il veut absolument &eacute;craser alors que cette version cor&eacute;enne du go est cens&eacute;e &ecirc;tre un apprentissage de la Voie. Tr&egrave;s vite, l&rsquo;attention de l'homme de loi est attir&eacute;e par la fille du propri&eacute;taire des lieux qui, bien qu&rsquo;&acirc;g&eacute;e de quinze ans, n&rsquo;est pas mari&eacute;e. Chuho revient r&eacute;guli&egrave;rement sur les lieux afin de s&rsquo;adonner &agrave; sa nouvelle passion pour les arcs et les fl&egrave;ches jusqu&rsquo;au drame final.</font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#141413">Il y a aussi beaucoup de col&egrave;re chez </font><font color="#141413">H</font><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif">&#335;</font></font><font color="#141413"> Pongdo </font><font color="#141413">qui ordonne syst&eacute;matiquement &agrave; son apprenti de</font><font color="#141413"><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal"> d&eacute;truire ses ouvrages de poterie. Le c&oelig;ur du jeune homme est &agrave; chaque fois bris&eacute; par cet acte impos&eacute; dont il ne comprend pas le sens. Du moins le croit-il jusqu&rsquo;&agrave; ce que le ma&icirc;tre, apr&egrave;s avoir re&ccedil;u une visite, disparaisse du jour au lendemain. Le nouveau potier, ne pouvant plus compter que sur ses propres forces, reprend alors le flambeau et comprend que celui qui poss&egrave;de ce vase deviendra riche. Mais la richesse dont il est question ici n&rsquo;a rien &agrave; voir avec celle des conditions mat&eacute;rielles. Comme chez Jean de La Fontaine, le travail est un tr&eacute;sor, ce que finira par d&eacute;couvrir l&rsquo;ancien apprenti apr&egrave;s avoir lui-m&ecirc;me &eacute;t&eacute; contraint de casser ses travaux &agrave; coups de marteau.</span></span></font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#141413">&Agrave; la lecture de ce recueil, il est permis de se demander si le terme de nouvelles est appropri&eacute;. Les textes de </font><font color="#141413">Yi Ch&rsquo;</font><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif">&#335;</font></font><font color="#141413">ngjun </font><font color="#141413">ont beau avoir la force de la bri&egrave;vet&eacute;, ils laissent aussi beaucoup de place aux personnages, &agrave; leur installation. Quand ces derniers ne nourrissent pas une certaine animosit&eacute; vis-&agrave;-vis de leurs contemporains, ils semblent vouloir en d&eacute;coudre avec leur propre destin&eacute;e. Dans </font><font color="#141413"><i>Les portes du temps</i></font><font color="#141413"> un photographe ambitionne d&rsquo;immortaliser l&rsquo;avenir. </font><font color="#141413"><i>&laquo; J&rsquo;essaie de ne rien interpr&eacute;ter au moment o&ugrave; je prends mes photos. Je prends simplement des photos. L&rsquo;interpr&eacute;tation, c&rsquo;est pour plus tard. Je</i></font><font color="#141413"><i><span style="font-weight: normal"> veux dire que les photos re&ccedil;oivent enfin mon interpr&eacute;tation et leur sens quand elles sont tir&eacute;es. Dans ce cas, qu&rsquo;est-ce que mon acte de photographier ? Je photographie plut&ocirc;t une p&eacute;riode du futur. Et mon temps de ce moment-l&agrave; vit sous le nom de futur &raquo;</span></i></font><font color="#141413"><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal"> dit </span></span></font><font color="#141413"><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal">Yu Chongy</span></span></font><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal">&#335;</span></span></font></font><font color="#141413"><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal">l </span></span></font><font color="#141413"><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal">qui, apr&egrave;s avoir tent&eacute; de d&eacute;cloisonner le temps, mourra apr&egrave;s s&rsquo;&ecirc;tre approch&eacute; trop pr&egrave;s d&rsquo;un bateau de r&eacute;fugi&eacute;s. Les fronti&egrave;res ne disparaissent jamais vraiment.</span></span></font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#141413"><i>Dialogue avec un vieil arbre g&eacute;ant</i></font><font color="#141413"> ravira sans doute les amateurs de philosophie qui reprochent parfois &agrave; la litt&eacute;rature d&rsquo;Extr&ecirc;me-Orient ses formules &eacute;nigmatiques. Ici, la place de l&rsquo;homme, l&rsquo;immanence de l&rsquo;univers ou encore la permanence de l&rsquo;art (</font><font color="#141413"><i>Le taureau de Chigwan</i></font><font color="#141413">) sont questionn&eacute;es dans une langue simple qui sait aussi faire la part belle aux situations invraisemblables. Ainsi quand le narrateur s&rsquo;entretient avec un gingko &ndash; plus ancienne famille d&rsquo;arbres connue &ndash; de... litt&eacute;rature : </font><font color="#141413"><i>&laquo; La litt&eacute;rature, dans un certain sens, est un moyen de prise de conscience et de pratique, qui commence l&agrave; o&ugrave; on tourne le dos &agrave; dieu et qui essaie de r&eacute;soudre toutes les questions concernant la vie, la mort, de s&rsquo;en charger dans les limites de sa capacit&eacute; et de sa responsabilit&eacute;. &raquo;</i></font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#141413">Article paru dans la Quinzaine litt&eacute;raire, N&deg;1053, du 16 au 31 janvier 2012</font></font></font></p> <p>&nbsp;</p> no William Irigoyen Katharina Hacker, Les fraises de la mère d'Anton, trad. de l'allemand par Marie-Claude Auger, Christian Bourgois http://blogs.arte.tv/Le_poing_et_la_plume/frontUser.do?method=getPost&postId=109051&blogName=Le_poing_et_la_plume Sat, 14 Jan 2012 10:14:54 +0100 Katharina Hacker, Les fraises de la mère d'Anton, trad. de l'allemand par Marie-Claude Auger, Christian Bourgois<br \><p><style type="text/css"> <!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } --> </style></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#141413"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108845_fraises_de_la_me__768_re_d_anton.jpg" class="photo_blog_visu" /></font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="3"><b><font color="#141413">&Ecirc;tres sous surveillance</font></b></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i><font color="#141413">Remarqu&eacute;e l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re lors de la sortie de D&eacute;munis, son premier livre traduit en fran&ccedil;ais, l&rsquo;Allemande Katharina Hacker revient avec une histoire dans laquelle chaque personnage cherche &agrave; s&rsquo;affranchir de sa d&eacute;pendance &agrave; l&rsquo;autre. Ce roman anxiog&egrave;ne montre combien la qu&ecirc;te de soi peut &ecirc;tre lente et douloureuse dans une soci&eacute;t&eacute; qui, paradoxalement, fait de la libert&eacute; individuelle un id&eacute;al.</font></i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#141413">Le c&oelig;ur d&rsquo;Anton Weber s&rsquo;est enflamm&eacute; pour Lydia, m&eacute;decin g&eacute;n&eacute;raliste qui officie &agrave; Kreuzberg, quartier populaire de Berlin o&ugrave; elle a aussi d&eacute;cid&eacute; de rester. Elle vit dans un trois pi&egrave;ces achet&eacute; par ses parents dont les portes demeurent pour l&rsquo;instant closes au nouvel amoureux. En mati&egrave;re de sentiments, rien ne sert de courir : la libert&eacute; vaut de l&rsquo;or et ne saurait tol&eacute;rer un trop rapide partage des lieux. D&rsquo;autant que Lydia vit d&eacute;j&agrave; avec quelqu&rsquo;un : Rachel, sa fille. </font><font color="#141413"><i>&laquo; Anton n&rsquo;&eacute;tait pas convi&eacute;, et Lydia ne lui cachait pas qu&rsquo;il n&rsquo;&eacute;tait pas pr&egrave;s d&rsquo;&ecirc;tre invit&eacute; &agrave; venir chez elle. &Agrave; cause de Rachel. &Agrave; cause d&rsquo;elle aussi. &raquo;</i></font><font color="#141413"> Car avant Anton, il y eut R&uuml;diger, ancien l&eacute;gionnaire habitu&eacute; des th&eacute;&acirc;tres de conflit qui tente de revenir dans la vie de Lydia, mais &agrave; distance cette fois. Avec son ami Martin, ancien d&rsquo;Irak et d&rsquo;Afghanistan comme lui, ils passent leur temps &agrave; &eacute;pier les faits et gestes de la jeune femme, y compris quand elle accompagne Anton chez ses parents.</font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal">Ces derniers vivent &agrave; Calberlah, petite localit&eacute; de Basse-Saxe, dans la partie occidentale de l&rsquo;Allemagne. Depuis quelque temps, la m&egrave;re d&rsquo;Anton n&rsquo;est plus &agrave; ce qu&rsquo;elle fait. Cela n&rsquo;a pas &eacute;chapp&eacute; &agrave; son mari ni &agrave; Helmer l&rsquo;employ&eacute; qui s&rsquo;occupe du jardin. La m&eacute;decine utilise le terme </span></span>g&eacute;n&eacute;rique de d&eacute;mence s&eacute;nile pour qualifier ses changements d&rsquo;humeur et autres pertes de m&eacute;moire. <i>&laquo; Les heures, les lieux ne correspondaient plus. Et alors que chaque ann&eacute;e, d&eacute;but juin, elle faisait la premi&egrave;re confiture de fraises, parce qu&rsquo;elle avait attendu avec impatience les premiers fruits sucr&eacute;s de l&rsquo;&eacute;t&eacute; pour les envoyer &agrave; ses enfants, elle oubliait maintenant de planter des fraises. &raquo;</i> De Berlin, Anton ne peut pas tout g&eacute;rer. C&rsquo;est dans ces moments qu&rsquo;il aurait besoin de l&rsquo;aide de sa s&oelig;ur. Mais Caroline a mis elle aussi de la distance avec son environnement familial : elle vit d&eacute;sormais aux &Eacute;tats-Unis. Ne pouvant compter sur personne, la m&egrave;re d&rsquo;Anton re&ccedil;oit une aide inattendue : celle de deux l&eacute;gionnaires dont l&rsquo;inqui&eacute;tante pr&eacute;sence traverse le livre.</font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Pour son deuxi&egrave;me roman traduit en fran&ccedil;ais, Katharina Hacker parvient en quelques pages &agrave; installer un climat angoissant sans jamais chercher &agrave; jouer la carte psychologique. La langue allemande, il est vrai, a cette facult&eacute; de tout faire voir. Pas besoin de surench&eacute;rir, tout est donc montr&eacute; ou tellement bien sugg&eacute;r&eacute; : l&rsquo;&eacute;mancipation d&rsquo;Anton soudain contrari&eacute;e par la d&eacute;pendance croissante d&rsquo;une m&egrave;re qui par orgueil n&rsquo;ose rien demander ; la r&eacute;ticence prudente de Lydia &agrave; envisager un avenir commun avec un autre homme ; l&rsquo;impossibilit&eacute; de R&uuml;diger et Martin &agrave; retrouver la routine d&rsquo;une vie dans laquelle ils ont perdu leur r&ocirc;le ; Caroline enfin dont la libert&eacute; de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; de l&rsquo;Atlantique n&rsquo;est qu&rsquo;apparente et repose sur du sable.</font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">&Agrave; quarante-quatre ans, cette romanci&egrave;re s&rsquo;installe comme une figure marquante de la litt&eacute;rature contemporaine allemande. D&rsquo;ailleurs, l&rsquo;association des libraires ne s&rsquo;y est pas tromp&eacute;e en lui d&eacute;cernant en 2006, &agrave; l&rsquo;occasion du salon du livre de Francfort, le prestigieux Deutscher Buchpreis pour <i>D&eacute;munis</i>. Il y &eacute;tait d&eacute;j&agrave; question d&rsquo;un couple qui, apr&egrave;s s&rsquo;&ecirc;tre mari&eacute;, d&eacute;cidait de s&rsquo;installer &agrave; Londres pour des raisons professionnelles. Progressivement une faille apparaissait et finissait par interroger Isabelle et Jakob sur les motivations profondes de leur union. Dans <i>Les fraises de la m&egrave;re d&rsquo;Anton</i>, Katharina Hacker va plus loin dans sa radioscopie d&rsquo;une soci&eacute;t&eacute; qui porte toujours plus haut l&rsquo;&eacute;tendard de la libert&eacute; individuelle, en oubliant trop souvent les questions pos&eacute;es par celle-ci et les responsabilit&eacute;s qu&rsquo;elle sugg&egrave;re.</font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">&Eacute;go&iuml;sme et humanisme ne sont tout simplement pas compatibles.</font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Article paru dans la Quinzaine litt&eacute;raire, N&deg;1051, du 16 au 31 d&eacute;cembre 2011</font></font></font></p> <p>&nbsp;</p> William Janvier 2012 Katharina Hacker, Les fraises de la mère d'Anton, trad. de l'allemand par Marie-Claude Auger, Christian Bourgois<br \><p><style type="text/css"> <!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } --> </style></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#141413"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108845_fraises_de_la_me__768_re_d_anton.jpg" class="photo_blog_visu" /></font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="3"><b><font color="#141413">&Ecirc;tres sous surveillance</font></b></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i><font color="#141413">Remarqu&eacute;e l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re lors de la sortie de D&eacute;munis, son premier livre traduit en fran&ccedil;ais, l&rsquo;Allemande Katharina Hacker revient avec une histoire dans laquelle chaque personnage cherche &agrave; s&rsquo;affranchir de sa d&eacute;pendance &agrave; l&rsquo;autre. Ce roman anxiog&egrave;ne montre combien la qu&ecirc;te de soi peut &ecirc;tre lente et douloureuse dans une soci&eacute;t&eacute; qui, paradoxalement, fait de la libert&eacute; individuelle un id&eacute;al.</font></i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#141413">Le c&oelig;ur d&rsquo;Anton Weber s&rsquo;est enflamm&eacute; pour Lydia, m&eacute;decin g&eacute;n&eacute;raliste qui officie &agrave; Kreuzberg, quartier populaire de Berlin o&ugrave; elle a aussi d&eacute;cid&eacute; de rester. Elle vit dans un trois pi&egrave;ces achet&eacute; par ses parents dont les portes demeurent pour l&rsquo;instant closes au nouvel amoureux. En mati&egrave;re de sentiments, rien ne sert de courir : la libert&eacute; vaut de l&rsquo;or et ne saurait tol&eacute;rer un trop rapide partage des lieux. D&rsquo;autant que Lydia vit d&eacute;j&agrave; avec quelqu&rsquo;un : Rachel, sa fille. </font><font color="#141413"><i>&laquo; Anton n&rsquo;&eacute;tait pas convi&eacute;, et Lydia ne lui cachait pas qu&rsquo;il n&rsquo;&eacute;tait pas pr&egrave;s d&rsquo;&ecirc;tre invit&eacute; &agrave; venir chez elle. &Agrave; cause de Rachel. &Agrave; cause d&rsquo;elle aussi. &raquo;</i></font><font color="#141413"> Car avant Anton, il y eut R&uuml;diger, ancien l&eacute;gionnaire habitu&eacute; des th&eacute;&acirc;tres de conflit qui tente de revenir dans la vie de Lydia, mais &agrave; distance cette fois. Avec son ami Martin, ancien d&rsquo;Irak et d&rsquo;Afghanistan comme lui, ils passent leur temps &agrave; &eacute;pier les faits et gestes de la jeune femme, y compris quand elle accompagne Anton chez ses parents.</font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal">Ces derniers vivent &agrave; Calberlah, petite localit&eacute; de Basse-Saxe, dans la partie occidentale de l&rsquo;Allemagne. Depuis quelque temps, la m&egrave;re d&rsquo;Anton n&rsquo;est plus &agrave; ce qu&rsquo;elle fait. Cela n&rsquo;a pas &eacute;chapp&eacute; &agrave; son mari ni &agrave; Helmer l&rsquo;employ&eacute; qui s&rsquo;occupe du jardin. La m&eacute;decine utilise le terme </span></span>g&eacute;n&eacute;rique de d&eacute;mence s&eacute;nile pour qualifier ses changements d&rsquo;humeur et autres pertes de m&eacute;moire. <i>&laquo; Les heures, les lieux ne correspondaient plus. Et alors que chaque ann&eacute;e, d&eacute;but juin, elle faisait la premi&egrave;re confiture de fraises, parce qu&rsquo;elle avait attendu avec impatience les premiers fruits sucr&eacute;s de l&rsquo;&eacute;t&eacute; pour les envoyer &agrave; ses enfants, elle oubliait maintenant de planter des fraises. &raquo;</i> De Berlin, Anton ne peut pas tout g&eacute;rer. C&rsquo;est dans ces moments qu&rsquo;il aurait besoin de l&rsquo;aide de sa s&oelig;ur. Mais Caroline a mis elle aussi de la distance avec son environnement familial : elle vit d&eacute;sormais aux &Eacute;tats-Unis. Ne pouvant compter sur personne, la m&egrave;re d&rsquo;Anton re&ccedil;oit une aide inattendue : celle de deux l&eacute;gionnaires dont l&rsquo;inqui&eacute;tante pr&eacute;sence traverse le livre.</font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Pour son deuxi&egrave;me roman traduit en fran&ccedil;ais, Katharina Hacker parvient en quelques pages &agrave; installer un climat angoissant sans jamais chercher &agrave; jouer la carte psychologique. La langue allemande, il est vrai, a cette facult&eacute; de tout faire voir. Pas besoin de surench&eacute;rir, tout est donc montr&eacute; ou tellement bien sugg&eacute;r&eacute; : l&rsquo;&eacute;mancipation d&rsquo;Anton soudain contrari&eacute;e par la d&eacute;pendance croissante d&rsquo;une m&egrave;re qui par orgueil n&rsquo;ose rien demander ; la r&eacute;ticence prudente de Lydia &agrave; envisager un avenir commun avec un autre homme ; l&rsquo;impossibilit&eacute; de R&uuml;diger et Martin &agrave; retrouver la routine d&rsquo;une vie dans laquelle ils ont perdu leur r&ocirc;le ; Caroline enfin dont la libert&eacute; de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; de l&rsquo;Atlantique n&rsquo;est qu&rsquo;apparente et repose sur du sable.</font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">&Agrave; quarante-quatre ans, cette romanci&egrave;re s&rsquo;installe comme une figure marquante de la litt&eacute;rature contemporaine allemande. D&rsquo;ailleurs, l&rsquo;association des libraires ne s&rsquo;y est pas tromp&eacute;e en lui d&eacute;cernant en 2006, &agrave; l&rsquo;occasion du salon du livre de Francfort, le prestigieux Deutscher Buchpreis pour <i>D&eacute;munis</i>. Il y &eacute;tait d&eacute;j&agrave; question d&rsquo;un couple qui, apr&egrave;s s&rsquo;&ecirc;tre mari&eacute;, d&eacute;cidait de s&rsquo;installer &agrave; Londres pour des raisons professionnelles. Progressivement une faille apparaissait et finissait par interroger Isabelle et Jakob sur les motivations profondes de leur union. Dans <i>Les fraises de la m&egrave;re d&rsquo;Anton</i>, Katharina Hacker va plus loin dans sa radioscopie d&rsquo;une soci&eacute;t&eacute; qui porte toujours plus haut l&rsquo;&eacute;tendard de la libert&eacute; individuelle, en oubliant trop souvent les questions pos&eacute;es par celle-ci et les responsabilit&eacute;s qu&rsquo;elle sugg&egrave;re.</font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">&Eacute;go&iuml;sme et humanisme ne sont tout simplement pas compatibles.</font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Article paru dans la Quinzaine litt&eacute;raire, N&deg;1051, du 16 au 31 d&eacute;cembre 2011</font></font></font></p> <p>&nbsp;</p> no William Irigoyen Judith Hermann, Alice, trad. de l'allemand par Dominique Autrand, Albin Michel, coll. « Les Grandes Traductions » http://blogs.arte.tv/Le_poing_et_la_plume/frontUser.do?method=getPost&postId=109050&blogName=Le_poing_et_la_plume Sat, 14 Jan 2012 09:53:48 +0100 Judith Hermann, Alice, trad. de l'allemand par Dominique Autrand, Albin Michel, coll. « Les Grandes Traductions »<br \><p><style type="text/css"> <!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } --> </style></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font face="Tahoma, sans-serif"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108844_judith_hermann.jpg" class="photo_blog_visu" /></font></font></font></font></p> <p>&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="3"><b>Des hommes qui tombent</b></font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>L&rsquo;Allemande Judith Hermann raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;une femme confront&eacute;e &agrave; la mort de cinq hommes avec lesquels elle entretenait une relation, parfois lointaine. R&eacute;flexion m&eacute;lancolique sur le temps qui passe, efface les &ecirc;tres et leurs valeurs, </i><span style="font-style: normal">Alice</span><i> &eacute;voque une soci&eacute;t&eacute; o&ugrave; l&rsquo;engagement ne signifie plus rien.</i></font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#141413">Dans sa chambre d&rsquo;h&ocirc;pital de Zweibr&uuml;cken, petite localit&eacute; allemande du Land de Rh&eacute;nanie-Palatinat, Micha lutte contre un cancer. Sous morphine, il ne peut remarquer la pr&eacute;sence de Maja, sa compagne, qui le veille. Alice, l&agrave; elle aussi, ne pensait jamais revoir l&rsquo;homme dont elle partagea autrefois le quotidien. Les deux femmes s&rsquo;entraident et finissent par trouver un appartement dans lequel elles resteront le temps que la maladie emporte celui qui les unit. Elles se parlent peu, comme si la solidarit&eacute;, fugace, se passait de mots : </font><font color="#141413"><i>&laquo; Alice trouvait que Maja s&rsquo;exprimait sans m&ecirc;me ouvrir la bouche, son silence &eacute;tait &eacute;loquent. &raquo;</i></font><font color="#141413"> L&rsquo;absence de communication traverse ce troisi&egrave;me livre de Judith Hermann qui, &agrave; quarante et un ans, porte haut les couleurs d&rsquo;une nouvelle g&eacute;n&eacute;ration d&rsquo;&eacute;crivains allemands d&eacute;lest&eacute;e du poids de l&rsquo;histoire et de la culpabilit&eacute;. Le revers de la m&eacute;daille est ce sentiment de vide qu&rsquo;&eacute;prouvent Alice et les autres personnages.</font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Plus tard, quand Conrad, Richard, Malte et Raymond disparaissent &agrave; leur tour, Alice ne trouve pas les mots qui pourraient apaiser la douleur de leurs proches. Les sentiments sont rel&eacute;gu&eacute;s au second plan. Le r&eacute;el et le quotidien sont la priorit&eacute; de cette d&eacute;marche litt&eacute;raire qui n&rsquo;est pas sans rappeler celle de la <i>Nouvelle Objectivit&eacute;</i> (<i>Neue Sachlichkeit</i>), mouvement artistique qui dans l&rsquo;entre-deux-guerres pr&ocirc;nait une rupture avec le sentimentalisme expressionniste. Cette focalisation sur les faits et gestes d&rsquo;Alice finit par dresser le portrait d&rsquo;une femme que le destin laisse indiff&eacute;rente. Elle voit dispara&icirc;tre un monde sans jamais s&rsquo;en &eacute;mouvoir, comme s&rsquo;il &eacute;tait vain de s&rsquo;insurger, comme si elle &eacute;tait d&eacute;j&agrave; trop fatigu&eacute;e de combattre, lassitude que l&rsquo;on retrouve aussi chez d&rsquo;autres &eacute;crivains allemands comme Katharina Hacker, l&rsquo;auteur du r&eacute;cent <i>Les Fraises de la m&egrave;re d&rsquo;Anton</i> ou dans le dernier roman traduit en fran&ccedil;ais de Christoph Hein, <i>Paula T. une femme allemande</i>.</font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#141413">Ce n&rsquo;est pas la premi&egrave;re fois que Judith Hermann raconte la m&eacute;lancolie des femmes. Dans Rien que des fant&ocirc;mes, elles &eacute;taient m&ecirc;me sept, de l&rsquo;Islande aux &Eacute;tats-Unis en passant par la Norv&egrave;ge. Si Alice se d&eacute;place en Italie, elle reste la majeure partie du roman &agrave; Berlin, ville o&ugrave; meurt Raymond, emportant avec lui ses souvenirs et une partie de la m&eacute;moire allemande que le personnage principal semble vouloir rapidement expurger : </font><font color="#141413"><i>&laquo; Alice entreprit de trier ses affaires. &Eacute;vacuer, donner, vendre, jeter. Garder. Une sorte de travail de fouilles, la mise au jour de couches successives, des couleurs, des mati&egrave;res, des &eacute;poques diff&eacute;rentes ; &agrave; la fin il n&rsquo;y aurait plus rien &agrave; sauver, plus rien d&rsquo;autre que le fait que Raymond &eacute;tait mort, on en revenait toujours l&agrave;. &raquo;</i></font><font color="#141413"> Alice peut donc continuer son chemin. Litt&eacute;rairement, sa d&eacute;ambulation &eacute;voque moins Alfred D&ouml;blin que Reinhard Jirgl mais en moins chaotique. En tout cas, Judith Hermann partage assur&eacute;ment avec l&rsquo;auteur de </font><font color="#141413"><i>Ren&eacute;gat, roman du temps nerveux</i></font><font color="#141413"> (Quidam) l&rsquo;inqui&eacute;tude de voir &eacute;merger une soci&eacute;t&eacute; d&eacute;shumanis&eacute;e, prise entre une fr&eacute;n&eacute;sie de reconstruction et une lente d&eacute;construction d&rsquo;un langage r&eacute;duit au rang de slogan : </font><font color="#141413"><i>&laquo; Des h&ocirc;tels &agrave; congr&egrave;s, des h&ocirc;tels &agrave; touristes, des lofts, des usines et, derri&egrave;re leurs fen&ecirc;tres panoramiques, des gens sur des escalators, t&ecirc;tes lev&eacute;es, uniform&eacute;ment tourn&eacute;es vers les &eacute;crans o&ugrave; les images se succ&eacute;daient &agrave; toute allure. Panneaux publicitaires. Smoke fish. Play your heroes. Ubu Roi. Bang bang night is over. &raquo;</i></font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#141413">Article paru dans La Quinzaine litt&eacute;raire, N&deg;1052, du 1er au 15 janvier 2012</font></font></font></p> <p>&nbsp;</p> William Janvier 2012 Judith Hermann, Alice, trad. de l'allemand par Dominique Autrand, Albin Michel, coll. « Les Grandes Traductions »<br \><p><style type="text/css"> <!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } --> </style></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font face="Tahoma, sans-serif"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108844_judith_hermann.jpg" class="photo_blog_visu" /></font></font></font></font></p> <p>&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="3"><b>Des hommes qui tombent</b></font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>L&rsquo;Allemande Judith Hermann raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;une femme confront&eacute;e &agrave; la mort de cinq hommes avec lesquels elle entretenait une relation, parfois lointaine. R&eacute;flexion m&eacute;lancolique sur le temps qui passe, efface les &ecirc;tres et leurs valeurs, </i><span style="font-style: normal">Alice</span><i> &eacute;voque une soci&eacute;t&eacute; o&ugrave; l&rsquo;engagement ne signifie plus rien.</i></font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#141413">Dans sa chambre d&rsquo;h&ocirc;pital de Zweibr&uuml;cken, petite localit&eacute; allemande du Land de Rh&eacute;nanie-Palatinat, Micha lutte contre un cancer. Sous morphine, il ne peut remarquer la pr&eacute;sence de Maja, sa compagne, qui le veille. Alice, l&agrave; elle aussi, ne pensait jamais revoir l&rsquo;homme dont elle partagea autrefois le quotidien. Les deux femmes s&rsquo;entraident et finissent par trouver un appartement dans lequel elles resteront le temps que la maladie emporte celui qui les unit. Elles se parlent peu, comme si la solidarit&eacute;, fugace, se passait de mots : </font><font color="#141413"><i>&laquo; Alice trouvait que Maja s&rsquo;exprimait sans m&ecirc;me ouvrir la bouche, son silence &eacute;tait &eacute;loquent. &raquo;</i></font><font color="#141413"> L&rsquo;absence de communication traverse ce troisi&egrave;me livre de Judith Hermann qui, &agrave; quarante et un ans, porte haut les couleurs d&rsquo;une nouvelle g&eacute;n&eacute;ration d&rsquo;&eacute;crivains allemands d&eacute;lest&eacute;e du poids de l&rsquo;histoire et de la culpabilit&eacute;. Le revers de la m&eacute;daille est ce sentiment de vide qu&rsquo;&eacute;prouvent Alice et les autres personnages.</font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%"><font color="#141413"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Plus tard, quand Conrad, Richard, Malte et Raymond disparaissent &agrave; leur tour, Alice ne trouve pas les mots qui pourraient apaiser la douleur de leurs proches. Les sentiments sont rel&eacute;gu&eacute;s au second plan. Le r&eacute;el et le quotidien sont la priorit&eacute; de cette d&eacute;marche litt&eacute;raire qui n&rsquo;est pas sans rappeler celle de la <i>Nouvelle Objectivit&eacute;</i> (<i>Neue Sachlichkeit</i>), mouvement artistique qui dans l&rsquo;entre-deux-guerres pr&ocirc;nait une rupture avec le sentimentalisme expressionniste. Cette focalisation sur les faits et gestes d&rsquo;Alice finit par dresser le portrait d&rsquo;une femme que le destin laisse indiff&eacute;rente. Elle voit dispara&icirc;tre un monde sans jamais s&rsquo;en &eacute;mouvoir, comme s&rsquo;il &eacute;tait vain de s&rsquo;insurger, comme si elle &eacute;tait d&eacute;j&agrave; trop fatigu&eacute;e de combattre, lassitude que l&rsquo;on retrouve aussi chez d&rsquo;autres &eacute;crivains allemands comme Katharina Hacker, l&rsquo;auteur du r&eacute;cent <i>Les Fraises de la m&egrave;re d&rsquo;Anton</i> ou dans le dernier roman traduit en fran&ccedil;ais de Christoph Hein, <i>Paula T. une femme allemande</i>.</font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#141413">Ce n&rsquo;est pas la premi&egrave;re fois que Judith Hermann raconte la m&eacute;lancolie des femmes. Dans Rien que des fant&ocirc;mes, elles &eacute;taient m&ecirc;me sept, de l&rsquo;Islande aux &Eacute;tats-Unis en passant par la Norv&egrave;ge. Si Alice se d&eacute;place en Italie, elle reste la majeure partie du roman &agrave; Berlin, ville o&ugrave; meurt Raymond, emportant avec lui ses souvenirs et une partie de la m&eacute;moire allemande que le personnage principal semble vouloir rapidement expurger : </font><font color="#141413"><i>&laquo; Alice entreprit de trier ses affaires. &Eacute;vacuer, donner, vendre, jeter. Garder. Une sorte de travail de fouilles, la mise au jour de couches successives, des couleurs, des mati&egrave;res, des &eacute;poques diff&eacute;rentes ; &agrave; la fin il n&rsquo;y aurait plus rien &agrave; sauver, plus rien d&rsquo;autre que le fait que Raymond &eacute;tait mort, on en revenait toujours l&agrave;. &raquo;</i></font><font color="#141413"> Alice peut donc continuer son chemin. Litt&eacute;rairement, sa d&eacute;ambulation &eacute;voque moins Alfred D&ouml;blin que Reinhard Jirgl mais en moins chaotique. En tout cas, Judith Hermann partage assur&eacute;ment avec l&rsquo;auteur de </font><font color="#141413"><i>Ren&eacute;gat, roman du temps nerveux</i></font><font color="#141413"> (Quidam) l&rsquo;inqui&eacute;tude de voir &eacute;merger une soci&eacute;t&eacute; d&eacute;shumanis&eacute;e, prise entre une fr&eacute;n&eacute;sie de reconstruction et une lente d&eacute;construction d&rsquo;un langage r&eacute;duit au rang de slogan : </font><font color="#141413"><i>&laquo; Des h&ocirc;tels &agrave; congr&egrave;s, des h&ocirc;tels &agrave; touristes, des lofts, des usines et, derri&egrave;re leurs fen&ecirc;tres panoramiques, des gens sur des escalators, t&ecirc;tes lev&eacute;es, uniform&eacute;ment tourn&eacute;es vers les &eacute;crans o&ugrave; les images se succ&eacute;daient &agrave; toute allure. Panneaux publicitaires. Smoke fish. Play your heroes. Ubu Roi. Bang bang night is over. &raquo;</i></font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#141413">Article paru dans La Quinzaine litt&eacute;raire, N&deg;1052, du 1er au 15 janvier 2012</font></font></font></p> <p>&nbsp;</p> no William Irigoyen Michel Crépu http://blogs.arte.tv/Le_poing_et_la_plume/frontUser.do?method=getPost&postId=109017&blogName=Le_poing_et_la_plume Sat, 31 Dec 2011 12:17:15 +0100 Michel Crépu<br \><p><style type="text/css"> <!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } --> </style></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">En cette p&eacute;riode de f&ecirc;tes, permettez-moi de remplir, &agrave; ma mani&egrave;re, votre hotte. N'attendez pas un parfum, un stylo, une montre. Non. Je vous donnerai &laquo;&nbsp;simplement&nbsp;&raquo; &agrave; entendre des &eacute;crivains. Vous savez combien je consid&egrave;re que leur parole vaut de l'or. Cela s'est encore v&eacute;rifi&eacute; cette ann&eacute;e lors de diff&eacute;rentes rencontres. </font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Avec Michel Cr&eacute;pu qui, &agrave; la t&ecirc;te de la prestigieuse <em>Revue des Deux Mondes</em>, nous rend chaque mois plus intelligent &ndash; &ccedil;a devient rare, la b&ecirc;tise vulgaire gangr&eacute;nant &agrave; grande vitesse -, vous prendrez conscience de l'extraordinaire modernit&eacute; de Chateaubriand. </font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108827_crepu.jpg" class="photo_blog_visu" /></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Mon estim&eacute; confr&egrave;re fait &oelig;uvre d'une all&eacute;chante p&eacute;dagogie dans son essai litt&eacute;raire consacr&eacute; &agrave; l'auteur des <i>M&eacute;moires d'outre-tombe</i><span style="font-style: normal">. </span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108826_le-souvenir-du-monde-essai-sur-chateaubriand-de-michel-cre__769_pu.jpg" class="photo_blog_visu" /></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal">Michel Cr&eacute;pu est un journaliste dont le talent n'a d'&eacute;gal que sa modestie devant la complexit&eacute; du monde. C'est pourquoi il est important de l'entendre.</span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=8,0,0,0" width="450" height="90" id="playerFLV" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108442_itv_michel_crepu.mp3&mediaId=108442&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" /><param name="quality" value="high" /><param name="bgcolor" value="#FFFFFF" /><embed src="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108442_itv_michel_crepu.mp3&mediaId=108442&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" quality="high" bgcolor="#FFFFFF" width="450" height="90" name="playerFLV" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" /></object></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal">Et puis, vous entendrez ci-dessous les voix singuli&egrave;res de l'Am&eacute;ricain David Vann et de l'Ecossais John Burnside, rencontr&eacute;s &agrave; la librairie strasbourgeoise </span><i>Soif de Lire. </i><span style="font-style: normal">Qu'il me soit d'ailleurs permis, ici, de rendre un hommage appuy&eacute; &agrave; sa responsable, Jennifer Le Morvan, qui lutte ardemment pour rapprocher le grand public du livre ainsi qu'&agrave; son mari, Pierre, qui immortalise toujours les rencontres avec son appareil photo. Au train o&ugrave; vont les choses, les d&eacute;fenseurs de l'&eacute;crit vont bient&ocirc;t se compter sur les doigts d'une seule main. </span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt;"><span style="font-style: normal;">Enfin, vous vous d&eacute;lecterez &ndash; du moins je l'esp&egrave;re &ndash; des propos d'Ingrid Thobois dont le dernier opus, </span><i>Sollicciano</i><span style="font-style: normal">, est une petite merveille.</span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal">Que ces rencontres trouvent gr&acirc;ce &agrave; vos yeux, et surtout &agrave; vos oreilles.</span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal">Je vous souhaite une belle ann&eacute;e 2012 aupr&egrave;s de ceux qui vous sont chers.</span></font></font></p> <p>&nbsp;</p> William Décembre 2011 Michel Crépu<br \><p><style type="text/css"> <!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } --> </style></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">En cette p&eacute;riode de f&ecirc;tes, permettez-moi de remplir, &agrave; ma mani&egrave;re, votre hotte. N'attendez pas un parfum, un stylo, une montre. Non. Je vous donnerai &laquo;&nbsp;simplement&nbsp;&raquo; &agrave; entendre des &eacute;crivains. Vous savez combien je consid&egrave;re que leur parole vaut de l'or. Cela s'est encore v&eacute;rifi&eacute; cette ann&eacute;e lors de diff&eacute;rentes rencontres. </font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Avec Michel Cr&eacute;pu qui, &agrave; la t&ecirc;te de la prestigieuse <em>Revue des Deux Mondes</em>, nous rend chaque mois plus intelligent &ndash; &ccedil;a devient rare, la b&ecirc;tise vulgaire gangr&eacute;nant &agrave; grande vitesse -, vous prendrez conscience de l'extraordinaire modernit&eacute; de Chateaubriand. </font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108827_crepu.jpg" class="photo_blog_visu" /></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Mon estim&eacute; confr&egrave;re fait &oelig;uvre d'une all&eacute;chante p&eacute;dagogie dans son essai litt&eacute;raire consacr&eacute; &agrave; l'auteur des <i>M&eacute;moires d'outre-tombe</i><span style="font-style: normal">. </span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108826_le-souvenir-du-monde-essai-sur-chateaubriand-de-michel-cre__769_pu.jpg" class="photo_blog_visu" /></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal">Michel Cr&eacute;pu est un journaliste dont le talent n'a d'&eacute;gal que sa modestie devant la complexit&eacute; du monde. C'est pourquoi il est important de l'entendre.</span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=8,0,0,0" width="450" height="90" id="playerFLV" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108442_itv_michel_crepu.mp3&mediaId=108442&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" /><param name="quality" value="high" /><param name="bgcolor" value="#FFFFFF" /><embed src="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108442_itv_michel_crepu.mp3&mediaId=108442&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" quality="high" bgcolor="#FFFFFF" width="450" height="90" name="playerFLV" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" /></object></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal">Et puis, vous entendrez ci-dessous les voix singuli&egrave;res de l'Am&eacute;ricain David Vann et de l'Ecossais John Burnside, rencontr&eacute;s &agrave; la librairie strasbourgeoise </span><i>Soif de Lire. </i><span style="font-style: normal">Qu'il me soit d'ailleurs permis, ici, de rendre un hommage appuy&eacute; &agrave; sa responsable, Jennifer Le Morvan, qui lutte ardemment pour rapprocher le grand public du livre ainsi qu'&agrave; son mari, Pierre, qui immortalise toujours les rencontres avec son appareil photo. Au train o&ugrave; vont les choses, les d&eacute;fenseurs de l'&eacute;crit vont bient&ocirc;t se compter sur les doigts d'une seule main. </span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%;"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt;"><span style="font-style: normal;">Enfin, vous vous d&eacute;lecterez &ndash; du moins je l'esp&egrave;re &ndash; des propos d'Ingrid Thobois dont le dernier opus, </span><i>Sollicciano</i><span style="font-style: normal">, est une petite merveille.</span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal">Que ces rencontres trouvent gr&acirc;ce &agrave; vos yeux, et surtout &agrave; vos oreilles.</span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal">Je vous souhaite une belle ann&eacute;e 2012 aupr&egrave;s de ceux qui vous sont chers.</span></font></font></p> <p>&nbsp;</p> no William Irigoyen David Vann http://blogs.arte.tv/Le_poing_et_la_plume/frontUser.do?method=getPost&postId=109016&blogName=Le_poing_et_la_plume Sat, 31 Dec 2011 12:15:36 +0100 David Vann<br \><p><style type="text/css"> <!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } --> </style> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%; page-break-before: always"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal">Rencontre avec David Vann le 19 septembre 2011 &agrave; la librairie </span><i>Soif de lire </i><span style="font-style: normal">&agrave; Strasbourg. Interpr&eacute;tation&nbsp;: Sigrid Berthelon.</span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108815_19092011-_dsc4487.jpg" class="photo_blog_visu" /></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal">Son dernier opus&nbsp;:</span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108820_desolations-david-vann.jpg" class="photo_blog_visu" /></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108817_19092011-_dsc4516.jpg" class="photo_blog_visu" /></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108816_19092011-_dsc4503.jpg" class="photo_blog_visu" /></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal">Et voici l'interview&nbsp;:</span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=8,0,0,0" width="450" height="90" id="playerFLV" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108828_itv_david_vann_par_william_irigoyen_pour_le_blog_le_poing_et_la_plume.mp3&mediaId=108828&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" /><param name="quality" value="high" /><param name="bgcolor" value="#FFFFFF" /><embed src="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108828_itv_david_vann_par_william_irigoyen_pour_le_blog_le_poing_et_la_plume.mp3&mediaId=108828&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" quality="high" bgcolor="#FFFFFF" width="450" height="90" name="playerFLV" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" /></object></span></font></font></p> </p> William Décembre 2011 David Vann<br \><p><style type="text/css"> <!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } --> </style> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%; page-break-before: always"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal">Rencontre avec David Vann le 19 septembre 2011 &agrave; la librairie </span><i>Soif de lire </i><span style="font-style: normal">&agrave; Strasbourg. Interpr&eacute;tation&nbsp;: Sigrid Berthelon.</span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108815_19092011-_dsc4487.jpg" class="photo_blog_visu" /></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal">Son dernier opus&nbsp;:</span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108820_desolations-david-vann.jpg" class="photo_blog_visu" /></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108817_19092011-_dsc4516.jpg" class="photo_blog_visu" /></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108816_19092011-_dsc4503.jpg" class="photo_blog_visu" /></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal">Et voici l'interview&nbsp;:</span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=8,0,0,0" width="450" height="90" id="playerFLV" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108828_itv_david_vann_par_william_irigoyen_pour_le_blog_le_poing_et_la_plume.mp3&mediaId=108828&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" /><param name="quality" value="high" /><param name="bgcolor" value="#FFFFFF" /><embed src="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108828_itv_david_vann_par_william_irigoyen_pour_le_blog_le_poing_et_la_plume.mp3&mediaId=108828&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" quality="high" bgcolor="#FFFFFF" width="450" height="90" name="playerFLV" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" /></object></span></font></font></p> </p> no William Irigoyen John Burnside http://blogs.arte.tv/Le_poing_et_la_plume/frontUser.do?method=getPost&postId=109015&blogName=Le_poing_et_la_plume Sat, 31 Dec 2011 12:13:26 +0100 John Burnside<br \><p><style type="text/css"> <!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } --> </style> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%; page-break-before: always"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal">Rencontre avec John Burnside le 22 septembre 2011 &agrave; la librairie </span><i>Soif de lire </i><span style="font-style: normal">&agrave; Strasbourg. Interpr&eacute;tation&nbsp;: Sigrid Berthelon.</span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108814_22092011-_dsc4540.jpg" class="photo_blog_visu" /></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal">Son dernier opus&nbsp;:</span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108819_scintillation-john-burnside-l-hhcwbe.jpg" class="photo_blog_visu" /></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108812_22092011-_dsc4534.jpg" class="photo_blog_visu" /></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108813_22092011-_dsc4571.jpg" class="photo_blog_visu" /></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal">Et voici l'interview&nbsp;:</span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=8,0,0,0" width="450" height="90" id="playerFLV" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108822_interview_john_bunside_par_william_irigoyen_pour_le_blog_le_poing_et_la_plume.mp3&mediaId=108822&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" /><param name="quality" value="high" /><param name="bgcolor" value="#FFFFFF" /><embed src="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108822_interview_john_bunside_par_william_irigoyen_pour_le_blog_le_poing_et_la_plume.mp3&mediaId=108822&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" quality="high" bgcolor="#FFFFFF" width="450" height="90" name="playerFLV" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" /></object></span></font></font></p> </p> William Décembre 2011 John Burnside<br \><p><style type="text/css"> <!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } --> </style> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%; page-break-before: always"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal">Rencontre avec John Burnside le 22 septembre 2011 &agrave; la librairie </span><i>Soif de lire </i><span style="font-style: normal">&agrave; Strasbourg. Interpr&eacute;tation&nbsp;: Sigrid Berthelon.</span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108814_22092011-_dsc4540.jpg" class="photo_blog_visu" /></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal">Son dernier opus&nbsp;:</span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108819_scintillation-john-burnside-l-hhcwbe.jpg" class="photo_blog_visu" /></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108812_22092011-_dsc4534.jpg" class="photo_blog_visu" /></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108813_22092011-_dsc4571.jpg" class="photo_blog_visu" /></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal">Et voici l'interview&nbsp;:</span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=8,0,0,0" width="450" height="90" id="playerFLV" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108822_interview_john_bunside_par_william_irigoyen_pour_le_blog_le_poing_et_la_plume.mp3&mediaId=108822&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" /><param name="quality" value="high" /><param name="bgcolor" value="#FFFFFF" /><embed src="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108822_interview_john_bunside_par_william_irigoyen_pour_le_blog_le_poing_et_la_plume.mp3&mediaId=108822&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" quality="high" bgcolor="#FFFFFF" width="450" height="90" name="playerFLV" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" /></object></span></font></font></p> </p> no William Irigoyen Ingrid Thobois http://blogs.arte.tv/Le_poing_et_la_plume/frontUser.do?method=getPost&postId=109014&blogName=Le_poing_et_la_plume Sat, 31 Dec 2011 12:10:58 +0100 Ingrid Thobois<br \><p>&nbsp;<style type="text/css"><!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } --> </style></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%; page-break-before: always"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal">Rencontre avec Ingrid Thobois le 8 d&eacute;cembre 2011 &agrave; la librairie </span><i>Soif de lire </i><span style="font-style: normal">&agrave; Strasbourg. </span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108824_mime-attachment.jpg" class="photo_blog_visu" /></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal">Son dernier opus&nbsp;:</span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108821_livre-ingrid-thobois-sollicciano.jpg" class="photo_blog_visu" /></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108823_mime-attachment-3.jpg" class="photo_blog_visu" /></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal">Et voici l'interview&nbsp;:</span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=8,0,0,0" width="450" height="90" id="playerFLV" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108825_itv_ingrid_thobois_par_william_irigoyen_pour_blog_le_poing_et_la_plume.mp3&mediaId=108825&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" /><param name="quality" value="high" /><param name="bgcolor" value="#FFFFFF" /><embed src="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108825_itv_ingrid_thobois_par_william_irigoyen_pour_blog_le_poing_et_la_plume.mp3&mediaId=108825&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" quality="high" bgcolor="#FFFFFF" width="450" height="90" name="playerFLV" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" /></object></span></font></font></p> <p>&nbsp;</p> William Décembre 2011 Ingrid Thobois<br \><p>&nbsp;<style type="text/css"><!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } --> </style></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%; page-break-before: always"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal">Rencontre avec Ingrid Thobois le 8 d&eacute;cembre 2011 &agrave; la librairie </span><i>Soif de lire </i><span style="font-style: normal">&agrave; Strasbourg. </span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108824_mime-attachment.jpg" class="photo_blog_visu" /></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal">Son dernier opus&nbsp;:</span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108821_livre-ingrid-thobois-sollicciano.jpg" class="photo_blog_visu" /></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108823_mime-attachment-3.jpg" class="photo_blog_visu" /></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal">Et voici l'interview&nbsp;:</span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=8,0,0,0" width="450" height="90" id="playerFLV" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108825_itv_ingrid_thobois_par_william_irigoyen_pour_blog_le_poing_et_la_plume.mp3&mediaId=108825&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" /><param name="quality" value="high" /><param name="bgcolor" value="#FFFFFF" /><embed src="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108825_itv_ingrid_thobois_par_william_irigoyen_pour_blog_le_poing_et_la_plume.mp3&mediaId=108825&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" quality="high" bgcolor="#FFFFFF" width="450" height="90" name="playerFLV" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" /></object></span></font></font></p> <p>&nbsp;</p> no William Irigoyen Bienvenue à Feuilleton, "papier imprimé", interview de son rédacteur en chef http://blogs.arte.tv/Le_poing_et_la_plume/frontUser.do?method=getPost&postId=108922&blogName=Le_poing_et_la_plume Sat, 26 Nov 2011 07:51:19 +0100 Bienvenue à Feuilleton, "papier imprimé", interview de son rédacteur en chef<br \><p><style type="text/css"> <!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } --> </style></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108703_feuilleton.jpg" class="photo_blog_visu" /></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Si l'on se r&eacute;f&egrave;re au <i>Petit Robert, </i>un &laquo;&nbsp;feuilleton&nbsp;&raquo; peut tout aussi bien d&eacute;signer un &laquo;&nbsp;fragment&nbsp;&raquo; qu'une &laquo;&nbsp;histoire invraisemblable, tr&egrave;s longue&nbsp;&raquo; (<i>c'est du roman-feuilleton)</i>. Acceptons cette opposition qui me semble parfaitement coller &agrave; l'esprit de ce nouveau venu dans la presse fran&ccedil;aise dont le premier num&eacute;ro (sorti en septembre) s'ouvre sur une citation de Giacomo Leopardi&nbsp;: <i>&laquo;&nbsp;Aujourd'hui que le pouvoir est aux mains de quelques-uns, on assiste aux &eacute;v&eacute;nements, mais on en ignore les raisons, et le monde ressemble &agrave; ces machines actionn&eacute;es par quelque m&eacute;canisme occulte ou &agrave; ces statues qu'anime un comparse dissimul&eacute; dans leurs flancs. Le monde humain est devenu semblable au monde naturel&nbsp;: il faut &eacute;tudier les &eacute;v&eacute;nements comme on &eacute;tudie les ph&eacute;nom&egrave;nes et en imaginer les forces motrices en t&acirc;tonnant, comme le font les physiciens.&nbsp;&raquo;</i> </font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Feuilleton </i>est, pour reprendre les mots de son r&eacute;dacteur en chef, G&eacute;rard Berr&eacute;by (<font color="#000000">&agrave; &eacute;couter l'interview</font>), du &laquo;&nbsp;papier imprim&eacute;&nbsp;&raquo; qui observe le monde. Certains, mal intentionn&eacute;s, rangeront ce titre dans la cat&eacute;gorie des mooks (m&eacute;lange de magazine et de books) dans laquelle on trouve par exemple <i>XXI</i> ou encore <span lang="fr-FR"><i>Muze</i></span>. Leur point commun&nbsp;: para&icirc;tre tous les trois mois et offrir au lectorat le temps de la r&eacute;flexion. Les premi&egrave;res pages de <i>Feuilleton</i> nous plongent ainsi dans la prose de Michael Lewis qui envisageait, d&egrave;s 1989, les cons&eacute;quences &eacute;conomiques d'un s&eacute;isme de forte magnitude &agrave; Tokyo. Paru dans <i>Manhattan, Inc Magazine </i>et traduit ici par Hel&egrave;ne Frappat <font color="#000000">(je reparlerai prochainement de son dernier roman)</font>, l'article donne l'occasion de <font color="#000000">repenser</font> la catastrophe de Fukushima et ses cons&eacute;quences.</font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">La partie consacr&eacute;e &agrave; l'Afghanistan est saisissante. <font color="#000000">D'abord, elle balaie </font>l'id&eacute;e selon laquelle les journalistes qui s'y rendent sont toujours &laquo;&nbsp;embedded&nbsp;&raquo;, autrement dit embarqu&eacute;s par l'arm&eacute;e am&eacute;ricaine. Anne Nivat prouve qu'il n'en est rien, elle qui sillonne r&eacute;guli&egrave;rement ce pays au plus pr&egrave;s de la population. On lira aussi avec int&eacute;r&ecirc;t l'enqu&ecirc;te de Michael Hastings parue en f&eacute;vrier dernier dans <i>Rolling Stone </i>sur les <i>Psyops </i>qui montre comment des militaires de l'Oncle Sam se sont vus confier une mission ill&eacute;gale, celle de manipuler des s&eacute;nateurs du Congr&egrave;s afin d'obtenir davantage de financements (traduction&nbsp;: Laetitia Tordjman). Mais la contribution la plus &eacute;poustouflante est sans doute celle qui concerne le <i>Krach de la Kabul Bank, </i><span style="font-style: normal">un </span>&eacute;tablissement au centre de la corruption g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e (article paru en f&eacute;vrier 2011 dans le <i>New Yorker</i> et traduit par Johana Carrier).</font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Vous aurez sans doute remarqu&eacute; que de nombreux articles sont traduits de prestigieux titres anglo-saxons, ce qu'explique G&eacute;rard Berr&eacute;by. Ce dernier a sans doute raison&nbsp;: laissons le temps au temps. Les lecteurs verront bien que, &agrave; l'avenir, les productions internes se multiplieront et que d'autres journaux ou revues de la presse mondiale trouveront leur place dans <i>Feuilleton. </i>Esp&eacute;rons qu'ils seront aussi passionnants que le papier sur les biblioth&eacute;caires de Dieu sign&eacute; Daniel Mendelsohn (traduction de Damien Aubiel) et qu'il y aura d'autres <font color="#000000">signatures prestigieuses</font><font color="#0000ff"> </font><font color="#000000">comme celle de Jonathan Franzen, auteur d'une hilarante nouvelle sur un couple am&eacute;ricain.</font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Feuilleton </i>prouve &agrave; l'&eacute;vidence que le journalisme est loin d'&ecirc;tre mort, qu'il n'a rien &agrave; voir avec un simple discours communicationnel. Je suis persuad&eacute; que cette exp&eacute;rience &ndash; que j'esp&egrave;re de tout c&oelig;ur voir perdurer &ndash; peut contribuer &agrave; mettre du carburant dans une presse &agrave; bout de souffle et souvent &agrave; court d'id&eacute;es. Saluons le courage de ces &laquo;&nbsp;confr&egrave;res&nbsp;&raquo; (aimeront-ils seulement cette comparaison ?) au premier rang desquels Adrien Bosc, son fondateur, dont l'audace est de rendre possible un <i>narrative journalism </i>&agrave; la fran&ccedil;aise.</font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Et voici l'interview de G&eacute;rard Berr&eacute;by, r&eacute;dacteur en chef de <i>Feuilleton.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=8,0,0,0" width="450" height="90" id="playerFLV" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108734_itv_gerard_berreby_par_william_irigoyen_pour_blog___61472_le_poing_et_la_plume__61472_.mp3&mediaId=108734&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" /><param name="quality" value="high" /><param name="bgcolor" value="#FFFFFF" /><embed src="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108734_itv_gerard_berreby_par_william_irigoyen_pour_blog___61472_le_poing_et_la_plume__61472_.mp3&mediaId=108734&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" quality="high" bgcolor="#FFFFFF" width="450" height="90" name="playerFLV" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" /></object></font></font></p> <p>&nbsp;</p> William Novembre 2011 Bienvenue à Feuilleton, "papier imprimé", interview de son rédacteur en chef<br \><p><style type="text/css"> <!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } --> </style></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108703_feuilleton.jpg" class="photo_blog_visu" /></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Si l'on se r&eacute;f&egrave;re au <i>Petit Robert, </i>un &laquo;&nbsp;feuilleton&nbsp;&raquo; peut tout aussi bien d&eacute;signer un &laquo;&nbsp;fragment&nbsp;&raquo; qu'une &laquo;&nbsp;histoire invraisemblable, tr&egrave;s longue&nbsp;&raquo; (<i>c'est du roman-feuilleton)</i>. Acceptons cette opposition qui me semble parfaitement coller &agrave; l'esprit de ce nouveau venu dans la presse fran&ccedil;aise dont le premier num&eacute;ro (sorti en septembre) s'ouvre sur une citation de Giacomo Leopardi&nbsp;: <i>&laquo;&nbsp;Aujourd'hui que le pouvoir est aux mains de quelques-uns, on assiste aux &eacute;v&eacute;nements, mais on en ignore les raisons, et le monde ressemble &agrave; ces machines actionn&eacute;es par quelque m&eacute;canisme occulte ou &agrave; ces statues qu'anime un comparse dissimul&eacute; dans leurs flancs. Le monde humain est devenu semblable au monde naturel&nbsp;: il faut &eacute;tudier les &eacute;v&eacute;nements comme on &eacute;tudie les ph&eacute;nom&egrave;nes et en imaginer les forces motrices en t&acirc;tonnant, comme le font les physiciens.&nbsp;&raquo;</i> </font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Feuilleton </i>est, pour reprendre les mots de son r&eacute;dacteur en chef, G&eacute;rard Berr&eacute;by (<font color="#000000">&agrave; &eacute;couter l'interview</font>), du &laquo;&nbsp;papier imprim&eacute;&nbsp;&raquo; qui observe le monde. Certains, mal intentionn&eacute;s, rangeront ce titre dans la cat&eacute;gorie des mooks (m&eacute;lange de magazine et de books) dans laquelle on trouve par exemple <i>XXI</i> ou encore <span lang="fr-FR"><i>Muze</i></span>. Leur point commun&nbsp;: para&icirc;tre tous les trois mois et offrir au lectorat le temps de la r&eacute;flexion. Les premi&egrave;res pages de <i>Feuilleton</i> nous plongent ainsi dans la prose de Michael Lewis qui envisageait, d&egrave;s 1989, les cons&eacute;quences &eacute;conomiques d'un s&eacute;isme de forte magnitude &agrave; Tokyo. Paru dans <i>Manhattan, Inc Magazine </i>et traduit ici par Hel&egrave;ne Frappat <font color="#000000">(je reparlerai prochainement de son dernier roman)</font>, l'article donne l'occasion de <font color="#000000">repenser</font> la catastrophe de Fukushima et ses cons&eacute;quences.</font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">La partie consacr&eacute;e &agrave; l'Afghanistan est saisissante. <font color="#000000">D'abord, elle balaie </font>l'id&eacute;e selon laquelle les journalistes qui s'y rendent sont toujours &laquo;&nbsp;embedded&nbsp;&raquo;, autrement dit embarqu&eacute;s par l'arm&eacute;e am&eacute;ricaine. Anne Nivat prouve qu'il n'en est rien, elle qui sillonne r&eacute;guli&egrave;rement ce pays au plus pr&egrave;s de la population. On lira aussi avec int&eacute;r&ecirc;t l'enqu&ecirc;te de Michael Hastings parue en f&eacute;vrier dernier dans <i>Rolling Stone </i>sur les <i>Psyops </i>qui montre comment des militaires de l'Oncle Sam se sont vus confier une mission ill&eacute;gale, celle de manipuler des s&eacute;nateurs du Congr&egrave;s afin d'obtenir davantage de financements (traduction&nbsp;: Laetitia Tordjman). Mais la contribution la plus &eacute;poustouflante est sans doute celle qui concerne le <i>Krach de la Kabul Bank, </i><span style="font-style: normal">un </span>&eacute;tablissement au centre de la corruption g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e (article paru en f&eacute;vrier 2011 dans le <i>New Yorker</i> et traduit par Johana Carrier).</font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Vous aurez sans doute remarqu&eacute; que de nombreux articles sont traduits de prestigieux titres anglo-saxons, ce qu'explique G&eacute;rard Berr&eacute;by. Ce dernier a sans doute raison&nbsp;: laissons le temps au temps. Les lecteurs verront bien que, &agrave; l'avenir, les productions internes se multiplieront et que d'autres journaux ou revues de la presse mondiale trouveront leur place dans <i>Feuilleton. </i>Esp&eacute;rons qu'ils seront aussi passionnants que le papier sur les biblioth&eacute;caires de Dieu sign&eacute; Daniel Mendelsohn (traduction de Damien Aubiel) et qu'il y aura d'autres <font color="#000000">signatures prestigieuses</font><font color="#0000ff"> </font><font color="#000000">comme celle de Jonathan Franzen, auteur d'une hilarante nouvelle sur un couple am&eacute;ricain.</font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Feuilleton </i>prouve &agrave; l'&eacute;vidence que le journalisme est loin d'&ecirc;tre mort, qu'il n'a rien &agrave; voir avec un simple discours communicationnel. Je suis persuad&eacute; que cette exp&eacute;rience &ndash; que j'esp&egrave;re de tout c&oelig;ur voir perdurer &ndash; peut contribuer &agrave; mettre du carburant dans une presse &agrave; bout de souffle et souvent &agrave; court d'id&eacute;es. Saluons le courage de ces &laquo;&nbsp;confr&egrave;res&nbsp;&raquo; (aimeront-ils seulement cette comparaison ?) au premier rang desquels Adrien Bosc, son fondateur, dont l'audace est de rendre possible un <i>narrative journalism </i>&agrave; la fran&ccedil;aise.</font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Et voici l'interview de G&eacute;rard Berr&eacute;by, r&eacute;dacteur en chef de <i>Feuilleton.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=8,0,0,0" width="450" height="90" id="playerFLV" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108734_itv_gerard_berreby_par_william_irigoyen_pour_blog___61472_le_poing_et_la_plume__61472_.mp3&mediaId=108734&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" /><param name="quality" value="high" /><param name="bgcolor" value="#FFFFFF" /><embed src="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108734_itv_gerard_berreby_par_william_irigoyen_pour_blog___61472_le_poing_et_la_plume__61472_.mp3&mediaId=108734&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" quality="high" bgcolor="#FFFFFF" width="450" height="90" name="playerFLV" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" /></object></font></font></p> <p>&nbsp;</p> no William Irigoyen Christian Oster, Rouler, L'Olivier http://blogs.arte.tv/Le_poing_et_la_plume/frontUser.do?method=getPost&postId=108917&blogName=Le_poing_et_la_plume Fri, 25 Nov 2011 10:20:49 +0100 Christian Oster, Rouler, L'Olivier<br \><p style="text-align: justify; page-break-before: always; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108175_christian_oster.jpg" class="photo_blog_visu" /><o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt">Si vous connaissez bien l'&oelig;uvre de Christian Oster vous serez surpris de voir son nom associ&eacute; aux &eacute;ditions de l'Olivier. Ne vous m&eacute;prenez pas&nbsp;: je ne cherche nullement &agrave; cantonner l'&eacute;crivain chez Minuit mais il se trouve que la maison fond&eacute;e par J&eacute;r&ocirc;me Lindon a publi&eacute; quatorze &ndash; si j'ai bien compt&eacute; - de ses romans dont <i>Mon grand appartement, </i>prix Goncourt 1999.<span style="mso-spacerun: yes">&nbsp; </span><o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><b><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></b></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt">Dans ce nouvel opus d&eacute;di&eacute; &agrave; V&eacute;ronique B. - les connaisseurs reconna&icirc;tront ais&eacute;ment son identit&eacute; &ndash; le lecteur fait un bon bout de chemin en voiture avec Jean, le narrateur. L'itin&eacute;raire d&eacute;bute dans la &laquo;&nbsp;rieuse&nbsp;&raquo; localit&eacute; de Riom, sise dans le d&eacute;partement du Puy-de-D&ocirc;me dont elle est d'ailleurs la deuxi&egrave;me ville, juste derri&egrave;re Clermont-Ferrand. Direction Brassac-les-Mines, toujours en Auvergne.<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><b><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></b></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Bien s&ucirc;r, moi, je n&rsquo;&eacute;tais jamais all&eacute; &agrave; Brassac-les-Mines, depuis que Simon s&rsquo;y &eacute;tait install&eacute;, ni avant, je ne connaissais d&rsquo;ailleurs personne qui conn&ucirc;t Brassac-les-Mines &agrave; part Simon.<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">On comprend que le trajet sera tout sauf une promenade bucolique, anodine. Jean comme Simon sont des &ecirc;tres emp&ecirc;ch&eacute;s. Il y a d'embl&eacute;e dans ce roman l'affirmation d'une impossibilit&eacute;. Chez Christian Oster cela n'est &eacute;videmment pas dit de fa&ccedil;on aussi claire. L'entrave n'est pas &eacute;vidente, elle se d&eacute;voile doucement avec tact.<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Simon en r&eacute;alit&eacute; e&ucirc;t habit&eacute; n&rsquo;importe o&ugrave; ailleurs qu&rsquo;il m&rsquo;e&ucirc;t parl&eacute; de sa biblioth&egrave;que, de son probl&egrave;me de biblioth&egrave;que, car il avait un probl&egrave;me, un probl&egrave;me de classement, doubl&eacute; d&rsquo;un probl&egrave;me d&rsquo;insertion. Je l&rsquo;&eacute;coutais avec indulgence parce qu&rsquo;ayant le m&ecirc;me probl&egrave;me je m&rsquo;en fichais un peu, je ne lisais plus tellement, je peinais depuis six mois sur une histoire des &Eacute;tats-Unis.<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt">Au point mort dans sa vie, Jean tente tout de m&ecirc;me d'avancer mais le foss&eacute; ne cesse de se creuser entre lui et le monde ext&eacute;rieur. La voiture, moyen de transport individuel par excellence, est &agrave; la fois un lieu de confinement mental mais elle est aussi l'interm&eacute;diaire entre la vie qui d&eacute;file<span style="mso-spacerun: yes">&nbsp; </span>kilom&egrave;tre apr&egrave;s kilom&egrave;tre et le conducteur. Le v&eacute;hicule fait &eacute;cran.<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">M&ecirc;me par rapport au paysage, je gardais mes distances. Ou, plut&ocirc;t, il y avait, entre lui et moi, une distance que je savais ne pas devoir franchir. Il &eacute;tait l&agrave;, donc, je le mesurais du regard.<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">A chaque &eacute;tape interm&eacute;diaire, correspond un &eacute;v&eacute;nement, une r&eacute;f&eacute;rence &agrave; l'existence pass&eacute;e ou pr&eacute;sente de Jean. Ce dernier a d&eacute;j&agrave; pass&eacute; Volvic quand il &eacute;voque son fils Marc. Murol et Bl&egrave;ge sont derri&egrave;re lui quand il rencontre un homme emp&ecirc;ch&eacute;, comme lui&nbsp;:<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Je viens d&rsquo;apprendre que je suis recal&eacute; au bac. (Il a fait un geste de la main.)<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Christian Oster n'est sans doute pas le premier &agrave; avoir choisi la route pour en faire une image de l'existence. Mais il file cette m&eacute;taphore avec beaucoup de l&eacute;g&egrave;ret&eacute;. Ainsi, apr&egrave;s la Bourboule&nbsp;:<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Je passais sous des tunnels, longeais des vides dont je ne voyais pas le fond.<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Plus tard viendront Bort-les-Orgues, Puy de Sancy, Champs-sur-Tarentaine-Marchal...<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Ils avaient r&eacute;ussi &agrave; faire tenir le nom sur le panneau.<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">&hellip; puis Allanche. Saint-Flour, ou encore Alagnon.<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">En r&eacute;alit&eacute;, je crois que je commen&ccedil;ais &agrave; me poser des questions, &agrave; perdre confiance, parce que je me souvenais que j&rsquo;avais eu confiance en quelque chose, en partant. En tout cas, j&rsquo;ai d&eacute;cid&eacute; de passer par Chaudes-Aigues puis d&rsquo;obliquer sur Fournels, avant de traverser l&rsquo;A75 pour des- cendre vers Mende.<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Si la vie d&eacute;file sous ses yeux, elle se rappelle aussi &agrave; ses oreilles. Jean re&ccedil;oit sur son t&eacute;l&eacute;phone portable des appels de la conseill&egrave;re &agrave; la banque. Or quand on y r&eacute;fl&eacute;chit bien, rouler c'est pr&eacute;cis&eacute;ment ne pas subir d'entraves &ndash; allez, roule&nbsp;! -. L'immobilisme n&eacute; d'une avanc&eacute;e g&eacute;ographique combin&eacute; &agrave; un incessant retour au pass&eacute; nourrit l'immobilisme du narrateur&nbsp;:<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Il suffisait de refuser poliment. Au lieu de quoi j&rsquo;ai montr&eacute; mon h&eacute;sitation, dans laquelle l&rsquo;homme s&rsquo;est engouffr&eacute;. <o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Plus loin&nbsp;:<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">J'ai quitt&eacute; Fournels dans un &eacute;tat m&ecirc;l&eacute; o&ugrave; je me sentais &agrave; la fois fragile et d&eacute;termin&eacute;. (&hellip;) j&rsquo;ai fini par comprendre que ce n&rsquo;&eacute;tait pas devant soi qu&rsquo;il fallait regarder, mais sur les c&ocirc;t&eacute;s, et &agrave; petite vitesse bien s&ucirc;r.<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Il arrive aussi que Jean s'arr&ecirc;te en chemin non pas dans sa r&eacute;flexion mais sur la route. Un moment, il d&eacute;couvre une ruine et, plus loin, des habitations. C'est alors qu'il fait la connaissance d'un couple, dont vous ne serez pas surpris que la femme, Claire, soit aussi, &agrave; sa fa&ccedil;on, un &ecirc;tre emp&ecirc;ch&eacute;.<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Claire se taisait avec d&eacute;cision tandis que j&rsquo;&eacute;tais sans cesse sur le point de dire quelque chose que je rejetais parce que &ccedil;a me semblait inadapt&eacute; &agrave; la situation.<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">je ne vais pas rentrer, a-t-elle repris en continuant de fixer la route, (...) j&rsquo;aimerais que vous m&rsquo;emmeniez quelque part. O&ugrave; &ccedil;a ? ai-je dit. O&ugrave; vous voudrez, a-t-elle dit.<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Je ne l&rsquo;ai pas regard&eacute;e, j&rsquo;ai dit &eacute;coutez, vous n&rsquo;avez qu&rsquo;&agrave; choisir un village sur cette carte, sinon je ne vois pas. Alors, le premier, a-t-elle dit, et elle m&rsquo;a montr&eacute; Saint-Ch&eacute;ly-d&rsquo;Apcher. D&rsquo;accord, ai-je dit. Allons-y.<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">En point d'orgue de ce court dialogue une interrogation illustre bien les difficult&eacute;s rencontr&eacute;es par Jean d'avancer, physiquement et bien s&ucirc;r mentalement.<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Est-ce que je peux quand m&ecirc;me d&eacute;brayer ?<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">La rencontre avec Claire est passionnante en tant qu'elle illustre aussi la difficult&eacute; du rapport. Il me semble que ce dernier terme peut, l&agrave; encore, avoir plusieurs sens&nbsp;: rapport au sens de relation ou bien le rapport de transmission d'une bo&icirc;te de vitesse. La preuve&nbsp;:<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Au bout d&rsquo;un moment &ndash; une heure, quand m&ecirc;me &ndash;, j&rsquo;ai d&eacute;cid&eacute; que je n&rsquo;&eacute;tais pas oblig&eacute; de l&rsquo;attendre. Je suis retourn&eacute; &agrave; la voiture. Elle ne m&rsquo;attendait pas devant. Je me suis mis au volant avec ma cheville et j&rsquo;ai d&eacute;marr&eacute;.<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt; text-autospace: ideograph-numeric" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Je me suis senti libre. Sauf en ce qui concernait son caddie, que j&rsquo;&eacute;tais en train d&rsquo;emporter. Je me suis dit que j&rsquo;aurais d&ucirc; le lui laisser pr&egrave;s du banc, mais, m&ecirc;me s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas grand-chose dedans, j&rsquo;ai craint qu&rsquo;on ne le lui vole. J&rsquo;ai continu&eacute; &agrave; rouler avec son caddie dans le coffre. &Agrave; la sortie de la ville, j&rsquo;ai eu des remords. J&rsquo;ai fait demi-tour et je suis revenu dans le quartier o&ugrave; je m&rsquo;&eacute;tais gar&eacute;. J&rsquo;ai retrouv&eacute; le banc. Elle y &eacute;tait assise. Elle avait l&rsquo;air tendue. Je lui ai dit qu&rsquo;est-ce que vous avez fichu ? Vous avez d&eacute;jeun&eacute; ?<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt; text-autospace: ideograph-numeric" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt; text-autospace: ideograph-numeric" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">A Arles, magnifique commune des Bouches-du-Rh&ocirc;ne qui a inspir&eacute; &agrave; Alphonse Daudet un personnage que l'on attend et qui ne vient jamais &ndash; l'Arl&eacute;sienne -, Jean croise le chemin d'un homme qu'il connut autrefois&nbsp;:<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt; text-autospace: ideograph-numeric" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt; text-autospace: ideograph-numeric" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">quelqu&rsquo;un que je retrouvais apr&egrave;s quarante ans, &ccedil;a me paraissait m&ecirc;me invraisemblable. Pourtant j&rsquo;avais, j&rsquo;&eacute;tais bien oblig&eacute; de l&rsquo;admettre, toutes les raisons de lui en vouloir, il effa&ccedil;ait la ville, les gens, il resurgissait de fa&ccedil;on obsc&egrave;ne, avec tout ce pass&eacute; sur la figure. Or je voulais &ecirc;tre seul, avec du temps devant moi et le moins possible derri&egrave;re. J&rsquo;ai quand m&ecirc;me r&eacute;pondu eh oui, comme tu dis, un peu g&ecirc;n&eacute; par mon tutoiement, tout en continuant de chercher son nom. Il s&rsquo;en est aper&ccedil;u. Malebranche, a-t-il dit, Fred Malebranche.<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Le lecteur ne comprendra que tr&egrave;s tardivement la raison pour laquelle le narrateur a pris la route. Celui-ci s'arr&ecirc;te un moment dans ce qui ressemble &agrave; une maison d'h&ocirc;tes. Parmi les &laquo;&nbsp;pensionnaires&nbsp;&raquo; pourrait-on dire, il y a un certain Andr&eacute; S&eacute;gustat qui pourrait &ecirc;tre un Jean immobile.<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">il m&rsquo;a r&eacute;pondu qu&rsquo;il venait depuis dix ans, chaque ann&eacute;e, en juillet, parce qu&rsquo;il s&rsquo;&eacute;tait habitu&eacute; et qu&rsquo;il avait appris &agrave; se d&eacute;brouiller tant dans la maison que dans le parc, maintenant, o&ugrave; il avait ses rep&egrave;res. J&rsquo;ai fugitivement pens&eacute; &agrave; la clairi&egrave;re. Quels rep&egrave;res ? ai-je demand&eacute; franchement. Je me tiens le plus souvent sous la charmille, a-t-il dit. Elle est moche mais je m&rsquo;y sens bien. Et je marche dans l&rsquo;all&eacute;e de gauche jusqu&rsquo;au mur et retour. Parfois, je vais dans les vignes, apr&egrave;s Mouri&egrave;s. Ou encore je prends ma voiture et je roule. Et vous ?<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Tout semble opposer les deux hommes et pourtant, tr&egrave;s rapidement, un dialogue s'instaure entre eux, comme si chacun comprenait mieux que quiconque le fonctionnement de l'autre, sa philosophie.<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">S&eacute;gustat a hoch&eacute; la t&ecirc;te. Et alors vous roulez, a-t-il fini par dire. Plus maintenant, ai-je dit. Maintenant, c&rsquo;est diff&eacute;rent. Je ne sais pas quoi faire quand j&rsquo;arriverai sur la c&ocirc;te. Prenez un bateau, m&rsquo;a dit S&eacute;gustat.<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Le Jean &laquo;&nbsp;fuyant&nbsp;&raquo; va &eacute;voluer. Il s'agit moins d'une m&eacute;tamorphose que d'une &eacute;volution. On sent bien que le narrateur va d&eacute;sormais ralentir le mouvement jusqu'&agrave; couper un moment son moteur. Les &ecirc;tres qu'il voyait furtivement au volant de sa voiture apparaissent alors dans leur enti&egrave;ret&eacute;, dans leur (im)mobilit&eacute;.<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Besoin de personne, sans doute, mais de gens qui soient l&agrave;, circulent, habitent le monde.<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Plus loin&nbsp;:<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">On a continu&eacute; d&rsquo;avancer lentement, et de nouveau j&rsquo;ai pens&eacute; &agrave; la vieillesse et au fait qu&rsquo;avec l&rsquo;&acirc;ge cependant que la mort se rapproche toute chose s&rsquo;allonge, chaque pas, comme s&rsquo;il en restait plein, du temps, et je me suis dit que je composais l&acirc;chement avec la lenteur.<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">En cent-soixante-seize pages Christian Oster questionne, avec une aisance d&eacute;concertante la fuite de soi, que l'on trouvait d'ailleurs <i>Dans la cath&eacute;drale </i>dont est extraite cette citation qui continue de me hanter&nbsp;: <i>C'&eacute;tait un flottement, donc, qui sans &ecirc;tre absolument inconfortable me donnait comme le regret d'un poids que je n'arrivais pas &agrave; prendre, ou de contours dont j'&eacute;chouais &agrave; me cerner. <o:p></o:p></i></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Cerner, c'est d&eacute;limiter. <o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Il faut sans doute atteindre cette extr&eacute;mit&eacute; pour revenir &agrave; soi.<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Et voici l'interview de Christian Oster.<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=8,0,0,0" width="450" height="90" id="playerFLV" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108073_itv_christian_oster_par_william_irigoyen_pour_le_poing_et_la_plume__sortie_du_livre_le_18_aout_2011.mp3&mediaId=108073&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" /><param name="quality" value="high" /><param name="bgcolor" value="#FFFFFF" /><embed src="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108073_itv_christian_oster_par_william_irigoyen_pour_le_poing_et_la_plume__sortie_du_livre_le_18_aout_2011.mp3&mediaId=108073&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" quality="high" bgcolor="#FFFFFF" width="450" height="90" name="playerFLV" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" /></object></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt;" class="MsoNormal">&nbsp;</p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt;" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt;">Christian Oster est aussi sur Interlignes, <a target="_blank" href="http://interlignes.curiosphere.tv/">ici</a>.</span></p> William Novembre 2011 Christian Oster, Rouler, L'Olivier<br \><p style="text-align: justify; page-break-before: always; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108175_christian_oster.jpg" class="photo_blog_visu" /><o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt">Si vous connaissez bien l'&oelig;uvre de Christian Oster vous serez surpris de voir son nom associ&eacute; aux &eacute;ditions de l'Olivier. Ne vous m&eacute;prenez pas&nbsp;: je ne cherche nullement &agrave; cantonner l'&eacute;crivain chez Minuit mais il se trouve que la maison fond&eacute;e par J&eacute;r&ocirc;me Lindon a publi&eacute; quatorze &ndash; si j'ai bien compt&eacute; - de ses romans dont <i>Mon grand appartement, </i>prix Goncourt 1999.<span style="mso-spacerun: yes">&nbsp; </span><o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><b><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></b></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt">Dans ce nouvel opus d&eacute;di&eacute; &agrave; V&eacute;ronique B. - les connaisseurs reconna&icirc;tront ais&eacute;ment son identit&eacute; &ndash; le lecteur fait un bon bout de chemin en voiture avec Jean, le narrateur. L'itin&eacute;raire d&eacute;bute dans la &laquo;&nbsp;rieuse&nbsp;&raquo; localit&eacute; de Riom, sise dans le d&eacute;partement du Puy-de-D&ocirc;me dont elle est d'ailleurs la deuxi&egrave;me ville, juste derri&egrave;re Clermont-Ferrand. Direction Brassac-les-Mines, toujours en Auvergne.<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><b><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></b></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Bien s&ucirc;r, moi, je n&rsquo;&eacute;tais jamais all&eacute; &agrave; Brassac-les-Mines, depuis que Simon s&rsquo;y &eacute;tait install&eacute;, ni avant, je ne connaissais d&rsquo;ailleurs personne qui conn&ucirc;t Brassac-les-Mines &agrave; part Simon.<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">On comprend que le trajet sera tout sauf une promenade bucolique, anodine. Jean comme Simon sont des &ecirc;tres emp&ecirc;ch&eacute;s. Il y a d'embl&eacute;e dans ce roman l'affirmation d'une impossibilit&eacute;. Chez Christian Oster cela n'est &eacute;videmment pas dit de fa&ccedil;on aussi claire. L'entrave n'est pas &eacute;vidente, elle se d&eacute;voile doucement avec tact.<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Simon en r&eacute;alit&eacute; e&ucirc;t habit&eacute; n&rsquo;importe o&ugrave; ailleurs qu&rsquo;il m&rsquo;e&ucirc;t parl&eacute; de sa biblioth&egrave;que, de son probl&egrave;me de biblioth&egrave;que, car il avait un probl&egrave;me, un probl&egrave;me de classement, doubl&eacute; d&rsquo;un probl&egrave;me d&rsquo;insertion. Je l&rsquo;&eacute;coutais avec indulgence parce qu&rsquo;ayant le m&ecirc;me probl&egrave;me je m&rsquo;en fichais un peu, je ne lisais plus tellement, je peinais depuis six mois sur une histoire des &Eacute;tats-Unis.<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt">Au point mort dans sa vie, Jean tente tout de m&ecirc;me d'avancer mais le foss&eacute; ne cesse de se creuser entre lui et le monde ext&eacute;rieur. La voiture, moyen de transport individuel par excellence, est &agrave; la fois un lieu de confinement mental mais elle est aussi l'interm&eacute;diaire entre la vie qui d&eacute;file<span style="mso-spacerun: yes">&nbsp; </span>kilom&egrave;tre apr&egrave;s kilom&egrave;tre et le conducteur. Le v&eacute;hicule fait &eacute;cran.<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">M&ecirc;me par rapport au paysage, je gardais mes distances. Ou, plut&ocirc;t, il y avait, entre lui et moi, une distance que je savais ne pas devoir franchir. Il &eacute;tait l&agrave;, donc, je le mesurais du regard.<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">A chaque &eacute;tape interm&eacute;diaire, correspond un &eacute;v&eacute;nement, une r&eacute;f&eacute;rence &agrave; l'existence pass&eacute;e ou pr&eacute;sente de Jean. Ce dernier a d&eacute;j&agrave; pass&eacute; Volvic quand il &eacute;voque son fils Marc. Murol et Bl&egrave;ge sont derri&egrave;re lui quand il rencontre un homme emp&ecirc;ch&eacute;, comme lui&nbsp;:<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Je viens d&rsquo;apprendre que je suis recal&eacute; au bac. (Il a fait un geste de la main.)<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Christian Oster n'est sans doute pas le premier &agrave; avoir choisi la route pour en faire une image de l'existence. Mais il file cette m&eacute;taphore avec beaucoup de l&eacute;g&egrave;ret&eacute;. Ainsi, apr&egrave;s la Bourboule&nbsp;:<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Je passais sous des tunnels, longeais des vides dont je ne voyais pas le fond.<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Plus tard viendront Bort-les-Orgues, Puy de Sancy, Champs-sur-Tarentaine-Marchal...<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Ils avaient r&eacute;ussi &agrave; faire tenir le nom sur le panneau.<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">&hellip; puis Allanche. Saint-Flour, ou encore Alagnon.<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">En r&eacute;alit&eacute;, je crois que je commen&ccedil;ais &agrave; me poser des questions, &agrave; perdre confiance, parce que je me souvenais que j&rsquo;avais eu confiance en quelque chose, en partant. En tout cas, j&rsquo;ai d&eacute;cid&eacute; de passer par Chaudes-Aigues puis d&rsquo;obliquer sur Fournels, avant de traverser l&rsquo;A75 pour des- cendre vers Mende.<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Si la vie d&eacute;file sous ses yeux, elle se rappelle aussi &agrave; ses oreilles. Jean re&ccedil;oit sur son t&eacute;l&eacute;phone portable des appels de la conseill&egrave;re &agrave; la banque. Or quand on y r&eacute;fl&eacute;chit bien, rouler c'est pr&eacute;cis&eacute;ment ne pas subir d'entraves &ndash; allez, roule&nbsp;! -. L'immobilisme n&eacute; d'une avanc&eacute;e g&eacute;ographique combin&eacute; &agrave; un incessant retour au pass&eacute; nourrit l'immobilisme du narrateur&nbsp;:<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Il suffisait de refuser poliment. Au lieu de quoi j&rsquo;ai montr&eacute; mon h&eacute;sitation, dans laquelle l&rsquo;homme s&rsquo;est engouffr&eacute;. <o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Plus loin&nbsp;:<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">J'ai quitt&eacute; Fournels dans un &eacute;tat m&ecirc;l&eacute; o&ugrave; je me sentais &agrave; la fois fragile et d&eacute;termin&eacute;. (&hellip;) j&rsquo;ai fini par comprendre que ce n&rsquo;&eacute;tait pas devant soi qu&rsquo;il fallait regarder, mais sur les c&ocirc;t&eacute;s, et &agrave; petite vitesse bien s&ucirc;r.<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Il arrive aussi que Jean s'arr&ecirc;te en chemin non pas dans sa r&eacute;flexion mais sur la route. Un moment, il d&eacute;couvre une ruine et, plus loin, des habitations. C'est alors qu'il fait la connaissance d'un couple, dont vous ne serez pas surpris que la femme, Claire, soit aussi, &agrave; sa fa&ccedil;on, un &ecirc;tre emp&ecirc;ch&eacute;.<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Claire se taisait avec d&eacute;cision tandis que j&rsquo;&eacute;tais sans cesse sur le point de dire quelque chose que je rejetais parce que &ccedil;a me semblait inadapt&eacute; &agrave; la situation.<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">je ne vais pas rentrer, a-t-elle repris en continuant de fixer la route, (...) j&rsquo;aimerais que vous m&rsquo;emmeniez quelque part. O&ugrave; &ccedil;a ? ai-je dit. O&ugrave; vous voudrez, a-t-elle dit.<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Je ne l&rsquo;ai pas regard&eacute;e, j&rsquo;ai dit &eacute;coutez, vous n&rsquo;avez qu&rsquo;&agrave; choisir un village sur cette carte, sinon je ne vois pas. Alors, le premier, a-t-elle dit, et elle m&rsquo;a montr&eacute; Saint-Ch&eacute;ly-d&rsquo;Apcher. D&rsquo;accord, ai-je dit. Allons-y.<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">En point d'orgue de ce court dialogue une interrogation illustre bien les difficult&eacute;s rencontr&eacute;es par Jean d'avancer, physiquement et bien s&ucirc;r mentalement.<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Est-ce que je peux quand m&ecirc;me d&eacute;brayer ?<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">La rencontre avec Claire est passionnante en tant qu'elle illustre aussi la difficult&eacute; du rapport. Il me semble que ce dernier terme peut, l&agrave; encore, avoir plusieurs sens&nbsp;: rapport au sens de relation ou bien le rapport de transmission d'une bo&icirc;te de vitesse. La preuve&nbsp;:<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Au bout d&rsquo;un moment &ndash; une heure, quand m&ecirc;me &ndash;, j&rsquo;ai d&eacute;cid&eacute; que je n&rsquo;&eacute;tais pas oblig&eacute; de l&rsquo;attendre. Je suis retourn&eacute; &agrave; la voiture. Elle ne m&rsquo;attendait pas devant. Je me suis mis au volant avec ma cheville et j&rsquo;ai d&eacute;marr&eacute;.<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt; text-autospace: ideograph-numeric" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Je me suis senti libre. Sauf en ce qui concernait son caddie, que j&rsquo;&eacute;tais en train d&rsquo;emporter. Je me suis dit que j&rsquo;aurais d&ucirc; le lui laisser pr&egrave;s du banc, mais, m&ecirc;me s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas grand-chose dedans, j&rsquo;ai craint qu&rsquo;on ne le lui vole. J&rsquo;ai continu&eacute; &agrave; rouler avec son caddie dans le coffre. &Agrave; la sortie de la ville, j&rsquo;ai eu des remords. J&rsquo;ai fait demi-tour et je suis revenu dans le quartier o&ugrave; je m&rsquo;&eacute;tais gar&eacute;. J&rsquo;ai retrouv&eacute; le banc. Elle y &eacute;tait assise. Elle avait l&rsquo;air tendue. Je lui ai dit qu&rsquo;est-ce que vous avez fichu ? Vous avez d&eacute;jeun&eacute; ?<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt; text-autospace: ideograph-numeric" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt; text-autospace: ideograph-numeric" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">A Arles, magnifique commune des Bouches-du-Rh&ocirc;ne qui a inspir&eacute; &agrave; Alphonse Daudet un personnage que l'on attend et qui ne vient jamais &ndash; l'Arl&eacute;sienne -, Jean croise le chemin d'un homme qu'il connut autrefois&nbsp;:<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt; text-autospace: ideograph-numeric" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt; text-autospace: ideograph-numeric" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">quelqu&rsquo;un que je retrouvais apr&egrave;s quarante ans, &ccedil;a me paraissait m&ecirc;me invraisemblable. Pourtant j&rsquo;avais, j&rsquo;&eacute;tais bien oblig&eacute; de l&rsquo;admettre, toutes les raisons de lui en vouloir, il effa&ccedil;ait la ville, les gens, il resurgissait de fa&ccedil;on obsc&egrave;ne, avec tout ce pass&eacute; sur la figure. Or je voulais &ecirc;tre seul, avec du temps devant moi et le moins possible derri&egrave;re. J&rsquo;ai quand m&ecirc;me r&eacute;pondu eh oui, comme tu dis, un peu g&ecirc;n&eacute; par mon tutoiement, tout en continuant de chercher son nom. Il s&rsquo;en est aper&ccedil;u. Malebranche, a-t-il dit, Fred Malebranche.<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Le lecteur ne comprendra que tr&egrave;s tardivement la raison pour laquelle le narrateur a pris la route. Celui-ci s'arr&ecirc;te un moment dans ce qui ressemble &agrave; une maison d'h&ocirc;tes. Parmi les &laquo;&nbsp;pensionnaires&nbsp;&raquo; pourrait-on dire, il y a un certain Andr&eacute; S&eacute;gustat qui pourrait &ecirc;tre un Jean immobile.<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">il m&rsquo;a r&eacute;pondu qu&rsquo;il venait depuis dix ans, chaque ann&eacute;e, en juillet, parce qu&rsquo;il s&rsquo;&eacute;tait habitu&eacute; et qu&rsquo;il avait appris &agrave; se d&eacute;brouiller tant dans la maison que dans le parc, maintenant, o&ugrave; il avait ses rep&egrave;res. J&rsquo;ai fugitivement pens&eacute; &agrave; la clairi&egrave;re. Quels rep&egrave;res ? ai-je demand&eacute; franchement. Je me tiens le plus souvent sous la charmille, a-t-il dit. Elle est moche mais je m&rsquo;y sens bien. Et je marche dans l&rsquo;all&eacute;e de gauche jusqu&rsquo;au mur et retour. Parfois, je vais dans les vignes, apr&egrave;s Mouri&egrave;s. Ou encore je prends ma voiture et je roule. Et vous ?<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Tout semble opposer les deux hommes et pourtant, tr&egrave;s rapidement, un dialogue s'instaure entre eux, comme si chacun comprenait mieux que quiconque le fonctionnement de l'autre, sa philosophie.<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; font-size: 8pt"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">S&eacute;gustat a hoch&eacute; la t&ecirc;te. Et alors vous roulez, a-t-il fini par dire. Plus maintenant, ai-je dit. Maintenant, c&rsquo;est diff&eacute;rent. Je ne sais pas quoi faire quand j&rsquo;arriverai sur la c&ocirc;te. Prenez un bateau, m&rsquo;a dit S&eacute;gustat.<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Le Jean &laquo;&nbsp;fuyant&nbsp;&raquo; va &eacute;voluer. Il s'agit moins d'une m&eacute;tamorphose que d'une &eacute;volution. On sent bien que le narrateur va d&eacute;sormais ralentir le mouvement jusqu'&agrave; couper un moment son moteur. Les &ecirc;tres qu'il voyait furtivement au volant de sa voiture apparaissent alors dans leur enti&egrave;ret&eacute;, dans leur (im)mobilit&eacute;.<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Besoin de personne, sans doute, mais de gens qui soient l&agrave;, circulent, habitent le monde.<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Plus loin&nbsp;:<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">On a continu&eacute; d&rsquo;avancer lentement, et de nouveau j&rsquo;ai pens&eacute; &agrave; la vieillesse et au fait qu&rsquo;avec l&rsquo;&acirc;ge cependant que la mort se rapproche toute chose s&rsquo;allonge, chaque pas, comme s&rsquo;il en restait plein, du temps, et je me suis dit que je composais l&acirc;chement avec la lenteur.<o:p></o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">En cent-soixante-seize pages Christian Oster questionne, avec une aisance d&eacute;concertante la fuite de soi, que l'on trouvait d'ailleurs <i>Dans la cath&eacute;drale </i>dont est extraite cette citation qui continue de me hanter&nbsp;: <i>C'&eacute;tait un flottement, donc, qui sans &ecirc;tre absolument inconfortable me donnait comme le regret d'un poids que je n'arrivais pas &agrave; prendre, ou de contours dont j'&eacute;chouais &agrave; me cerner. <o:p></o:p></i></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><i><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></i></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Cerner, c'est d&eacute;limiter. <o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Il faut sans doute atteindre cette extr&eacute;mit&eacute; pour revenir &agrave; soi.<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman">Et voici l'interview de Christian Oster.<o:p></o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><o:p>&nbsp;</o:p></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt; mso-fareast-font-family: Times-Roman"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=8,0,0,0" width="450" height="90" id="playerFLV" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108073_itv_christian_oster_par_william_irigoyen_pour_le_poing_et_la_plume__sortie_du_livre_le_18_aout_2011.mp3&mediaId=108073&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" /><param name="quality" value="high" /><param name="bgcolor" value="#FFFFFF" /><embed src="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108073_itv_christian_oster_par_william_irigoyen_pour_le_poing_et_la_plume__sortie_du_livre_le_18_aout_2011.mp3&mediaId=108073&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" quality="high" bgcolor="#FFFFFF" width="450" height="90" name="playerFLV" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" /></object></span></p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt;" class="MsoNormal">&nbsp;</p> <p style="text-align: justify; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt;" class="MsoNormal"><span style="line-height: 150%; font-family: Tahoma; color: black; font-size: 8pt;">Christian Oster est aussi sur Interlignes, <a target="_blank" href="http://interlignes.curiosphere.tv/">ici</a>.</span></p> no William Irigoyen Dossier Adolf Hitler dans Historia http://blogs.arte.tv/Le_poing_et_la_plume/frontUser.do?method=getPost&postId=108879&blogName=Le_poing_et_la_plume Thu, 17 Nov 2011 06:50:24 +0100 Dossier Adolf Hitler dans Historia<br \><p><style type="text/css"> <!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } --> </style> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108599_hitler3.jpg" class="photo_blog_visu" /></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">D'ordinaire, j'accorde peu de cr&eacute;dit aux &eacute;ditoriaux sign&eacute;s du directeur / de la directrice de la r&eacute;daction d'un magazine. Trop souvent en effet, les propos ne visent pas &agrave; informer mais &agrave; communiquer un message : &laquo;&nbsp;vous allez voir combien ce num&eacute;ro est formidable&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;jamais une telle chose n'a &eacute;t&eacute; faite, &eacute;crite&nbsp;&raquo;... Au final, le lecteur repart d&eacute;sabus&eacute; et assez m&eacute;content d'avoir &eacute;t&eacute; bern&eacute;. </font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Dans le dernier num&eacute;ro d'Historia, Pierre Baron, directeur de la r&eacute;daction n'y va pas par quatre chemins&nbsp;: <i>ces pages prolongent ce que vous allez voir sur le petit &eacute;cran, </i>&eacute;crit-il.<i> Nous avons voulu, comme ce fut le cas avec </i>Apocalypse, La Deuxi&egrave;me Guerre mondiale, <i>&ecirc;tre &agrave; la hauteur, tant de l'&eacute;v&eacute;nement t&eacute;l&eacute;vis&eacute; que de votre attente. En restant une fois de plus, au c&oelig;ur de notre ligne &eacute;ditoriale&nbsp;: l'Histoire dans l'actualit&eacute;, l'actualit&eacute; dans l'Histoire.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">En achevant le dossier sur Hitler, auquel Isabelle Clarke et Daniel Costelle ont donc consacr&eacute; un tr&egrave;s int&eacute;ressant documentaire - diffus&eacute; sur France 2 le 25 octobre - force est de constater que les propos de Pierre Baron sont rigoureusement exacts. La d&eacute;marche de mes confr&egrave;res est &agrave; m&eacute;diter en tant qu'elle pose la question de la compl&eacute;mentarit&eacute; entre les m&eacute;dias &ndash; j'ai bien dit la compl&eacute;mentarit&eacute; -.</font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Du temps o&ugrave; j'&eacute;tais &eacute;tudiant en Lettres et Civilisations Germaniques j'ai acquis quelques connaissances en histoire allemande. Mais gr&acirc;ce &agrave; l'&eacute;quipe d'Historia, j'ai pu les parfaire et ainsi mieux appr&eacute;hender le chemin de celui qui voulait instaurer un Reich de mille ans, homme que des photos nous montrent dans une fraternit&eacute; d'armes lors de la Grande Guerre, en 1927 au congr&egrave;s du parti nazi &agrave; Nuremberg ou encore, plus incroyable, participant &agrave; une manifestation nationaliste dans les ann&eacute;es 20 &agrave; Munich.</font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Mais parlons des contributions. Commen&ccedil;ons par celle de Arnt Weinrich qui a pour titre <i>La revanche de la Grande Guerre. </i><font color="#000000">Si l'auteur revient sur sur le premier conflit mondial, c'est parce que cet &eacute;v&eacute;nement est d'importance. </font><i>Hitler </i>est un soldat <i>volontaire </i>qui, <i>d&egrave;s ao&ucirc;t 1914, </i>en tant que <i>soldat du 16&#7497; r&eacute;giment de r&eacute;serve, a particip&eacute; &agrave; la premi&egrave;re bataille d'Ypres, aux combats de la Somme et aux derni&egrave;res offensives allemandes du printemps 1918.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">L'auteur montre comment pro et anti-nazis ont tent&eacute; et tentent encore de corriger l'image d'Hitler. Si les nationalistes veulent faire du futur chancelier un valeureux guerrier, <i>d'autres s'efforcent de d&eacute;montrer que Hitler a, au contraire, pass&eacute; la guerre loin du front, au QG du r&eacute;giment, et ne peut par cons&eacute;quent pr&eacute;tendre au titre honorifique de </i>Frontsoldat. En tout cas, pr&eacute;cise Arnt Weinrich, <i>Hitler poss&egrave;de un atout majeur&nbsp;: sa d&eacute;coration de la croix de fer (2&#7497; et 1&#691;&#7497; classes) accord&eacute;e en novembre 1914 et ao&ucirc;t 1918.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Plus loin&nbsp;:</font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Ainsi, &agrave; plusieurs occasions, il n'&eacute;chappe &agrave; la mort que de justesse&nbsp;; ses deux blessures de guerre (&eacute;clat d'obus &agrave; la Somme en octobre 1916 et gaz de combat &agrave; Wervicq en Flandres belges, octobre 1918) en t&eacute;moignent. Somme toute, Hitler, qui a pass&eacute; 42 des 51 mois de guerre au front, a sans doute &eacute;t&eacute; un soldat convenable.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">J'ai appris ici un d&eacute;tail assez croustillant de l'histoire du petit moustachu autrichien&nbsp;: <i>C'est une triste ironie du sort que l'officier qui &ndash; impressionn&eacute; par le sens du devoir du &laquo;&nbsp;petit caporal&nbsp;&raquo; - va finalement le d&eacute;signer pour la croix de fer, Hugo Gutmann, &eacute;tait juif.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Si les propos d'Arnt Weinrich frappent tant c'est aussi parce que la d&eacute;marche de l'historien est pleinement affirm&eacute;e. Autrement dit, ce n'est pas parce que la mati&egrave;re premi&egrave;re est Hitler qu'il faut c&eacute;der &agrave; l'&eacute;motion. Non, les faits rien que les faits. L'auteur avance un argument et le soumet &agrave; la v&eacute;rit&eacute; historique. Ainsi questionne-t-il l'argument selon lequel Hitler aurait <i>refus&eacute; de monter en grade pour ne pas &ecirc;tre contraint &agrave; abandonner son r&eacute;giment </i>ou qu'il aurait d&eacute;j&agrave; manifest&eacute; son antis&eacute;mitisme &agrave; l'&eacute;poque. </font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Il n'est pas connu en tant qu'antis&eacute;mite parmi ses camarades. De fait, il n'existe aucun t&eacute;moignage cr&eacute;dible qui sugg&egrave;re qu'il a des id&eacute;es politiques bien arr&ecirc;t&eacute;es pendant son service militaire. Tout porte &agrave; croire que l'homme politique s'est construit apr&egrave;s la guerre, dans l'atmosph&egrave;re de crise aig&uuml;e propre aux grands effondrements de l'Histoire.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">On lira &agrave; ce propos avec grand int&eacute;r&ecirc;t l'encadr&eacute; intitul&eacute; <i>Une illumination &agrave; l'h&ocirc;pital&nbsp;</i>dont voici un extrait&nbsp;: <i>Une rechute ne faisant pas partie des s&eacute;quelles d'une exposition gaz, bon nombre d'historiens ont voulu y voir une crise hyst&eacute;rique, suite d'une n&eacute;vrose. Le dossier m&eacute;dical de Hitler </i>a <i>disparu.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Fran&ccedil;ois Kersaudy poursuit cette th&eacute;matique avec un article intitul&eacute;&nbsp;: <i>Un antis&eacute;mitisme n&eacute; tr&egrave;s t&ocirc;t. </i>Lui aussi se base sur les textes pour d&eacute;mythifier. Ainsi commence-t-il par citer les <i>interminables &eacute;lucubrations du chapitre II de </i>Mein Kampf<i> sur une haine des juifs qu'il remonterait &agrave; l'adolescence. </i>Propos tr&egrave;s vite battus en br&egrave;che&nbsp;: <i>on s'aper&ccedil;oit que les juifs ont souvent &eacute;t&eacute; secourables durant cette p&eacute;riode, &agrave; commencer par le docteur Bloch, qui a trait&eacute; avec d&eacute;vouement la m&egrave;re de Hitler atteinte d'un cancer. </i>Plus loin&nbsp;: <i>ce sont surtout des n&eacute;gociants juifs qui lui ont achet&eacute; ses tableaux &agrave; l'&eacute;poque&nbsp;; enfin, la plupart des acteurs de th&eacute;&acirc;tre et des chanteurs d'op&eacute;ra pr&eacute;f&eacute;r&eacute;s de Hitler &eacute;taient juifs.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Et Fran&ccedil;ois Kersaudy de continuer&nbsp;: <i>personne (&agrave; l'&eacute;poque de la Grande Guerre) ne para&icirc;t avoir not&eacute; une manifestation d'animosit&eacute; &agrave; l'&eacute;gard des juifs. Par la suite, </i>ajoute-t-il, <i>il </i>(Hitler) <i>aurait &eacute;t&eacute; frapp&eacute; par le fait que les r&eacute;volutionnaires marxistes allemands &eacute;taient tr&egrave;s majoritairement juifs. </i><font color="#000000">R&eacute;sultat&nbsp;: en </font><font color="#000000"><i>ao&ucirc;t 1919&nbsp; </i></font><font color="#000000">Hitler passe un cap et entre dans une d&eacute;nonciation f&eacute;roce </font><font color="#000000"><i>du capitalisme, du socialisme et du marxisme, dont les juifs seraient les supp&ocirc;ts et les inspirateurs. </i></font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">J'avoue avoir &eacute;t&eacute; bluff&eacute; en lisant <i>La soci&eacute;t&eacute; &eacute;touff&eacute;e par la crise &eacute;conomique </i>de Mich&egrave;le Cointet. Et l'auteure de nous rappeler d'abord le contexte international dans lequel <i>l'Angleterre et la France conditionnent une aide &eacute;ventuelle &agrave; des garanties politiques. Elles exigent de l'Allemagne qu'elle renonce &agrave; son programme de r&eacute;armement naval et &agrave; son projet d'union douani&egrave;re avec l'Autriche. </i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Mich&egrave;le Cointet pose aussi le d&eacute;cor int&eacute;rieur avant de montrer avec force d&eacute;tails de la vie quotidienne ce que signifiait la crise &eacute;conomique, terreau favorable sur lequel le nazisme va &eacute;clore&nbsp;: <i>La R&eacute;publique de Weimar, se voulant un &laquo;&nbsp;Etat &agrave; finalit&eacute; sociale&nbsp;&raquo; (Sozialstaat), avait promis la s&eacute;curit&eacute; aux travailleurs&nbsp;: l'article 163 de la constitution ne garantit-il pas &agrave; tout Allemand le droit au travail ou, &agrave; d&eacute;faut, &agrave; une existence d&eacute;cente.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Seulement voil&agrave;&nbsp;: <i>En cet &eacute;t&eacute; 1932, 30 % de la population active est sans emploi. L'assurance ch&ocirc;mage, instaur&eacute;e en 1927, est un &eacute;difice impressionnant mais il n'est pr&eacute;vu que pour moins d'un million de ch&ocirc;meurs. Et promet deux ann&eacute;es d'indemnisation, &agrave; hauteur de 50 % du salaire, d&eacute;lai qui, se r&eacute;duit en fait &agrave; quelques mois.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Sont vers&eacute;s ensuite des &laquo;&nbsp;secours d'urgence&nbsp;&raquo; qui ne repr&eacute;sentent plus que 30 % du salaire. Enfin, le ch&ocirc;meur tombe dans l'assistance sociale, &agrave; la charge des municipalit&eacute;s, et dont le montant, toujours faible, d&eacute;pend de leurs ressources.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">En quelques phrases on comprend que c'est toute la soci&eacute;t&eacute; qui tombe de Charybde en Scylla&nbsp;: <i>En septembre 1931, l'&acirc;ge minimum pour b&eacute;n&eacute;ficier de l'assurance ch&ocirc;mage est relev&eacute; de 16 &agrave; 21 ans&nbsp;; un jeune vivant chez ses parents ne peut plus en b&eacute;n&eacute;ficier. Il lui faut donc prendre une bo&icirc;te &agrave; lettres en ville, ou circuler toute la journ&eacute;e dans les rues pour ne rentrer qu'&agrave; la nuit tomb&eacute;e au domicile familial, en esp&eacute;rant qu'il n'y aura pas de v&eacute;rifications. </i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Plus surprenante encore est cette remarque&nbsp;: <i>Les communistes d&eacute;clarent la gr&egrave;ve des loyers et manifestent contre les expulsions&nbsp;; les nazis lancent des mots d'ordre similaires. </i>Mais ces derniers seront les plus habiles &agrave; rassembler les masses autour d'eux&nbsp;:</font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>De petits &eacute;tablissements, incapables de supporter la baisse de leur chiffre d'affaires et les nouvelles taxes, se retrouvent en faillite. Faute de repreneurs, ils restent ferm&eacute;s jusqu'au jour o&ugrave; les nazis ont l'id&eacute;e de les louer &agrave; bas prix. Ils les convertissent en locaux accueillant les ch&ocirc;meurs. On y trouve une attention, de la camaraderie, la lecture de </i>V&ouml;lkischer Beobachter<i>, le journal du parti nazi. On y apprend aussi des slogans.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108596_hitler1.jpg" class="photo_blog_visu" /></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">La Grande Guerre, la situation &eacute;conomique suffisent-elles &agrave; expliquer la perc&eacute;e politique d'Adolf Hitler&nbsp;? Visiblement non, &agrave; lire Jean-Paul Cointet qui revient sur <i>L'inexorable mont&eacute;e au pouvoir.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Mais &agrave; ne consid&eacute;rer que le seul impact social de la crise de 1929, on passe sous silence le s&eacute;isme politique qu'il provoque &agrave; la suite de l'incapacit&eacute; des forces parlementaires &agrave; trouver un compromis sur les rem&egrave;des &agrave; mettre en &oelig;uvre, et qui va entra&icirc;ner la ruine du syst&egrave;me politique.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Tous les piliers s'effondrent et les seuls, malheureusement, &agrave; pouvoir pr&eacute;senter une structure organis&eacute;e sont les nazis qui, en plus, peuvent s&rsquo;enorgueillir d'avoir les barons de l'industries avec eux&nbsp;: <i>les milieux d'affaire apportent leur appui, &agrave; partir de 1930 surtout.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108597_hitler2.jpg" class="photo_blog_visu" /></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Enfin, une mention particuli&egrave;re &agrave; Bernard Brunetau&nbsp;qui montre en quoi le nazisme pr&eacute;sente<i> Les rites d'une nouvelle religion</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">&laquo;&nbsp;Aujourd'hui na&icirc;t une foi nouvelle. Le mythe du sang, la croyance qu'en d&eacute;fendant le sang on d&eacute;fend l'&ecirc;tre divin de l'homme. (&hellip;) le sang nordique constitue ce myst&egrave;re qui remplace et d&eacute;passe les anciens sacrements&nbsp;&raquo;<i> Dans son pesant ouvrage paru en 1930, </i>Le Mythe du XX&#872; si&egrave;cle, <i>l'id&eacute;ologue Alfred Rosenberg fait clairement du nazisme une religion appel&eacute;e &agrave; rivaliser avec le christianisme, voire &agrave; lui succ&eacute;der.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>(...)</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>L'id&eacute;ologie nazie peut recevoir le qualificatif de religion politique, en fonction de quatre caract&eacute;ristiques. Elle se pr&eacute;sente d'abord comme une gnose, une interpr&eacute;tation globale du monde historique par le primat accord&eacute; &agrave; la lutte des races, conform&eacute;ment aux &laquo;&nbsp;v&eacute;rit&eacute;s&nbsp;&raquo; distill&eacute;es par l'anthropologie racialiste et le darwinisme social.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Elle d&eacute;finit le Mal qui tourmente l'humanit&eacute;, le &laquo;&nbsp;Juif&nbsp;&raquo; &eacute;ternel, au nom d'une litt&eacute;rature antis&eacute;mite prolif&eacute;rante dans laquelle Hitler a puis&eacute; avant d'introduire une nouveaut&eacute;&nbsp;: la responsabilit&eacute; juive dans le bolchevisme et la d&eacute;cadence de la soci&eacute;t&eacute; europ&eacute;enne. Elle propose en troisi&egrave;me lieu un objectif de salut, une r&eacute;demption finale avec la promesse d'une &laquo;&nbsp;communaut&eacute; du peuple&nbsp;&raquo; pure et r&eacute;g&eacute;n&eacute;r&eacute;e par la science eug&eacute;niste, cadre d'&eacute;mergence d'un &laquo;&nbsp;Homme nouveau&nbsp;&raquo; aryen. Elle temp&egrave;re enfin les attentes eschatologiques des croyants en offrant dans l'imm&eacute;diat la communion fraternelle d'un parti-&eacute;glise aux antipodes du &laquo;&nbsp;syst&egrave;me&nbsp;&raquo; de Weimar, de ses enceintes partisanes et r&eacute;glementaires st&eacute;riles.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">L'auteur montre combien Hitler a r&eacute;ussi &agrave; mobiliser autour de <i>rituels mortuaires (les h&eacute;ros de la Grande Guerre comme ceux des rixes politiques), mobilise une liturgie bien r&eacute;gl&eacute;e lors des </i>Parteitage, <i>&laquo;&nbsp;jours du parti&nbsp;&raquo; (le premier &agrave; Munich en janvier 1923, le deuxi&egrave;me &agrave; Weimar en juillet 1926).</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Ces congr&egrave;s, qui se d&eacute;roulent &agrave; Nuremberg &agrave; parti de 1927, frappent par leur simulacre de culte chr&eacute;tien&nbsp;: la &laquo;&nbsp;marche d'Adolf Hitler&nbsp;&raquo; (la randonn&eacute;e de 1000 kilom&egrave;tres &agrave; pied des Jeunesses hitl&eacute;riennes en direction de la cit&eacute; m&eacute;di&eacute;vale) s'assimile au p&egrave;lerinage&nbsp;; le rassemblement des militants et des soldats SA est le pr&eacute;lude &agrave; une communion mystique&nbsp;; l'hommage aux morts du putsch de 1923 met en sc&egrave;ne un culte des martyrs&nbsp;; le rituel du &laquo;&nbsp;drapeau de sang&nbsp;&raquo; (</i>Blutfahne<i>, macul&eacute; par le sang de l'un des seize martyrs) offre une relique &agrave; v&eacute;n&eacute;rer pour les nouveaux adh&eacute;rents&nbsp;; la litanie des chants et des appels entretient la tension &eacute;motionnelle&nbsp;; le discours final de Hitler enfin a la valeur u pr&ecirc;che et du sermon qui conforte le militant dans les certitudes de sa foi dans le </i>Volk<i>, le peuple. </i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>La promesse id&eacute;ologique de communion totale organique et hi&eacute;rarchique poss&egrave;de son cadre physique d'expression. Il ne reste plus &agrave; Albert Speer qu'&agrave; imaginer la &laquo;&nbsp;cath&eacute;drale de lumi&egrave;re&nbsp;&raquo; pour investir le </i>Parteitag<i> d'une religiosit&eacute; encore plus fondamentale.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">La conclusion est implacable&nbsp;:</font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Sous plusieurs aspects, le nazisme peut &ecirc;tre analys&eacute; comme une s&eacute;cularisation fruste du christianisme&nbsp;: id&eacute;e d'une minorit&eacute; qui conna&icirc;t la v&eacute;rit&eacute; (ici de l'Histoire) et a le devoir de l'appliquer&nbsp;; r&eacute;f&eacute;rence obsessionnelle &agrave; la &laquo;&nbsp;Providence&nbsp;&raquo; (qui a cr&eacute;e le </i>Volk <i>aryen)&nbsp;; pens&eacute;e dualiste manich&eacute;enne d&eacute;bouchant sur l'Apocalypse (&laquo;&nbsp;Armageddon&nbsp;&raquo; se traduisant ici par la lutte entre le Bien aryen et le Mal s&eacute;mite)&nbsp;; promesse de salut structur&eacute;e par le mythe de la r&eacute;g&eacute;n&eacute;ration de l'humanit&eacute;&nbsp;; culte de la personnalit&eacute; r&eacute;demptrice, Messie d'un autre peuple &eacute;lu...</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">De tout ce qui pr&eacute;c&egrave;de d&eacute;coule une question l&eacute;gitime&nbsp;: <i>Ce sc&eacute;nario est-il encore possible&nbsp;</i>aujourd'hui <i>? </i>La question est pos&eacute;e &agrave; R&eacute;mi Kauffer, professeur &agrave; l'Institut d'&eacute;tudes politiques et Jean-Paul Picaper, ancien professeur en sciences politiques &agrave; l'universit&eacute; de Berlin-Ouest et ex-correspondant du <i>Figaro. </i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Ce dernier dit qu'en <i>1929-1930 chaque Etat dut affronter seul ses probl&egrave;mes. D'o&ugrave; le heurt des antagonismes nationaux. D'o&ugrave; la mont&eacute;e de l'extr&ecirc;me-droite. </i><font color="#000000"><i>Cette fois </i></font><font color="#000000">(avec la crise de l'euro)</font><font color="#000000"><i>, la r&eacute;ponse a &eacute;t&eacute; solidaire internationale au G8 et au G20.</i></font><font color="#ff0bad"><i> </i></font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Puissent-ils dire vrai.</font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">En tout cas, nous voil&agrave; tr&egrave;s bien inform&eacute;s. Puisse cet exemplaire d'Historia &ecirc;tre le plus largement diffus&eacute; aux jeunes de 7 &agrave; 77 ans. Il n'y a pas d'&acirc;ge pour les piq&ucirc;res de rappel.</font></font></p> </p> William Novembre 2011 Dossier Adolf Hitler dans Historia<br \><p><style type="text/css"> <!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } --> </style> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108599_hitler3.jpg" class="photo_blog_visu" /></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">D'ordinaire, j'accorde peu de cr&eacute;dit aux &eacute;ditoriaux sign&eacute;s du directeur / de la directrice de la r&eacute;daction d'un magazine. Trop souvent en effet, les propos ne visent pas &agrave; informer mais &agrave; communiquer un message : &laquo;&nbsp;vous allez voir combien ce num&eacute;ro est formidable&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;jamais une telle chose n'a &eacute;t&eacute; faite, &eacute;crite&nbsp;&raquo;... Au final, le lecteur repart d&eacute;sabus&eacute; et assez m&eacute;content d'avoir &eacute;t&eacute; bern&eacute;. </font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Dans le dernier num&eacute;ro d'Historia, Pierre Baron, directeur de la r&eacute;daction n'y va pas par quatre chemins&nbsp;: <i>ces pages prolongent ce que vous allez voir sur le petit &eacute;cran, </i>&eacute;crit-il.<i> Nous avons voulu, comme ce fut le cas avec </i>Apocalypse, La Deuxi&egrave;me Guerre mondiale, <i>&ecirc;tre &agrave; la hauteur, tant de l'&eacute;v&eacute;nement t&eacute;l&eacute;vis&eacute; que de votre attente. En restant une fois de plus, au c&oelig;ur de notre ligne &eacute;ditoriale&nbsp;: l'Histoire dans l'actualit&eacute;, l'actualit&eacute; dans l'Histoire.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">En achevant le dossier sur Hitler, auquel Isabelle Clarke et Daniel Costelle ont donc consacr&eacute; un tr&egrave;s int&eacute;ressant documentaire - diffus&eacute; sur France 2 le 25 octobre - force est de constater que les propos de Pierre Baron sont rigoureusement exacts. La d&eacute;marche de mes confr&egrave;res est &agrave; m&eacute;diter en tant qu'elle pose la question de la compl&eacute;mentarit&eacute; entre les m&eacute;dias &ndash; j'ai bien dit la compl&eacute;mentarit&eacute; -.</font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Du temps o&ugrave; j'&eacute;tais &eacute;tudiant en Lettres et Civilisations Germaniques j'ai acquis quelques connaissances en histoire allemande. Mais gr&acirc;ce &agrave; l'&eacute;quipe d'Historia, j'ai pu les parfaire et ainsi mieux appr&eacute;hender le chemin de celui qui voulait instaurer un Reich de mille ans, homme que des photos nous montrent dans une fraternit&eacute; d'armes lors de la Grande Guerre, en 1927 au congr&egrave;s du parti nazi &agrave; Nuremberg ou encore, plus incroyable, participant &agrave; une manifestation nationaliste dans les ann&eacute;es 20 &agrave; Munich.</font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Mais parlons des contributions. Commen&ccedil;ons par celle de Arnt Weinrich qui a pour titre <i>La revanche de la Grande Guerre. </i><font color="#000000">Si l'auteur revient sur sur le premier conflit mondial, c'est parce que cet &eacute;v&eacute;nement est d'importance. </font><i>Hitler </i>est un soldat <i>volontaire </i>qui, <i>d&egrave;s ao&ucirc;t 1914, </i>en tant que <i>soldat du 16&#7497; r&eacute;giment de r&eacute;serve, a particip&eacute; &agrave; la premi&egrave;re bataille d'Ypres, aux combats de la Somme et aux derni&egrave;res offensives allemandes du printemps 1918.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">L'auteur montre comment pro et anti-nazis ont tent&eacute; et tentent encore de corriger l'image d'Hitler. Si les nationalistes veulent faire du futur chancelier un valeureux guerrier, <i>d'autres s'efforcent de d&eacute;montrer que Hitler a, au contraire, pass&eacute; la guerre loin du front, au QG du r&eacute;giment, et ne peut par cons&eacute;quent pr&eacute;tendre au titre honorifique de </i>Frontsoldat. En tout cas, pr&eacute;cise Arnt Weinrich, <i>Hitler poss&egrave;de un atout majeur&nbsp;: sa d&eacute;coration de la croix de fer (2&#7497; et 1&#691;&#7497; classes) accord&eacute;e en novembre 1914 et ao&ucirc;t 1918.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Plus loin&nbsp;:</font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Ainsi, &agrave; plusieurs occasions, il n'&eacute;chappe &agrave; la mort que de justesse&nbsp;; ses deux blessures de guerre (&eacute;clat d'obus &agrave; la Somme en octobre 1916 et gaz de combat &agrave; Wervicq en Flandres belges, octobre 1918) en t&eacute;moignent. Somme toute, Hitler, qui a pass&eacute; 42 des 51 mois de guerre au front, a sans doute &eacute;t&eacute; un soldat convenable.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">J'ai appris ici un d&eacute;tail assez croustillant de l'histoire du petit moustachu autrichien&nbsp;: <i>C'est une triste ironie du sort que l'officier qui &ndash; impressionn&eacute; par le sens du devoir du &laquo;&nbsp;petit caporal&nbsp;&raquo; - va finalement le d&eacute;signer pour la croix de fer, Hugo Gutmann, &eacute;tait juif.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Si les propos d'Arnt Weinrich frappent tant c'est aussi parce que la d&eacute;marche de l'historien est pleinement affirm&eacute;e. Autrement dit, ce n'est pas parce que la mati&egrave;re premi&egrave;re est Hitler qu'il faut c&eacute;der &agrave; l'&eacute;motion. Non, les faits rien que les faits. L'auteur avance un argument et le soumet &agrave; la v&eacute;rit&eacute; historique. Ainsi questionne-t-il l'argument selon lequel Hitler aurait <i>refus&eacute; de monter en grade pour ne pas &ecirc;tre contraint &agrave; abandonner son r&eacute;giment </i>ou qu'il aurait d&eacute;j&agrave; manifest&eacute; son antis&eacute;mitisme &agrave; l'&eacute;poque. </font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Il n'est pas connu en tant qu'antis&eacute;mite parmi ses camarades. De fait, il n'existe aucun t&eacute;moignage cr&eacute;dible qui sugg&egrave;re qu'il a des id&eacute;es politiques bien arr&ecirc;t&eacute;es pendant son service militaire. Tout porte &agrave; croire que l'homme politique s'est construit apr&egrave;s la guerre, dans l'atmosph&egrave;re de crise aig&uuml;e propre aux grands effondrements de l'Histoire.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">On lira &agrave; ce propos avec grand int&eacute;r&ecirc;t l'encadr&eacute; intitul&eacute; <i>Une illumination &agrave; l'h&ocirc;pital&nbsp;</i>dont voici un extrait&nbsp;: <i>Une rechute ne faisant pas partie des s&eacute;quelles d'une exposition gaz, bon nombre d'historiens ont voulu y voir une crise hyst&eacute;rique, suite d'une n&eacute;vrose. Le dossier m&eacute;dical de Hitler </i>a <i>disparu.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Fran&ccedil;ois Kersaudy poursuit cette th&eacute;matique avec un article intitul&eacute;&nbsp;: <i>Un antis&eacute;mitisme n&eacute; tr&egrave;s t&ocirc;t. </i>Lui aussi se base sur les textes pour d&eacute;mythifier. Ainsi commence-t-il par citer les <i>interminables &eacute;lucubrations du chapitre II de </i>Mein Kampf<i> sur une haine des juifs qu'il remonterait &agrave; l'adolescence. </i>Propos tr&egrave;s vite battus en br&egrave;che&nbsp;: <i>on s'aper&ccedil;oit que les juifs ont souvent &eacute;t&eacute; secourables durant cette p&eacute;riode, &agrave; commencer par le docteur Bloch, qui a trait&eacute; avec d&eacute;vouement la m&egrave;re de Hitler atteinte d'un cancer. </i>Plus loin&nbsp;: <i>ce sont surtout des n&eacute;gociants juifs qui lui ont achet&eacute; ses tableaux &agrave; l'&eacute;poque&nbsp;; enfin, la plupart des acteurs de th&eacute;&acirc;tre et des chanteurs d'op&eacute;ra pr&eacute;f&eacute;r&eacute;s de Hitler &eacute;taient juifs.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Et Fran&ccedil;ois Kersaudy de continuer&nbsp;: <i>personne (&agrave; l'&eacute;poque de la Grande Guerre) ne para&icirc;t avoir not&eacute; une manifestation d'animosit&eacute; &agrave; l'&eacute;gard des juifs. Par la suite, </i>ajoute-t-il, <i>il </i>(Hitler) <i>aurait &eacute;t&eacute; frapp&eacute; par le fait que les r&eacute;volutionnaires marxistes allemands &eacute;taient tr&egrave;s majoritairement juifs. </i><font color="#000000">R&eacute;sultat&nbsp;: en </font><font color="#000000"><i>ao&ucirc;t 1919&nbsp; </i></font><font color="#000000">Hitler passe un cap et entre dans une d&eacute;nonciation f&eacute;roce </font><font color="#000000"><i>du capitalisme, du socialisme et du marxisme, dont les juifs seraient les supp&ocirc;ts et les inspirateurs. </i></font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">J'avoue avoir &eacute;t&eacute; bluff&eacute; en lisant <i>La soci&eacute;t&eacute; &eacute;touff&eacute;e par la crise &eacute;conomique </i>de Mich&egrave;le Cointet. Et l'auteure de nous rappeler d'abord le contexte international dans lequel <i>l'Angleterre et la France conditionnent une aide &eacute;ventuelle &agrave; des garanties politiques. Elles exigent de l'Allemagne qu'elle renonce &agrave; son programme de r&eacute;armement naval et &agrave; son projet d'union douani&egrave;re avec l'Autriche. </i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Mich&egrave;le Cointet pose aussi le d&eacute;cor int&eacute;rieur avant de montrer avec force d&eacute;tails de la vie quotidienne ce que signifiait la crise &eacute;conomique, terreau favorable sur lequel le nazisme va &eacute;clore&nbsp;: <i>La R&eacute;publique de Weimar, se voulant un &laquo;&nbsp;Etat &agrave; finalit&eacute; sociale&nbsp;&raquo; (Sozialstaat), avait promis la s&eacute;curit&eacute; aux travailleurs&nbsp;: l'article 163 de la constitution ne garantit-il pas &agrave; tout Allemand le droit au travail ou, &agrave; d&eacute;faut, &agrave; une existence d&eacute;cente.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Seulement voil&agrave;&nbsp;: <i>En cet &eacute;t&eacute; 1932, 30 % de la population active est sans emploi. L'assurance ch&ocirc;mage, instaur&eacute;e en 1927, est un &eacute;difice impressionnant mais il n'est pr&eacute;vu que pour moins d'un million de ch&ocirc;meurs. Et promet deux ann&eacute;es d'indemnisation, &agrave; hauteur de 50 % du salaire, d&eacute;lai qui, se r&eacute;duit en fait &agrave; quelques mois.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Sont vers&eacute;s ensuite des &laquo;&nbsp;secours d'urgence&nbsp;&raquo; qui ne repr&eacute;sentent plus que 30 % du salaire. Enfin, le ch&ocirc;meur tombe dans l'assistance sociale, &agrave; la charge des municipalit&eacute;s, et dont le montant, toujours faible, d&eacute;pend de leurs ressources.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">En quelques phrases on comprend que c'est toute la soci&eacute;t&eacute; qui tombe de Charybde en Scylla&nbsp;: <i>En septembre 1931, l'&acirc;ge minimum pour b&eacute;n&eacute;ficier de l'assurance ch&ocirc;mage est relev&eacute; de 16 &agrave; 21 ans&nbsp;; un jeune vivant chez ses parents ne peut plus en b&eacute;n&eacute;ficier. Il lui faut donc prendre une bo&icirc;te &agrave; lettres en ville, ou circuler toute la journ&eacute;e dans les rues pour ne rentrer qu'&agrave; la nuit tomb&eacute;e au domicile familial, en esp&eacute;rant qu'il n'y aura pas de v&eacute;rifications. </i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Plus surprenante encore est cette remarque&nbsp;: <i>Les communistes d&eacute;clarent la gr&egrave;ve des loyers et manifestent contre les expulsions&nbsp;; les nazis lancent des mots d'ordre similaires. </i>Mais ces derniers seront les plus habiles &agrave; rassembler les masses autour d'eux&nbsp;:</font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>De petits &eacute;tablissements, incapables de supporter la baisse de leur chiffre d'affaires et les nouvelles taxes, se retrouvent en faillite. Faute de repreneurs, ils restent ferm&eacute;s jusqu'au jour o&ugrave; les nazis ont l'id&eacute;e de les louer &agrave; bas prix. Ils les convertissent en locaux accueillant les ch&ocirc;meurs. On y trouve une attention, de la camaraderie, la lecture de </i>V&ouml;lkischer Beobachter<i>, le journal du parti nazi. On y apprend aussi des slogans.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108596_hitler1.jpg" class="photo_blog_visu" /></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">La Grande Guerre, la situation &eacute;conomique suffisent-elles &agrave; expliquer la perc&eacute;e politique d'Adolf Hitler&nbsp;? Visiblement non, &agrave; lire Jean-Paul Cointet qui revient sur <i>L'inexorable mont&eacute;e au pouvoir.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Mais &agrave; ne consid&eacute;rer que le seul impact social de la crise de 1929, on passe sous silence le s&eacute;isme politique qu'il provoque &agrave; la suite de l'incapacit&eacute; des forces parlementaires &agrave; trouver un compromis sur les rem&egrave;des &agrave; mettre en &oelig;uvre, et qui va entra&icirc;ner la ruine du syst&egrave;me politique.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Tous les piliers s'effondrent et les seuls, malheureusement, &agrave; pouvoir pr&eacute;senter une structure organis&eacute;e sont les nazis qui, en plus, peuvent s&rsquo;enorgueillir d'avoir les barons de l'industries avec eux&nbsp;: <i>les milieux d'affaire apportent leur appui, &agrave; partir de 1930 surtout.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108597_hitler2.jpg" class="photo_blog_visu" /></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Enfin, une mention particuli&egrave;re &agrave; Bernard Brunetau&nbsp;qui montre en quoi le nazisme pr&eacute;sente<i> Les rites d'une nouvelle religion</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">&laquo;&nbsp;Aujourd'hui na&icirc;t une foi nouvelle. Le mythe du sang, la croyance qu'en d&eacute;fendant le sang on d&eacute;fend l'&ecirc;tre divin de l'homme. (&hellip;) le sang nordique constitue ce myst&egrave;re qui remplace et d&eacute;passe les anciens sacrements&nbsp;&raquo;<i> Dans son pesant ouvrage paru en 1930, </i>Le Mythe du XX&#872; si&egrave;cle, <i>l'id&eacute;ologue Alfred Rosenberg fait clairement du nazisme une religion appel&eacute;e &agrave; rivaliser avec le christianisme, voire &agrave; lui succ&eacute;der.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>(...)</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>L'id&eacute;ologie nazie peut recevoir le qualificatif de religion politique, en fonction de quatre caract&eacute;ristiques. Elle se pr&eacute;sente d'abord comme une gnose, une interpr&eacute;tation globale du monde historique par le primat accord&eacute; &agrave; la lutte des races, conform&eacute;ment aux &laquo;&nbsp;v&eacute;rit&eacute;s&nbsp;&raquo; distill&eacute;es par l'anthropologie racialiste et le darwinisme social.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Elle d&eacute;finit le Mal qui tourmente l'humanit&eacute;, le &laquo;&nbsp;Juif&nbsp;&raquo; &eacute;ternel, au nom d'une litt&eacute;rature antis&eacute;mite prolif&eacute;rante dans laquelle Hitler a puis&eacute; avant d'introduire une nouveaut&eacute;&nbsp;: la responsabilit&eacute; juive dans le bolchevisme et la d&eacute;cadence de la soci&eacute;t&eacute; europ&eacute;enne. Elle propose en troisi&egrave;me lieu un objectif de salut, une r&eacute;demption finale avec la promesse d'une &laquo;&nbsp;communaut&eacute; du peuple&nbsp;&raquo; pure et r&eacute;g&eacute;n&eacute;r&eacute;e par la science eug&eacute;niste, cadre d'&eacute;mergence d'un &laquo;&nbsp;Homme nouveau&nbsp;&raquo; aryen. Elle temp&egrave;re enfin les attentes eschatologiques des croyants en offrant dans l'imm&eacute;diat la communion fraternelle d'un parti-&eacute;glise aux antipodes du &laquo;&nbsp;syst&egrave;me&nbsp;&raquo; de Weimar, de ses enceintes partisanes et r&eacute;glementaires st&eacute;riles.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">L'auteur montre combien Hitler a r&eacute;ussi &agrave; mobiliser autour de <i>rituels mortuaires (les h&eacute;ros de la Grande Guerre comme ceux des rixes politiques), mobilise une liturgie bien r&eacute;gl&eacute;e lors des </i>Parteitage, <i>&laquo;&nbsp;jours du parti&nbsp;&raquo; (le premier &agrave; Munich en janvier 1923, le deuxi&egrave;me &agrave; Weimar en juillet 1926).</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Ces congr&egrave;s, qui se d&eacute;roulent &agrave; Nuremberg &agrave; parti de 1927, frappent par leur simulacre de culte chr&eacute;tien&nbsp;: la &laquo;&nbsp;marche d'Adolf Hitler&nbsp;&raquo; (la randonn&eacute;e de 1000 kilom&egrave;tres &agrave; pied des Jeunesses hitl&eacute;riennes en direction de la cit&eacute; m&eacute;di&eacute;vale) s'assimile au p&egrave;lerinage&nbsp;; le rassemblement des militants et des soldats SA est le pr&eacute;lude &agrave; une communion mystique&nbsp;; l'hommage aux morts du putsch de 1923 met en sc&egrave;ne un culte des martyrs&nbsp;; le rituel du &laquo;&nbsp;drapeau de sang&nbsp;&raquo; (</i>Blutfahne<i>, macul&eacute; par le sang de l'un des seize martyrs) offre une relique &agrave; v&eacute;n&eacute;rer pour les nouveaux adh&eacute;rents&nbsp;; la litanie des chants et des appels entretient la tension &eacute;motionnelle&nbsp;; le discours final de Hitler enfin a la valeur u pr&ecirc;che et du sermon qui conforte le militant dans les certitudes de sa foi dans le </i>Volk<i>, le peuple. </i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>La promesse id&eacute;ologique de communion totale organique et hi&eacute;rarchique poss&egrave;de son cadre physique d'expression. Il ne reste plus &agrave; Albert Speer qu'&agrave; imaginer la &laquo;&nbsp;cath&eacute;drale de lumi&egrave;re&nbsp;&raquo; pour investir le </i>Parteitag<i> d'une religiosit&eacute; encore plus fondamentale.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">La conclusion est implacable&nbsp;:</font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Sous plusieurs aspects, le nazisme peut &ecirc;tre analys&eacute; comme une s&eacute;cularisation fruste du christianisme&nbsp;: id&eacute;e d'une minorit&eacute; qui conna&icirc;t la v&eacute;rit&eacute; (ici de l'Histoire) et a le devoir de l'appliquer&nbsp;; r&eacute;f&eacute;rence obsessionnelle &agrave; la &laquo;&nbsp;Providence&nbsp;&raquo; (qui a cr&eacute;e le </i>Volk <i>aryen)&nbsp;; pens&eacute;e dualiste manich&eacute;enne d&eacute;bouchant sur l'Apocalypse (&laquo;&nbsp;Armageddon&nbsp;&raquo; se traduisant ici par la lutte entre le Bien aryen et le Mal s&eacute;mite)&nbsp;; promesse de salut structur&eacute;e par le mythe de la r&eacute;g&eacute;n&eacute;ration de l'humanit&eacute;&nbsp;; culte de la personnalit&eacute; r&eacute;demptrice, Messie d'un autre peuple &eacute;lu...</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">De tout ce qui pr&eacute;c&egrave;de d&eacute;coule une question l&eacute;gitime&nbsp;: <i>Ce sc&eacute;nario est-il encore possible&nbsp;</i>aujourd'hui <i>? </i>La question est pos&eacute;e &agrave; R&eacute;mi Kauffer, professeur &agrave; l'Institut d'&eacute;tudes politiques et Jean-Paul Picaper, ancien professeur en sciences politiques &agrave; l'universit&eacute; de Berlin-Ouest et ex-correspondant du <i>Figaro. </i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Ce dernier dit qu'en <i>1929-1930 chaque Etat dut affronter seul ses probl&egrave;mes. D'o&ugrave; le heurt des antagonismes nationaux. D'o&ugrave; la mont&eacute;e de l'extr&ecirc;me-droite. </i><font color="#000000"><i>Cette fois </i></font><font color="#000000">(avec la crise de l'euro)</font><font color="#000000"><i>, la r&eacute;ponse a &eacute;t&eacute; solidaire internationale au G8 et au G20.</i></font><font color="#ff0bad"><i> </i></font></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Puissent-ils dire vrai.</font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">En tout cas, nous voil&agrave; tr&egrave;s bien inform&eacute;s. Puisse cet exemplaire d'Historia &ecirc;tre le plus largement diffus&eacute; aux jeunes de 7 &agrave; 77 ans. Il n'y a pas d'&acirc;ge pour les piq&ucirc;res de rappel.</font></font></p> </p> no William Irigoyen Hubert Nyssen http://blogs.arte.tv/Le_poing_et_la_plume/frontUser.do?method=getPost&postId=108871&blogName=Le_poing_et_la_plume Tue, 15 Nov 2011 19:58:43 +0100 Hubert Nyssen<br \><p>&nbsp;<style type="text/css"><!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } --> </style></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">C'est avec une tr&egrave;s grande tristesse que j'ai appris, comme vous sans doute, la disparition du fondateur des &eacute;ditions Actes Sud, Hubert Nyssen.&nbsp; Vous le savez peut-&ecirc;tre, je l'avais interview&eacute; pour ce blog. Vous pouvez retrouver cette rencontre en cliquant sur &laquo;&nbsp;Mai 2009&nbsp;&raquo; dans la colonne &laquo;&nbsp;Rubriques&nbsp;&raquo;.</font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Je n'oublierai jamais ces moments pass&eacute;s en sa compagnie.</font></font></p> <p>&nbsp;</p> William Novembre 2011 Hubert Nyssen<br \><p>&nbsp;<style type="text/css"><!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } --> </style></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">C'est avec une tr&egrave;s grande tristesse que j'ai appris, comme vous sans doute, la disparition du fondateur des &eacute;ditions Actes Sud, Hubert Nyssen.&nbsp; Vous le savez peut-&ecirc;tre, je l'avais interview&eacute; pour ce blog. Vous pouvez retrouver cette rencontre en cliquant sur &laquo;&nbsp;Mai 2009&nbsp;&raquo; dans la colonne &laquo;&nbsp;Rubriques&nbsp;&raquo;.</font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Je n'oublierai jamais ces moments pass&eacute;s en sa compagnie.</font></font></p> <p>&nbsp;</p> no William Irigoyen Brigitte Giraud, Pas d'inquiétude, Stock http://blogs.arte.tv/Le_poing_et_la_plume/frontUser.do?method=getPost&postId=108833&blogName=Le_poing_et_la_plume Tue, 8 Nov 2011 08:52:37 +0100 Brigitte Giraud, Pas d'inquiétude, Stock<br \><p>&nbsp;<style type="text/css"><!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } --> </style></p> <p align="justify" style="page-break-before: always; line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#000000"><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">Comme vous le savez peut-&ecirc;tre le prix Femina a &eacute;t&eacute; d&eacute;cern&eacute; hier &agrave; Simon Liberati pour </span></span></span></font><font color="#000000"><i><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">Jayne Mansfield 1967 </span></span></i></font><font color="#000000"><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">paru aux &eacute;ditions Grasset. Pas la peine de tourner autour du pot, je n'ai pas du tout aim&eacute; ce roman pour des raisons que j'ai expliqu&eacute;es dans l'&eacute;mission &laquo;&nbsp;Zone critique&nbsp;&raquo; sur Espace 2, station culturelle de la Radio Suisse Romande.</span></span></span></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#000000"><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">Si j'avais &eacute;t&eacute; dans le jury, j'aurais &agrave; coup s&ucirc;r vot&eacute; pour Brigitte Giraud dont le dernier opus est encore une pure merveille. Les lecteurs de ce blog ne seront sans doute pas surpris car j'ai d&eacute;j&agrave; consacr&eacute; une s&eacute;rie de chroniques &agrave; cette auteure dont j'appr&eacute;cie beaucoup la pr&eacute;occupation sociale. Ce livre en est un nouvel exemple.</span></span></span></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108651_brigitte_giraud.jpg" class="photo_blog_visu" /></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">D&egrave;s les premi&egrave;res lignes, j'ai &eacute;t&eacute; happ&eacute; par cette histoire d&eacute;di&eacute;e &agrave; un certain Docteur Michel Clavel (voir l'interview ci-dessous)&nbsp;:</font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Mehdi est tomb&eacute; malade quand nous avons emm&eacute;nag&eacute; dans la nouvelle maison. C'est moi qui avais relev&eacute; la bo&icirc;te au lettres ce jour-l&agrave;, c'&eacute;tait un samedi matin. J'avais entre les mains l'enveloppe blanche petit format qui contenait des r&eacute;sultats d'analyse que nous ne saurions pas interpr&eacute;ter et qui allaient changer notre vie. Je marchais sur une planche de bois parce que le passage dans le jardin n'&eacute;tais pas encore fait et que le sol regorgeait d'eau. J'avan&ccedil;ais et tentais de conserver l'&eacute;quilibre. Il avait plu nuit et jour pendant pr&egrave;s d'une semaine, la rivi&egrave;re &agrave; l'arri&egrave;re du terrain mena&ccedil;ait de d&eacute;border, et je n'avais pu me consacrer, comme je l'avais pr&eacute;vu, &agrave; am&eacute;nager les abords de la maison. Le constructeur nous l'avait livr&eacute;e &agrave; l'&eacute;tat brut et, pour faire des &eacute;conomies, nous avions d&eacute;cid&eacute; de nous charger nous-m&ecirc;mes des finitions.</i></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">La maladie n'est jamais nomm&eacute;e mais on comprend vite qu'il s'agit d'un cancer. La nouvelle frappe de plein fouet une famille modeste dont voici les autres membres : la s&oelig;ur de Mehdi&nbsp;; sa m&egrave;re, secr&eacute;taire de direction&nbsp;; et son p&egrave;re, imprimeur qui raconte cette histoire. Brigitte Giraud a une fa&ccedil;on singuli&egrave;re de raconter la duret&eacute; sans jamais l'exposer &agrave; la piti&eacute; des autres. Elle dit les choses comme elles sont. </font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Il ne faudrait pas croire que la maladie est l'&eacute;l&eacute;ment central de ce livre. Certes, elle est omnipr&eacute;sente et bouleverse la vie de la famille mais ce qui int&eacute;resse l'auteure est plut&ocirc;t de montrer un rapport entre un enfant et son p&egrave;re. Ce dernier, pour des raisons que je ne raconterai &eacute;videmment pas ici, se voit soudain octroyer du temps, donn&eacute;e pr&eacute;cieuse &agrave; laquelle sa femme ne saurait pr&eacute;tendre&nbsp;: </font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Ma femme s'&eacute;tait d'abord absent&eacute;e plus que moi, mais comme elle venait d'arriver dans son entreprise, elle avait rapidement atteint la limite. Limite psychologique s'entend. Personne n'avait os&eacute; lui signifier (&eacute;videmment) que son enfant malade d&eacute;rangeait le bon d&eacute;roulement du service. Les r&eacute;serves ne venaient pas de la direction. Le patron l'avait d'ailleurs re&ccedil;ue un jour apr&egrave;s le travail, lui avait m&ecirc;me offert un caf&eacute; qu'elle n'avait pas os&eacute; refuser (elle avait failli dire que le caf&eacute;, apr&egrave;s dix-sept heures, l'emp&ecirc;chait de dormir, mais elle s'&eacute;tait aussit&ocirc;t reprise), le patron l'avait fait asseoir dans son vaste bureau, lui dans son grand fauteuil et elle sur un si&egrave;ge plus modeste, et s'&eacute;tait enquis de ma sant&eacute; de Mehdi, l'avait questionn&eacute;e sur le nom de la maladie, le d&eacute;roulement du traitement, s'&eacute;tait renseign&eacute; aussi sur le nombre de ses absences potentielles, ce &agrave; quoi ma femme avait r&eacute;pondu par une suite de mensonges, minimisant la situation, oui ma femme avait menti, sans doute parce qu'elle se mentait &agrave; elle-m&ecirc;me, et parce que personne, pas m&ecirc;me les m&eacute;decins, ne pouvaient pr&eacute;dire l'&eacute;volution du mal.</i></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">La maladie de Mehdi permet d'analyser le rapport qu'entretient une soci&eacute;t&eacute; avec l'immobilisme. Le p&egrave;re ne peut plus travailler comme avant afin d'assister son fils. Il s'agit d'une activit&eacute; gratuite, non rentable professionnellement. Et Brigitte Giraud de montrer admirablement l'incompr&eacute;hension grandissante de la soci&eacute;t&eacute;, la jalousie.</font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>l'une des assistantes de gestion avait laiss&eacute; entendre que, s'il fallait avoir un enfant malade pour avoir un rendez-vous avec le direction, elle allait s'arranger pour refiler la varicelle aux siens, et &agrave; quoi une autre fille avait r&eacute;pondu qu'elle n'avait pas &eacute;t&eacute; re&ccedil;ue quand son fils s'&eacute;tait cass&eacute; la jambe, deux poids, deux mesures, bien que le cas ait &eacute;t&eacute; assez grave, fracture ouverte et pose de broches.</i></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Le lecteur assiste donc &agrave; un bouleversement du quotidien. Brigitte Giraud ne c&egrave;de jamais au voyeurisme au voyeurisme. Ainsi quand elle d&eacute;crit Mehdi en train de s'&eacute;vanouir apr&egrave;s que l'aiguille de la seringue est trop longtemps rest&eacute;e dans son petit bras fragile. L'auteure ne s'y attarde pas. La pudeur, chez elle, n'est pas un vain mot.</font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Elle dit aussi la solidarit&eacute; sans jamais prononcer le mot. Le p&egrave;re de Mehdi annonce la nouvelle &agrave; ses coll&egrave;gues de travail qui ont d&eacute;j&agrave; subi la mort r&eacute;cente d'un des leurs, Rico. Le groupe est l&agrave;, pr&eacute;sent, &eacute;coute. Personne ne dit trop rien. Il y a de l'&eacute;l&eacute;gance dans ce silence. Chacun signifie pourtant dans ce mutisme sa disponibilit&eacute; &agrave; ce coll&egrave;gue qui a partag&eacute; tant de combats collectifs.</font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>C'est vrai que depuis le suicide de Rico l'&eacute;t&eacute; pr&eacute;c&eacute;dent il ne se passait pas grand-chose dans notre petite communaut&eacute;, &agrave; part les jours de gr&egrave;ve de f&eacute;vrier, gr&egrave;ve pour rien, qui avait bris&eacute; notre &eacute;lan mais renforc&eacute; la bonne entente du groupe.</i></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Il y a d'ailleurs un parall&egrave;le int&eacute;ressant entre le combat social et le combat contre la maladie. Les mots utilis&eacute;s s'inscrivent dans une violence sociale grandissante dont le monde du travail est sans doute l'aspect le plus visible.</font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>J'ai juste encha&icirc;n&eacute; comme &ccedil;a &agrave; la suite : On va se battre, et en m&ecirc;me temps que je pronon&ccedil;ais ces mots, j'en mesurais l'absurdit&eacute;, je me disais qu'il n'y avait rien &agrave; accomplir de particulier, la maladie n'avait pas de visage, pas de consistance, il suffisait simplement d'&ecirc;tre l&agrave; et faire ce qu'on nous dirait. Mais il est commun de penser que contre la maladie on se bat. Et puis, nous les hommes, depuis que nous sommes n&eacute;s, on nous demande de nous battre. Et comme l&agrave;, pr&eacute;cis&eacute;ment, j'&eacute;tais en train de me changer en h&eacute;ros sous les yeux de mes coll&egrave;gues, m&ecirc;me si pour l'instant le h&eacute;ros avait la voix qui tremble, je devais &ecirc;tre celui qui se bat, celui qui en a. Sous le regard des autres, je n'avais pas le choix.</i></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">La maladie, parce qu'elle contraint &agrave; &laquo;&nbsp;l'inactivit&eacute;&nbsp;&raquo; apporte son lot de questions. Celles-ci sont li&eacute;es &agrave; l'id&eacute;e du toujours plus&nbsp;: travailler davantage pour gagner davantage... et consommer davantage pourrait-on ajouter. Mais en quoi cette d&eacute;marche serait-elle adapt&eacute;e, pour reprendre l&agrave; encore une terminologie capitalistique, &agrave; la maladie d'un enfant&nbsp;: on ne peut combattre, on ne peut gu&eacute;rir la maladie par l'apport de biens de consommation. </font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Il manquait au d&eacute;part toujours quelque chose, il manquait une voiture, un dipl&ocirc;me, un amour, un enfant, un appartement, un travail, un jardin, il manquait de l'argent, la vie n'&eacute;tait que manque mais le temps allait tout r&eacute;soudre, allait tout construire, tout simplifier.</i></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">En prenant la plume, le p&egrave;re de Mehdi se met &agrave; nu et dit aussi ne pas &ecirc;tre habitu&eacute; &agrave; cette d&eacute;possession. Il ne cherche pas la formule, il se livre tel quel et c'est pr&eacute;cis&eacute;ment la simplicit&eacute; du propos qui frappe&nbsp;:</font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#000000"><i><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">j'avais l'intuition que mon fils ne m'appartiendrait bient&ocirc;t plus, que peu &agrave; peu il allait m'&ecirc;tre retir&eacute;.</span></span></i></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#000000"><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">Dans </span></span></span></font><font color="#000000"><i><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">Pas d'inqui&eacute;tude</span></span></i></font><font color="#000000"><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">, on voit bien aussi que la famille craint de d&eacute;ranger l'ordre &eacute;tabli. Pas &eacute;tonnant puisque, depuis toujours, on lui signifie qu'elle n'a pas voix au chapitre, qu'elle est relay&eacute;e au second-plan comme tous ceux qui n'ont pas le pouvoir &eacute;conomique. Heureusement, dans ce tableau, d'autres savent abattre les barri&egrave;res sociales, &agrave; commencer par le fameux docteur Clavel auquel ce livre est d&eacute;di&eacute;. </span></span></span></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Et le langage que Clavel employait et que ma femme et moi avions fini par adopter &eacute;tait un langage guerrier, actif et conqu&eacute;rant, qui nous faisait du bien et contrastait avec le reste de notre lexique, h&eacute;sitant, alambiqu&eacute; et plein de pi&egrave;ges.</i></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#000000"><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">Pendant que le monde adulte se penche sur son cas, Mehdi reste clo&icirc;tr&eacute;, lit </span></span></span></font><font color="#000000"><i><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">Robinson Cruso&eacute;</span></span></i></font><font color="#000000"><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">, trouvant sans doute dans la lecture de ce grand classique de la litt&eacute;rature mondiale une r&eacute;ponse aux questions qu'il se pose aussi, sur la solitude, l'isolement et les moyens d'y faire face.</span></span></span></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Habiter la maison &eacute;tait comme vivre sur une &icirc;le. J'aurais pu me laisser pousser la barbe et attendre qu'on vienne nous sortir de l&agrave;. Je devenais un homme archa&iuml;que, qui se terrait, ne bougeait plus que pour survivre.</i></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Se terrer pendant que d'autres investissent les lieux comme cette Madame Lucien vite cong&eacute;di&eacute;e. Cette derni&egrave;re croit dur comme fer au fait que la r&eacute;mission de Mehdi aurait un lien avec Dieu. Or, il n'y a pas de miracles. </font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Le p&egrave;re est oblig&eacute; de reprendre son travail apr&egrave;s une longue pause. Mais gr&acirc;ce &agrave; la solidarit&eacute; de ses coll&egrave;gues qui lui donnent tous un jour de RTT (la sc&egrave;ne est poignante), il peut continuer &agrave; passer du temps avec son fils (l'histoire est inspir&eacute;e d'un fait r&eacute;el dit Brigitte Giraud). Ce qui suscitera d'ailleurs la jalousie de madame.</font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>ma femme voulut me faire r&eacute;agir en d&eacute;clarant que je ne pouvais me permettre de juger &eacute;tant donn&eacute; que j'&eacute;tais l'enfant g&acirc;t&eacute; de l'imprimerie, sous-entendu le prot&eacute;g&eacute; de Jos&eacute;.</i></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#000000"><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">Mais j'en ai d&eacute;j&agrave; trop dit. La fin de ce livre m'a fait penser &agrave; celle de </span></span></span></font><font color="#000000"><i><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">Mar&eacute;e noire </span></span></i></font><font color="#000000"><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">de la m&ecirc;me auteure. Encore que je ne suis m&ecirc;me pas s&ucirc;r de pouvoir parler de fin tant Brigitte Giraud aime ouvrir d'autres portes. Une chose est s&ucirc;re&nbsp;: </span></span></span></font><font color="#000000"><i><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">mezza voce, </span></span></i></font><font color="#000000"><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">elle montre que dans la fureur et la vulgarit&eacute; ambiantes il y a encore de la place pour d'autres valeurs, non marchandes. </span></span></span></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">C'est inestimable.</font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Voici l'interview de Brigitte Giraud. Bonne &eacute;coute.</font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#000000"><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=8,0,0,0" width="450" height="90" id="playerFLV" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108652_itv_brigitte_giraud.mp3&mediaId=108652&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" /><param name="quality" value="high" /><param name="bgcolor" value="#FFFFFF" /><embed src="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108652_itv_brigitte_giraud.mp3&mediaId=108652&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" quality="high" bgcolor="#FFFFFF" width="450" height="90" name="playerFLV" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" /></object></span></span></span></font></font></font></p> <p>&nbsp;</p> William Novembre 2011 Brigitte Giraud, Pas d'inquiétude, Stock<br \><p>&nbsp;<style type="text/css"><!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } --> </style></p> <p align="justify" style="page-break-before: always; line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#000000"><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">Comme vous le savez peut-&ecirc;tre le prix Femina a &eacute;t&eacute; d&eacute;cern&eacute; hier &agrave; Simon Liberati pour </span></span></span></font><font color="#000000"><i><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">Jayne Mansfield 1967 </span></span></i></font><font color="#000000"><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">paru aux &eacute;ditions Grasset. Pas la peine de tourner autour du pot, je n'ai pas du tout aim&eacute; ce roman pour des raisons que j'ai expliqu&eacute;es dans l'&eacute;mission &laquo;&nbsp;Zone critique&nbsp;&raquo; sur Espace 2, station culturelle de la Radio Suisse Romande.</span></span></span></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#000000"><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">Si j'avais &eacute;t&eacute; dans le jury, j'aurais &agrave; coup s&ucirc;r vot&eacute; pour Brigitte Giraud dont le dernier opus est encore une pure merveille. Les lecteurs de ce blog ne seront sans doute pas surpris car j'ai d&eacute;j&agrave; consacr&eacute; une s&eacute;rie de chroniques &agrave; cette auteure dont j'appr&eacute;cie beaucoup la pr&eacute;occupation sociale. Ce livre en est un nouvel exemple.</span></span></span></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108651_brigitte_giraud.jpg" class="photo_blog_visu" /></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">D&egrave;s les premi&egrave;res lignes, j'ai &eacute;t&eacute; happ&eacute; par cette histoire d&eacute;di&eacute;e &agrave; un certain Docteur Michel Clavel (voir l'interview ci-dessous)&nbsp;:</font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Mehdi est tomb&eacute; malade quand nous avons emm&eacute;nag&eacute; dans la nouvelle maison. C'est moi qui avais relev&eacute; la bo&icirc;te au lettres ce jour-l&agrave;, c'&eacute;tait un samedi matin. J'avais entre les mains l'enveloppe blanche petit format qui contenait des r&eacute;sultats d'analyse que nous ne saurions pas interpr&eacute;ter et qui allaient changer notre vie. Je marchais sur une planche de bois parce que le passage dans le jardin n'&eacute;tais pas encore fait et que le sol regorgeait d'eau. J'avan&ccedil;ais et tentais de conserver l'&eacute;quilibre. Il avait plu nuit et jour pendant pr&egrave;s d'une semaine, la rivi&egrave;re &agrave; l'arri&egrave;re du terrain mena&ccedil;ait de d&eacute;border, et je n'avais pu me consacrer, comme je l'avais pr&eacute;vu, &agrave; am&eacute;nager les abords de la maison. Le constructeur nous l'avait livr&eacute;e &agrave; l'&eacute;tat brut et, pour faire des &eacute;conomies, nous avions d&eacute;cid&eacute; de nous charger nous-m&ecirc;mes des finitions.</i></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">La maladie n'est jamais nomm&eacute;e mais on comprend vite qu'il s'agit d'un cancer. La nouvelle frappe de plein fouet une famille modeste dont voici les autres membres : la s&oelig;ur de Mehdi&nbsp;; sa m&egrave;re, secr&eacute;taire de direction&nbsp;; et son p&egrave;re, imprimeur qui raconte cette histoire. Brigitte Giraud a une fa&ccedil;on singuli&egrave;re de raconter la duret&eacute; sans jamais l'exposer &agrave; la piti&eacute; des autres. Elle dit les choses comme elles sont. </font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Il ne faudrait pas croire que la maladie est l'&eacute;l&eacute;ment central de ce livre. Certes, elle est omnipr&eacute;sente et bouleverse la vie de la famille mais ce qui int&eacute;resse l'auteure est plut&ocirc;t de montrer un rapport entre un enfant et son p&egrave;re. Ce dernier, pour des raisons que je ne raconterai &eacute;videmment pas ici, se voit soudain octroyer du temps, donn&eacute;e pr&eacute;cieuse &agrave; laquelle sa femme ne saurait pr&eacute;tendre&nbsp;: </font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Ma femme s'&eacute;tait d'abord absent&eacute;e plus que moi, mais comme elle venait d'arriver dans son entreprise, elle avait rapidement atteint la limite. Limite psychologique s'entend. Personne n'avait os&eacute; lui signifier (&eacute;videmment) que son enfant malade d&eacute;rangeait le bon d&eacute;roulement du service. Les r&eacute;serves ne venaient pas de la direction. Le patron l'avait d'ailleurs re&ccedil;ue un jour apr&egrave;s le travail, lui avait m&ecirc;me offert un caf&eacute; qu'elle n'avait pas os&eacute; refuser (elle avait failli dire que le caf&eacute;, apr&egrave;s dix-sept heures, l'emp&ecirc;chait de dormir, mais elle s'&eacute;tait aussit&ocirc;t reprise), le patron l'avait fait asseoir dans son vaste bureau, lui dans son grand fauteuil et elle sur un si&egrave;ge plus modeste, et s'&eacute;tait enquis de ma sant&eacute; de Mehdi, l'avait questionn&eacute;e sur le nom de la maladie, le d&eacute;roulement du traitement, s'&eacute;tait renseign&eacute; aussi sur le nombre de ses absences potentielles, ce &agrave; quoi ma femme avait r&eacute;pondu par une suite de mensonges, minimisant la situation, oui ma femme avait menti, sans doute parce qu'elle se mentait &agrave; elle-m&ecirc;me, et parce que personne, pas m&ecirc;me les m&eacute;decins, ne pouvaient pr&eacute;dire l'&eacute;volution du mal.</i></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">La maladie de Mehdi permet d'analyser le rapport qu'entretient une soci&eacute;t&eacute; avec l'immobilisme. Le p&egrave;re ne peut plus travailler comme avant afin d'assister son fils. Il s'agit d'une activit&eacute; gratuite, non rentable professionnellement. Et Brigitte Giraud de montrer admirablement l'incompr&eacute;hension grandissante de la soci&eacute;t&eacute;, la jalousie.</font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>l'une des assistantes de gestion avait laiss&eacute; entendre que, s'il fallait avoir un enfant malade pour avoir un rendez-vous avec le direction, elle allait s'arranger pour refiler la varicelle aux siens, et &agrave; quoi une autre fille avait r&eacute;pondu qu'elle n'avait pas &eacute;t&eacute; re&ccedil;ue quand son fils s'&eacute;tait cass&eacute; la jambe, deux poids, deux mesures, bien que le cas ait &eacute;t&eacute; assez grave, fracture ouverte et pose de broches.</i></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Le lecteur assiste donc &agrave; un bouleversement du quotidien. Brigitte Giraud ne c&egrave;de jamais au voyeurisme au voyeurisme. Ainsi quand elle d&eacute;crit Mehdi en train de s'&eacute;vanouir apr&egrave;s que l'aiguille de la seringue est trop longtemps rest&eacute;e dans son petit bras fragile. L'auteure ne s'y attarde pas. La pudeur, chez elle, n'est pas un vain mot.</font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Elle dit aussi la solidarit&eacute; sans jamais prononcer le mot. Le p&egrave;re de Mehdi annonce la nouvelle &agrave; ses coll&egrave;gues de travail qui ont d&eacute;j&agrave; subi la mort r&eacute;cente d'un des leurs, Rico. Le groupe est l&agrave;, pr&eacute;sent, &eacute;coute. Personne ne dit trop rien. Il y a de l'&eacute;l&eacute;gance dans ce silence. Chacun signifie pourtant dans ce mutisme sa disponibilit&eacute; &agrave; ce coll&egrave;gue qui a partag&eacute; tant de combats collectifs.</font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>C'est vrai que depuis le suicide de Rico l'&eacute;t&eacute; pr&eacute;c&eacute;dent il ne se passait pas grand-chose dans notre petite communaut&eacute;, &agrave; part les jours de gr&egrave;ve de f&eacute;vrier, gr&egrave;ve pour rien, qui avait bris&eacute; notre &eacute;lan mais renforc&eacute; la bonne entente du groupe.</i></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Il y a d'ailleurs un parall&egrave;le int&eacute;ressant entre le combat social et le combat contre la maladie. Les mots utilis&eacute;s s'inscrivent dans une violence sociale grandissante dont le monde du travail est sans doute l'aspect le plus visible.</font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>J'ai juste encha&icirc;n&eacute; comme &ccedil;a &agrave; la suite : On va se battre, et en m&ecirc;me temps que je pronon&ccedil;ais ces mots, j'en mesurais l'absurdit&eacute;, je me disais qu'il n'y avait rien &agrave; accomplir de particulier, la maladie n'avait pas de visage, pas de consistance, il suffisait simplement d'&ecirc;tre l&agrave; et faire ce qu'on nous dirait. Mais il est commun de penser que contre la maladie on se bat. Et puis, nous les hommes, depuis que nous sommes n&eacute;s, on nous demande de nous battre. Et comme l&agrave;, pr&eacute;cis&eacute;ment, j'&eacute;tais en train de me changer en h&eacute;ros sous les yeux de mes coll&egrave;gues, m&ecirc;me si pour l'instant le h&eacute;ros avait la voix qui tremble, je devais &ecirc;tre celui qui se bat, celui qui en a. Sous le regard des autres, je n'avais pas le choix.</i></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">La maladie, parce qu'elle contraint &agrave; &laquo;&nbsp;l'inactivit&eacute;&nbsp;&raquo; apporte son lot de questions. Celles-ci sont li&eacute;es &agrave; l'id&eacute;e du toujours plus&nbsp;: travailler davantage pour gagner davantage... et consommer davantage pourrait-on ajouter. Mais en quoi cette d&eacute;marche serait-elle adapt&eacute;e, pour reprendre l&agrave; encore une terminologie capitalistique, &agrave; la maladie d'un enfant&nbsp;: on ne peut combattre, on ne peut gu&eacute;rir la maladie par l'apport de biens de consommation. </font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Il manquait au d&eacute;part toujours quelque chose, il manquait une voiture, un dipl&ocirc;me, un amour, un enfant, un appartement, un travail, un jardin, il manquait de l'argent, la vie n'&eacute;tait que manque mais le temps allait tout r&eacute;soudre, allait tout construire, tout simplifier.</i></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">En prenant la plume, le p&egrave;re de Mehdi se met &agrave; nu et dit aussi ne pas &ecirc;tre habitu&eacute; &agrave; cette d&eacute;possession. Il ne cherche pas la formule, il se livre tel quel et c'est pr&eacute;cis&eacute;ment la simplicit&eacute; du propos qui frappe&nbsp;:</font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#000000"><i><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">j'avais l'intuition que mon fils ne m'appartiendrait bient&ocirc;t plus, que peu &agrave; peu il allait m'&ecirc;tre retir&eacute;.</span></span></i></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#000000"><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">Dans </span></span></span></font><font color="#000000"><i><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">Pas d'inqui&eacute;tude</span></span></i></font><font color="#000000"><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">, on voit bien aussi que la famille craint de d&eacute;ranger l'ordre &eacute;tabli. Pas &eacute;tonnant puisque, depuis toujours, on lui signifie qu'elle n'a pas voix au chapitre, qu'elle est relay&eacute;e au second-plan comme tous ceux qui n'ont pas le pouvoir &eacute;conomique. Heureusement, dans ce tableau, d'autres savent abattre les barri&egrave;res sociales, &agrave; commencer par le fameux docteur Clavel auquel ce livre est d&eacute;di&eacute;. </span></span></span></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Et le langage que Clavel employait et que ma femme et moi avions fini par adopter &eacute;tait un langage guerrier, actif et conqu&eacute;rant, qui nous faisait du bien et contrastait avec le reste de notre lexique, h&eacute;sitant, alambiqu&eacute; et plein de pi&egrave;ges.</i></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#000000"><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">Pendant que le monde adulte se penche sur son cas, Mehdi reste clo&icirc;tr&eacute;, lit </span></span></span></font><font color="#000000"><i><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">Robinson Cruso&eacute;</span></span></i></font><font color="#000000"><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">, trouvant sans doute dans la lecture de ce grand classique de la litt&eacute;rature mondiale une r&eacute;ponse aux questions qu'il se pose aussi, sur la solitude, l'isolement et les moyens d'y faire face.</span></span></span></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Habiter la maison &eacute;tait comme vivre sur une &icirc;le. J'aurais pu me laisser pousser la barbe et attendre qu'on vienne nous sortir de l&agrave;. Je devenais un homme archa&iuml;que, qui se terrait, ne bougeait plus que pour survivre.</i></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Se terrer pendant que d'autres investissent les lieux comme cette Madame Lucien vite cong&eacute;di&eacute;e. Cette derni&egrave;re croit dur comme fer au fait que la r&eacute;mission de Mehdi aurait un lien avec Dieu. Or, il n'y a pas de miracles. </font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Le p&egrave;re est oblig&eacute; de reprendre son travail apr&egrave;s une longue pause. Mais gr&acirc;ce &agrave; la solidarit&eacute; de ses coll&egrave;gues qui lui donnent tous un jour de RTT (la sc&egrave;ne est poignante), il peut continuer &agrave; passer du temps avec son fils (l'histoire est inspir&eacute;e d'un fait r&eacute;el dit Brigitte Giraud). Ce qui suscitera d'ailleurs la jalousie de madame.</font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>ma femme voulut me faire r&eacute;agir en d&eacute;clarant que je ne pouvais me permettre de juger &eacute;tant donn&eacute; que j'&eacute;tais l'enfant g&acirc;t&eacute; de l'imprimerie, sous-entendu le prot&eacute;g&eacute; de Jos&eacute;.</i></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#000000"><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">Mais j'en ai d&eacute;j&agrave; trop dit. La fin de ce livre m'a fait penser &agrave; celle de </span></span></span></font><font color="#000000"><i><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">Mar&eacute;e noire </span></span></i></font><font color="#000000"><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">de la m&ecirc;me auteure. Encore que je ne suis m&ecirc;me pas s&ucirc;r de pouvoir parler de fin tant Brigitte Giraud aime ouvrir d'autres portes. Une chose est s&ucirc;re&nbsp;: </span></span></span></font><font color="#000000"><i><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">mezza voce, </span></span></i></font><font color="#000000"><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">elle montre que dans la fureur et la vulgarit&eacute; ambiantes il y a encore de la place pour d'autres valeurs, non marchandes. </span></span></span></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">C'est inestimable.</font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Voici l'interview de Brigitte Giraud. Bonne &eacute;coute.</font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#000000"><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=8,0,0,0" width="450" height="90" id="playerFLV" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108652_itv_brigitte_giraud.mp3&mediaId=108652&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" /><param name="quality" value="high" /><param name="bgcolor" value="#FFFFFF" /><embed src="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108652_itv_brigitte_giraud.mp3&mediaId=108652&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" quality="high" bgcolor="#FFFFFF" width="450" height="90" name="playerFLV" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" /></object></span></span></span></font></font></font></p> <p>&nbsp;</p> no William Irigoyen Ecrire la Révolution, 1784-1795, lettres de Gaston de Lévis adressées à Pauline, La Louve éditions http://blogs.arte.tv/Le_poing_et_la_plume/frontUser.do?method=getPost&postId=108754&blogName=Le_poing_et_la_plume Wed, 26 Oct 2011 18:06:00 +0200 Ecrire la Révolution, 1784-1795, lettres de Gaston de Lévis adressées à Pauline, La Louve éditions<br \><p>&nbsp;<style type="text/css"><!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } --> </style></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108551_arton72.jpg" class="photo_blog_visu" /></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Il y a quelques mois, Jean-Louis Marteil, directeur des &eacute;ditions de la Louve, m'a contact&eacute; chez Arte, me disant qu'il allait publier un livre de correspondance entre Pierre-Marc-Gaston de L&eacute;vis et Pauline, sa ch&egrave;re et tendre. Mon inculture quant &agrave; ce couple fut bien vite combl&eacute;e lorsque mon interlocuteur me pr&eacute;cisa qu'il s'agissait de nobles ayant connu l'&eacute;migration, que les lettres couvraient la p&eacute;riode 1784-1795, et que lesdits documents permettaient de vivre quasiment en direct et de l'int&eacute;rieur la pouss&eacute;e r&eacute;volutionnaire dans la France de Louis XVI. </font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Si le grand public a la chance d'avoir acc&egrave;s &agrave; un tel corpus, il le doit avant tout &agrave; Claudine Pailh&egrave;s, directrice des Archives D&eacute;partementales de l'Ari&egrave;ge dont vous retrouverez l'interview qu'elle m'a accord&eacute;e pour la Revue des Deux Mondes et qui sera publi&eacute;e dans le num&eacute;ro de janvier. </font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Pr&eacute;cisons d'embl&eacute;e qu'il s'agit bien d'une correspondance mais seules les lettres de Gaston de L&eacute;vis figurent dans ce livre. Un jour peut-&ecirc;tre les r&eacute;ponses de Pauline finiront par r&eacute;appara&icirc;tre. Ce qui est s&ucirc;r c'est que le couple, peu confiant dans le travail de la poste, num&eacute;rotait ses lettres ce qui permet aux historiens de mesurer ce qui manque. On a donc ici un corpus de 236 lettres mais aussi huit chapitres d'un Journal de Prusse o&ugrave; le duc se rend en 1784, juste apr&egrave;s son mariage avec Pauline, en compagnie de son fid&egrave;le ami Pont&eacute;coulant &ndash; il lui viendra en aide &agrave; la R&eacute;volution alors qu'il n'&eacute;tait pas vraiment du m&ecirc;me bord politique -. But du voyage outre-Rhin&nbsp;: parfaire son instruction militaire et assister aux man&oelig;uvres de l'arm&eacute;e prussienne, une des plus c&eacute;l&egrave;bres &agrave; l'&eacute;poque. Ce qui frappe d'embl&eacute;e, c'est que rien n'&eacute;chappe au regard du noble qui n'h&eacute;site pas &agrave; railler le &laquo;&nbsp;mauvais go&ucirc;t allemand&nbsp;&raquo;&nbsp;:</font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i><font color="#000000"><span style="font-weight: normal">Aussi, Berlin, dans une &eacute;tendue immense, n&rsquo;offre point ce coup d&rsquo;&oelig;il anim&eacute; qui pla&icirc;t tant &agrave; Londres et &agrave; Paris. Les rues presque d&eacute;sertes et pour la plupart tir&eacute;es au cordeau seraient d&rsquo;une immense uniformit&eacute; si l&rsquo;on n&rsquo;avait eu soin de varier le devant de chaque maison d&rsquo;une architecture diff&eacute;rente et sur les meilleurs mod&egrave;les de Palladio, Sansovino et autres.</span></font><b><font color="#000000"> </font></b></i></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Il lui arrive aussi de viser directement des personnalit&eacute;s, comme ici Ferdinand, fr&egrave;re de Fr&eacute;d&eacute;ric II, dont il fait un portrait pour le moins cocasse...</font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#000000"><i>Quoiqu&rsquo;il soit le plus affable et le meilleur prince du monde, c&rsquo;est une chose vraiment comique que la mani&egrave;re dont il re&ccedil;oit les &eacute;trangers. Il fait une quantit&eacute; prodigieuse de grimaces dans le genre, si j&rsquo;ose le dire, de monsieur votre archev&ecirc;que de Paris, et m&ecirc;me la comparaison serait toute enti&egrave;re &agrave; l&rsquo;avantage du prince Ferdinand par l&rsquo;extr&ecirc;me vari&eacute;t&eacute; et la volubilit&eacute; des siennes. Il n&rsquo;en est pas ainsi de sa langue qui est, au contraire, extr&ecirc;mement embarrass&eacute;e, et comme il prononce avec peine, il rem&eacute;die &agrave; cet inconv&eacute;nient en r&eacute;p&eacute;tant enti&egrave;rement chaque phrase deux fois, ce qui ne laisse pas d&rsquo;allonger la conversation.</i></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal"><font color="#000000">&hellip; </font><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#000000"><span style="font-style: normal">quand il ne s'attaque pas directement au roi de Presse lui-m&ecirc;me&nbsp;:</span></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#000000"><i>Il n&rsquo;y a gu&egrave;re que dix-huit mois qu&rsquo;il poss&egrave;de deux habits et c&rsquo;est un accident qui lui en a montr&eacute; la n&eacute;cessit&eacute; : en allant de Potsdam &agrave; Magdeburg &agrave; cheval, quoiqu&rsquo;il y ait pr&egrave;s de 40 lieues, il survint un orage affreux, le soir il donna son unique habit &agrave; son palefrenier pour le s&eacute;cher et ce pauvre diable, ext&eacute;nu&eacute; de fatigue, s&rsquo;endormit au coin du feu et le laissa tomber ; le lendemain matin, le roi en r&eacute;veillant son homme, trouva un pan de son habit presque br&ucirc;l&eacute; et n&rsquo;en poss&eacute;dant point d&rsquo;autre il fit la revue de ses troupes avec une poche de moins. C&rsquo;est alors qu&rsquo;il s&rsquo;est d&eacute;termin&eacute; &agrave; se faire faire un uniforme de plus.</i></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Lors de ce voyage, Gaston de L&eacute;vis fait halte dans certaines villes allemandes. Il se met alors &agrave; discourir d'une fa&ccedil;on parfois d&eacute;routante. </font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Francfort est le lieu de l&rsquo;&eacute;lection et du couronnement de l'Empereur. C&rsquo;est dans la sacristie de l&rsquo;&eacute;glise catholique que s&rsquo;assemblent les &eacute;lecteurs. D&egrave;s qu&rsquo;ils sont d&rsquo;accord, on &eacute;l&egrave;ve sur le ma&icirc;tre autel le prince sur lequel les voix se sont r&eacute;unies. C&rsquo;est une grande question qui partage les publicistes d&rsquo;Allemagne de savoir si une femme peut &ecirc;tre &eacute;lue empereur. Je pourrais faire parade ici de mon reste d&rsquo;&eacute;rudition en vous rapportant ce qui est sur cet article dans la Bulle d&rsquo;or, mais j&rsquo;aime mieux vous dire plus simplement que les Allemands n&rsquo;ont pas apparemment trouv&eacute; assez d&rsquo;esprit &agrave; leurs femmes, s&rsquo;ils avaient eu des Fran&ccedil;aises, la question se serait d&eacute;cid&eacute;e bien vite.</i></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Le plus extraordinaire est donc la publication des fameuses lettres adress&eacute;es &agrave; Pauline qu'il surnomme tour &agrave; tour &laquo;&nbsp;chat&nbsp;&raquo; ou encore &laquo;&nbsp;toutou&nbsp;&raquo; mais dont il n'h&eacute;site pas, r&eacute;guli&egrave;rement, &agrave; reprendre l'orthographe, la grammaire alors que, rappelons-le, le pays a justement bien d'autres chats &agrave; fouetter. Jamais celui qui fut au service de Monsieur, futur Louis XVIII, ne manifeste de la peur face aux &eacute;v&eacute;nements. Bien au contraire, il les d&eacute;crit de fa&ccedil;on tr&egrave;s d&eacute;taill&eacute;e, avec une certaine neutralit&eacute; qu'on n'attendrait pas de quelqu'un potentiellement en danger.</font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Le duc fait vraiment office de reporter avant l'heure. Il d&eacute;crit les &eacute;lections des &eacute;tats g&eacute;n&eacute;raux de 1789 dans le cadre du baillage, il confie &agrave; demi-mot son int&eacute;r&ecirc;t pour un syst&egrave;me de monarchie constitutionnelle (sur le mod&egrave;le britannique), dit sa d&eacute;testation de la D&eacute;claration des droits de l'homme, raconte la fuite de Monsieur, celle de Louis XVI &agrave; Varennes. Il parle de ses contemporains comme la Fayette, Talleyrand, Rousseau, Mirabeau. Il &eacute;voque des choses plus futiles en apparence comme le vol en montgolfi&egrave;re de <font color="#000000"><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal">Pierre Tetu-Brissy qui devait durer un jour mais s'&eacute;crasa au bout de 35 minutes dans un champ de bl&eacute;, provoquant la col&egrave;re d'agriculteurs. </span></span></font>Mais le temps fort de ces lettres est incontestablement celui du 20 juin 1792 aux Tuileries. </font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#000000"><i>Je sortis donc pour aller d&icirc;ner chez ma s&oelig;ur. Je n&rsquo;&eacute;tais pas au bout de la cour que je vis la grande porte ouverte et une foule de gens &agrave; piques se pr&eacute;cipitant vers le ch&acirc;teau &agrave; travers deux haies de gardes nationaux et de gendarmerie qui les laissaient faire. Je rentrai bien vite chez madame de Tourzel pour prendre mon &eacute;p&eacute;e que j&rsquo;y avais laiss&eacute;e et me joindre &agrave; ces messieurs. Pendant qu&rsquo;ils prenaient leurs armes, les canonniers qui &eacute;taient sous nos fen&ecirc;tres firent mine de tirer, mais quelques fusils dirig&eacute;s contre eux presque &agrave; bout portant les y firent renoncer. Nous cour&ucirc;mes pour monter chez le roi par un petit escalier, la grille &eacute;tait ferm&eacute;e, quelques grenadiers la d&eacute;fendaient en dedans et ne voulurent jamais l&rsquo;ouvrir, les gens &agrave; piques nous poussaient par derri&egrave;re pour entrer avec nous. (&hellip;) sans-culottes, un d&rsquo;eux qui la gardait me donna un coup de marteau dans le creux de l&rsquo;estomac, ce qui, pour le moment, me mit hors de combat (&hellip;) Dans ce tumulte, un grenadier, l&rsquo;on dit Santerre, pr&eacute;senta un bonnet rouge au roi, en le mena&ccedil;ant ; il le mit sur sa t&ecirc;te et l&rsquo;y garda plus de trois heures.(...) C&rsquo;est dans cet &eacute;tat que je trouvai les choses lorsque je pus revenir au ch&acirc;teau et, dans la salle qui pr&eacute;c&egrave;de celle o&ugrave; se tenait le roi, j&rsquo;ai entendu des bouchers dire : &laquo; Tant qu&rsquo;on ne verra pas sur des piques la t&ecirc;te de ces deux monstres, le peuple ne sera pas heureux &raquo;. L&rsquo;Assembl&eacute;e envoya un peu tard des d&eacute;putations et, &agrave; dix heures du soir, tout &eacute;tait fini, beaucoup, en s&rsquo;en allant, criant &agrave; demain. Cependant, il est onze heures pass&eacute;es, il n&rsquo;y a rien et il n&rsquo;y aura rien. Je crois pourtant qu&rsquo;une pareille sc&egrave;ne recommencera la semaine prochaine et que les suites, cette fois, en seront tragiques, mais je ne l&rsquo;attendrai pas.</i></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">On s'y croirait. </font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">A partir de l&agrave;, Gaston de L&eacute;vis d&eacute;cide de s'engager dans l'arm&eacute;e des Princes, ce qui implique alors de passer du c&ocirc;t&eacute; des &eacute;migr&eacute;s qu'il ha&iuml;ssait. On le suit quand il entre sous une fausse identit&eacute; dans les chasseurs wallons, un corps de l'arm&eacute;e autrichienne form&eacute; d'hommes lev&eacute;s en Belgique, sous les ordres du g&eacute;n&eacute;ral Clerfayt. Vous tremblerez sans doute au r&eacute;cit que fait le duc de son retour en France en 1793 avec sa femme et qu'il est alors d&eacute;nonc&eacute; aux Jacobins. Mais Gaston de L&eacute;vis est aussi un &ecirc;tre chanceux, contrairement aux membres de sa famille qui p&eacute;riront sur l'&eacute;chafaud. La preuve&nbsp;: il obtient un certificat de complaisance attestant qu'il est bien rest&eacute; en France. A nouveau sur le chemin de l'exil, le duc est bless&eacute; sur les gr&egrave;ves de Quiberon mais il s'en tirera une nouvelle fois. Et tout cela, oui, on peut le lire dans les lettres.</font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Il faut attendre le coup d'&eacute;tat du 18 brumaire pour que Gaston et Pauline soient ray&eacute;s des listes d'&eacute;migr&eacute;s gr&acirc;ce &agrave; l'intervention de Pont&eacute;coulant et de Jos&eacute;phine de Beauharnais dont la duchesse &eacute;tait une lointaine parente. Dans la derni&egrave;re p&eacute;riode de sa vie, le duc s'&eacute;loigna de la politique et entra &agrave; l'Acad&eacute;mie Fran&ccedil;aise. </font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Avouez que cette vie est un roman. Et ces lettres sont l&agrave; pour porter l'existence romanesque d'un homme qui fit assur&eacute;ment t&acirc;che parmi les siens. Gaston de L&eacute;vis fut sans doute un noble atypique, qui fit preuve de tol&eacute;rance pour les id&eacute;es nouvelles. Il fut un honn&ecirc;te homme au sens o&ugrave; on l'entendait autrefois.</font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Rendons hommage &agrave; Claudine Pailh&egrave;s et Jean-Louis Marteil d'avoir port&eacute; cela &agrave; notre connaissance. Gr&acirc;ce &agrave; eux, les pr&eacute;jug&eacute;s les plus tenaces &agrave; l'&eacute;gard des nobles, en prennent un sacr&eacute; coup. Ce n'est pas tous les jours que l'on peut penser contre soi, contre ses propres pr&eacute;jug&eacute;s.</font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Voici donc l'interview de Jean-Louis Marteil, directeur des &eacute;ditions de La Louve. Bonne &eacute;coute.</font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=8,0,0,0" width="450" height="90" id="playerFLV" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108522_itv_jean-louis_marteil.mp3&mediaId=108522&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" /><param name="quality" value="high" /><param name="bgcolor" value="#FFFFFF" /><embed src="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108522_itv_jean-louis_marteil.mp3&mediaId=108522&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" quality="high" bgcolor="#FFFFFF" width="450" height="90" name="playerFLV" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" /></object></font></font></p> <p>&nbsp;</p> William Octobre 2011 Ecrire la Révolution, 1784-1795, lettres de Gaston de Lévis adressées à Pauline, La Louve éditions<br \><p>&nbsp;<style type="text/css"><!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } --> </style></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108551_arton72.jpg" class="photo_blog_visu" /></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Il y a quelques mois, Jean-Louis Marteil, directeur des &eacute;ditions de la Louve, m'a contact&eacute; chez Arte, me disant qu'il allait publier un livre de correspondance entre Pierre-Marc-Gaston de L&eacute;vis et Pauline, sa ch&egrave;re et tendre. Mon inculture quant &agrave; ce couple fut bien vite combl&eacute;e lorsque mon interlocuteur me pr&eacute;cisa qu'il s'agissait de nobles ayant connu l'&eacute;migration, que les lettres couvraient la p&eacute;riode 1784-1795, et que lesdits documents permettaient de vivre quasiment en direct et de l'int&eacute;rieur la pouss&eacute;e r&eacute;volutionnaire dans la France de Louis XVI. </font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Si le grand public a la chance d'avoir acc&egrave;s &agrave; un tel corpus, il le doit avant tout &agrave; Claudine Pailh&egrave;s, directrice des Archives D&eacute;partementales de l'Ari&egrave;ge dont vous retrouverez l'interview qu'elle m'a accord&eacute;e pour la Revue des Deux Mondes et qui sera publi&eacute;e dans le num&eacute;ro de janvier. </font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Pr&eacute;cisons d'embl&eacute;e qu'il s'agit bien d'une correspondance mais seules les lettres de Gaston de L&eacute;vis figurent dans ce livre. Un jour peut-&ecirc;tre les r&eacute;ponses de Pauline finiront par r&eacute;appara&icirc;tre. Ce qui est s&ucirc;r c'est que le couple, peu confiant dans le travail de la poste, num&eacute;rotait ses lettres ce qui permet aux historiens de mesurer ce qui manque. On a donc ici un corpus de 236 lettres mais aussi huit chapitres d'un Journal de Prusse o&ugrave; le duc se rend en 1784, juste apr&egrave;s son mariage avec Pauline, en compagnie de son fid&egrave;le ami Pont&eacute;coulant &ndash; il lui viendra en aide &agrave; la R&eacute;volution alors qu'il n'&eacute;tait pas vraiment du m&ecirc;me bord politique -. But du voyage outre-Rhin&nbsp;: parfaire son instruction militaire et assister aux man&oelig;uvres de l'arm&eacute;e prussienne, une des plus c&eacute;l&egrave;bres &agrave; l'&eacute;poque. Ce qui frappe d'embl&eacute;e, c'est que rien n'&eacute;chappe au regard du noble qui n'h&eacute;site pas &agrave; railler le &laquo;&nbsp;mauvais go&ucirc;t allemand&nbsp;&raquo;&nbsp;:</font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i><font color="#000000"><span style="font-weight: normal">Aussi, Berlin, dans une &eacute;tendue immense, n&rsquo;offre point ce coup d&rsquo;&oelig;il anim&eacute; qui pla&icirc;t tant &agrave; Londres et &agrave; Paris. Les rues presque d&eacute;sertes et pour la plupart tir&eacute;es au cordeau seraient d&rsquo;une immense uniformit&eacute; si l&rsquo;on n&rsquo;avait eu soin de varier le devant de chaque maison d&rsquo;une architecture diff&eacute;rente et sur les meilleurs mod&egrave;les de Palladio, Sansovino et autres.</span></font><b><font color="#000000"> </font></b></i></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Il lui arrive aussi de viser directement des personnalit&eacute;s, comme ici Ferdinand, fr&egrave;re de Fr&eacute;d&eacute;ric II, dont il fait un portrait pour le moins cocasse...</font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#000000"><i>Quoiqu&rsquo;il soit le plus affable et le meilleur prince du monde, c&rsquo;est une chose vraiment comique que la mani&egrave;re dont il re&ccedil;oit les &eacute;trangers. Il fait une quantit&eacute; prodigieuse de grimaces dans le genre, si j&rsquo;ose le dire, de monsieur votre archev&ecirc;que de Paris, et m&ecirc;me la comparaison serait toute enti&egrave;re &agrave; l&rsquo;avantage du prince Ferdinand par l&rsquo;extr&ecirc;me vari&eacute;t&eacute; et la volubilit&eacute; des siennes. Il n&rsquo;en est pas ainsi de sa langue qui est, au contraire, extr&ecirc;mement embarrass&eacute;e, et comme il prononce avec peine, il rem&eacute;die &agrave; cet inconv&eacute;nient en r&eacute;p&eacute;tant enti&egrave;rement chaque phrase deux fois, ce qui ne laisse pas d&rsquo;allonger la conversation.</i></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal"><font color="#000000">&hellip; </font><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#000000"><span style="font-style: normal">quand il ne s'attaque pas directement au roi de Presse lui-m&ecirc;me&nbsp;:</span></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#000000"><i>Il n&rsquo;y a gu&egrave;re que dix-huit mois qu&rsquo;il poss&egrave;de deux habits et c&rsquo;est un accident qui lui en a montr&eacute; la n&eacute;cessit&eacute; : en allant de Potsdam &agrave; Magdeburg &agrave; cheval, quoiqu&rsquo;il y ait pr&egrave;s de 40 lieues, il survint un orage affreux, le soir il donna son unique habit &agrave; son palefrenier pour le s&eacute;cher et ce pauvre diable, ext&eacute;nu&eacute; de fatigue, s&rsquo;endormit au coin du feu et le laissa tomber ; le lendemain matin, le roi en r&eacute;veillant son homme, trouva un pan de son habit presque br&ucirc;l&eacute; et n&rsquo;en poss&eacute;dant point d&rsquo;autre il fit la revue de ses troupes avec une poche de moins. C&rsquo;est alors qu&rsquo;il s&rsquo;est d&eacute;termin&eacute; &agrave; se faire faire un uniforme de plus.</i></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Lors de ce voyage, Gaston de L&eacute;vis fait halte dans certaines villes allemandes. Il se met alors &agrave; discourir d'une fa&ccedil;on parfois d&eacute;routante. </font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal"><font color="#000000"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Francfort est le lieu de l&rsquo;&eacute;lection et du couronnement de l'Empereur. C&rsquo;est dans la sacristie de l&rsquo;&eacute;glise catholique que s&rsquo;assemblent les &eacute;lecteurs. D&egrave;s qu&rsquo;ils sont d&rsquo;accord, on &eacute;l&egrave;ve sur le ma&icirc;tre autel le prince sur lequel les voix se sont r&eacute;unies. C&rsquo;est une grande question qui partage les publicistes d&rsquo;Allemagne de savoir si une femme peut &ecirc;tre &eacute;lue empereur. Je pourrais faire parade ici de mon reste d&rsquo;&eacute;rudition en vous rapportant ce qui est sur cet article dans la Bulle d&rsquo;or, mais j&rsquo;aime mieux vous dire plus simplement que les Allemands n&rsquo;ont pas apparemment trouv&eacute; assez d&rsquo;esprit &agrave; leurs femmes, s&rsquo;ils avaient eu des Fran&ccedil;aises, la question se serait d&eacute;cid&eacute;e bien vite.</i></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Le plus extraordinaire est donc la publication des fameuses lettres adress&eacute;es &agrave; Pauline qu'il surnomme tour &agrave; tour &laquo;&nbsp;chat&nbsp;&raquo; ou encore &laquo;&nbsp;toutou&nbsp;&raquo; mais dont il n'h&eacute;site pas, r&eacute;guli&egrave;rement, &agrave; reprendre l'orthographe, la grammaire alors que, rappelons-le, le pays a justement bien d'autres chats &agrave; fouetter. Jamais celui qui fut au service de Monsieur, futur Louis XVIII, ne manifeste de la peur face aux &eacute;v&eacute;nements. Bien au contraire, il les d&eacute;crit de fa&ccedil;on tr&egrave;s d&eacute;taill&eacute;e, avec une certaine neutralit&eacute; qu'on n'attendrait pas de quelqu'un potentiellement en danger.</font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Le duc fait vraiment office de reporter avant l'heure. Il d&eacute;crit les &eacute;lections des &eacute;tats g&eacute;n&eacute;raux de 1789 dans le cadre du baillage, il confie &agrave; demi-mot son int&eacute;r&ecirc;t pour un syst&egrave;me de monarchie constitutionnelle (sur le mod&egrave;le britannique), dit sa d&eacute;testation de la D&eacute;claration des droits de l'homme, raconte la fuite de Monsieur, celle de Louis XVI &agrave; Varennes. Il parle de ses contemporains comme la Fayette, Talleyrand, Rousseau, Mirabeau. Il &eacute;voque des choses plus futiles en apparence comme le vol en montgolfi&egrave;re de <font color="#000000"><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal">Pierre Tetu-Brissy qui devait durer un jour mais s'&eacute;crasa au bout de 35 minutes dans un champ de bl&eacute;, provoquant la col&egrave;re d'agriculteurs. </span></span></font>Mais le temps fort de ces lettres est incontestablement celui du 20 juin 1792 aux Tuileries. </font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><font color="#000000"><i>Je sortis donc pour aller d&icirc;ner chez ma s&oelig;ur. Je n&rsquo;&eacute;tais pas au bout de la cour que je vis la grande porte ouverte et une foule de gens &agrave; piques se pr&eacute;cipitant vers le ch&acirc;teau &agrave; travers deux haies de gardes nationaux et de gendarmerie qui les laissaient faire. Je rentrai bien vite chez madame de Tourzel pour prendre mon &eacute;p&eacute;e que j&rsquo;y avais laiss&eacute;e et me joindre &agrave; ces messieurs. Pendant qu&rsquo;ils prenaient leurs armes, les canonniers qui &eacute;taient sous nos fen&ecirc;tres firent mine de tirer, mais quelques fusils dirig&eacute;s contre eux presque &agrave; bout portant les y firent renoncer. Nous cour&ucirc;mes pour monter chez le roi par un petit escalier, la grille &eacute;tait ferm&eacute;e, quelques grenadiers la d&eacute;fendaient en dedans et ne voulurent jamais l&rsquo;ouvrir, les gens &agrave; piques nous poussaient par derri&egrave;re pour entrer avec nous. (&hellip;) sans-culottes, un d&rsquo;eux qui la gardait me donna un coup de marteau dans le creux de l&rsquo;estomac, ce qui, pour le moment, me mit hors de combat (&hellip;) Dans ce tumulte, un grenadier, l&rsquo;on dit Santerre, pr&eacute;senta un bonnet rouge au roi, en le mena&ccedil;ant ; il le mit sur sa t&ecirc;te et l&rsquo;y garda plus de trois heures.(...) C&rsquo;est dans cet &eacute;tat que je trouvai les choses lorsque je pus revenir au ch&acirc;teau et, dans la salle qui pr&eacute;c&egrave;de celle o&ugrave; se tenait le roi, j&rsquo;ai entendu des bouchers dire : &laquo; Tant qu&rsquo;on ne verra pas sur des piques la t&ecirc;te de ces deux monstres, le peuple ne sera pas heureux &raquo;. L&rsquo;Assembl&eacute;e envoya un peu tard des d&eacute;putations et, &agrave; dix heures du soir, tout &eacute;tait fini, beaucoup, en s&rsquo;en allant, criant &agrave; demain. Cependant, il est onze heures pass&eacute;es, il n&rsquo;y a rien et il n&rsquo;y aura rien. Je crois pourtant qu&rsquo;une pareille sc&egrave;ne recommencera la semaine prochaine et que les suites, cette fois, en seront tragiques, mais je ne l&rsquo;attendrai pas.</i></font></font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">On s'y croirait. </font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">A partir de l&agrave;, Gaston de L&eacute;vis d&eacute;cide de s'engager dans l'arm&eacute;e des Princes, ce qui implique alors de passer du c&ocirc;t&eacute; des &eacute;migr&eacute;s qu'il ha&iuml;ssait. On le suit quand il entre sous une fausse identit&eacute; dans les chasseurs wallons, un corps de l'arm&eacute;e autrichienne form&eacute; d'hommes lev&eacute;s en Belgique, sous les ordres du g&eacute;n&eacute;ral Clerfayt. Vous tremblerez sans doute au r&eacute;cit que fait le duc de son retour en France en 1793 avec sa femme et qu'il est alors d&eacute;nonc&eacute; aux Jacobins. Mais Gaston de L&eacute;vis est aussi un &ecirc;tre chanceux, contrairement aux membres de sa famille qui p&eacute;riront sur l'&eacute;chafaud. La preuve&nbsp;: il obtient un certificat de complaisance attestant qu'il est bien rest&eacute; en France. A nouveau sur le chemin de l'exil, le duc est bless&eacute; sur les gr&egrave;ves de Quiberon mais il s'en tirera une nouvelle fois. Et tout cela, oui, on peut le lire dans les lettres.</font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Il faut attendre le coup d'&eacute;tat du 18 brumaire pour que Gaston et Pauline soient ray&eacute;s des listes d'&eacute;migr&eacute;s gr&acirc;ce &agrave; l'intervention de Pont&eacute;coulant et de Jos&eacute;phine de Beauharnais dont la duchesse &eacute;tait une lointaine parente. Dans la derni&egrave;re p&eacute;riode de sa vie, le duc s'&eacute;loigna de la politique et entra &agrave; l'Acad&eacute;mie Fran&ccedil;aise. </font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Avouez que cette vie est un roman. Et ces lettres sont l&agrave; pour porter l'existence romanesque d'un homme qui fit assur&eacute;ment t&acirc;che parmi les siens. Gaston de L&eacute;vis fut sans doute un noble atypique, qui fit preuve de tol&eacute;rance pour les id&eacute;es nouvelles. Il fut un honn&ecirc;te homme au sens o&ugrave; on l'entendait autrefois.</font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Rendons hommage &agrave; Claudine Pailh&egrave;s et Jean-Louis Marteil d'avoir port&eacute; cela &agrave; notre connaissance. Gr&acirc;ce &agrave; eux, les pr&eacute;jug&eacute;s les plus tenaces &agrave; l'&eacute;gard des nobles, en prennent un sacr&eacute; coup. Ce n'est pas tous les jours que l'on peut penser contre soi, contre ses propres pr&eacute;jug&eacute;s.</font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Voici donc l'interview de Jean-Louis Marteil, directeur des &eacute;ditions de La Louve. Bonne &eacute;coute.</font></font></p> <p align="justify" style="line-height: 150%; margin-bottom: 0cm">&nbsp;</p> <p align="justify" style="line-height: 150%; font-style: normal; margin-bottom: 0cm; font-weight: normal"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=8,0,0,0" width="450" height="90" id="playerFLV" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108522_itv_jean-louis_marteil.mp3&mediaId=108522&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" /><param name="quality" value="high" /><param name="bgcolor" value="#FFFFFF" /><embed src="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108522_itv_jean-louis_marteil.mp3&mediaId=108522&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" quality="high" bgcolor="#FFFFFF" width="450" height="90" name="playerFLV" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" /></object></font></font></p> <p>&nbsp;</p> no William Irigoyen Xabi Molia, Avant de disparaître, Seuil http://blogs.arte.tv/Le_poing_et_la_plume/frontUser.do?method=getPost&postId=108752&blogName=Le_poing_et_la_plume Tue, 25 Oct 2011 22:23:54 +0200 Xabi Molia, Avant de disparaître, Seuil<br \><p><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108177_xabi_molia.jpg" class="photo_blog_visu" /></span></span></font></font> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal">Ecrivain, sc&eacute;nariste, r&eacute;alisateur, Xabi Molia est de ces &ecirc;tres que la dispersion artistique n'effraie pas, bien au contraire. N'&eacute;tant pas cin&eacute;phile, je ne vous dirai rien de </span></span><i><span style="font-weight: normal">Huit fois debout, </span></i><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal">son premier long-m&eacute;trage avec Julie Gayet et Denis Podalyd&egrave;s sorti il y a deux ans et prim&eacute; &agrave; l'&eacute;tranger. En revanche, je connais mieux Xabi Molia l'&eacute;crivain qui signe, en cette rentr&eacute;e litt&eacute;raire, son cinqui&egrave;me livre dont voici le d&eacute;but&nbsp;:</span></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>La nuit est en train de tomber. Des hommes press&eacute;s rentrent chez eux. Sur le boulevard, une pluie fine trempe les trottoirs boueux et les abris en toile. On devine des silhouettes dans le halo de quelques lanternes, &agrave; l'int&eacute;rieur des tentes. L'air humide s'&eacute;paissit par endroits. Des bancs de brume d&eacute;rivent, effa&ccedil;ant les contours des immeubles et happant les derniers passants, des figures noires qui semblent marcher sans but dans une plaine vide. Je longe les baraques adoss&eacute;es au mur de l'usine. Une jeune femme, son parapluie devant elle, me heurte et me salue en risquant un air de d&eacute;bauche sur son visage aux traits tir&eacute;s. La pluie ruisselle dans son cou. Je lui donne une cigarette, qu'elle allume sous son parapluie, en s'&eacute;loignant sans un mot.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal">On notera d'embl&eacute;e une succession de plans dont la noirceur plonge le lecteur dans une France au r&eacute;gime autoritaire, en proie &agrave; une &eacute;pid&eacute;mie. Roman d'anticipation direz-vous&nbsp;? Pas s&ucirc;r quand on lit Xabi Molia d&eacute;cid&eacute;ment toujours concern&eacute; par les probl&egrave;mes de son temps &ndash; rappelons-nous </span></span><i><span style="font-weight: normal">Reprise des hostilit&eacute;s - </span></i><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal">:</span></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i><span style="font-weight: normal">La reconstruction du pays commen&ccedil;ait &agrave; peine lorsque l'&eacute;pid&eacute;mie se d&eacute;clara. Apr&egrave;s plusieurs ann&eacute;es d'effondrements boursiers, de banqueroutes et de plans de rigueur, de grandes gr&egrave;ves, de p&eacute;nuries qu'on croyait r&eacute;serv&eacute;es &agrave; des r&eacute;publiques lointaines, d'attentats politiques et de combats de rue dans des quartiers autrefois respectables, on s'apaisait enfin, on reprenait espoir. Les indicateurs de croissance, comme des astres, s'alignaient. Au Parlement, le programme de r&eacute;conciliation nationale venait d'&ecirc;tre adopt&eacute;. On s'&eacute;tait solennellement engag&eacute; &agrave; r&eacute;tablir dans leurs droits des concitoyens que, dans un moment d'&eacute;garement collectif, on avait d&eacute;chus de leur nationalit&eacute; pour des motifs divers, tandis que leurs pers&eacute;cuteurs, accus&eacute;s d'avoir c&eacute;d&eacute; &agrave; la col&egrave;re aveugle qui vous submerge dans des moments de d&eacute;sespoir (la crise en &eacute;tait un), b&eacute;n&eacute;ficiaient de mesures d'amnistie. Le Pr&eacute;sident, sobre, grave et repentant, portait ce renouveau. Il n'y aurait plus de bouc &eacute;missaire ; on se sauverait par la concorde : </span></i><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal">ensemble </span></span><i><span style="font-weight: normal">&eacute;tait le ma&icirc;tre mot.</span></i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Antoine et H&eacute;l&egrave;ne &eacute;taient ensemble eux aussi mais ils ne le sont plus. La compagne de ce m&eacute;decin vivant dans un appartement communautaire a disparu du jour au lendemain, ne laissant aucune trace derri&egrave;re elle, du moins dans un premier temps. A-t-elle &eacute;t&eacute; tu&eacute;e&nbsp;? Qui lui en voudrait&nbsp;? Peut-&ecirc;tre ceux qui n'ont jamais support&eacute; le h&eacute;ros de bande-dessin&eacute;e auquel elle a donn&eacute; naissance et dont les aventures peuvent &ecirc;tre comprises comme une critique du r&eacute;gime. Sa disparition aurait-elle un lien avec l'&eacute;pid&eacute;mie d'altrisme &ndash; et non altruisme - qui frappe de plein fouet le pays et dont les sympt&ocirc;mes sont le contraire m&ecirc;me d'un amour pour autrui ?</font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Les sujets souffraient d'abord de fortes fi&egrave;vres et se plaignaient en r&acirc;lant de fluxions pulmonaires, qui les clouaient au lit. Puis, au bout de quelques jours, alors que la fi&egrave;vre baissait, de vives douleurs musculaires, des convulsions, leur arrachaient de longues plaintes rauques. L'alt&eacute;ration commen&ccedil;ait. Leur peau se couvrait par endroits de taches sombres tirant sur le violet. Des d&eacute;bris squameux apparaissaient sur leurs paupi&egrave;res, et les infect&eacute;s perdaient au m&ecirc;me moment leurs cheveux par poign&eacute;es. Travers&eacute;s de soubresauts, les muscles des bras et des jambes se raidissaient, la salive moussait au coin des l&egrave;vres, les ongles devenaient des griffes, le visage un masque grima&ccedil;ant o&ugrave; brillaient leurs yeux vitreux. Les malades entraient alors dans un &eacute;tat flegmatique pendant lequel, recroquevill&eacute;s sur leurs lits, ils poussaient quelques grognements et paraissaient dormir. Puis ils se jetaient sur les hommes, les tuaient, les d&eacute;pe&ccedil;aient.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Ecrit avant l'&eacute;mergence du mouvement des Indign&eacute;s, ce livre arrive n&eacute;anmoins &agrave; capter un esprit de r&eacute;volte qui bouillonne en ce moment chez de nombreux citoyens r&eacute;volt&eacute;s par l'inconscience des financiers et leur qu&ecirc;te du toujours plus. </font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">L'int&eacute;r&ecirc;t du propos, me semble-t-il, n'est pas de pencher pour l'un ou l'autre. Les malades d'altrisme n'ont pas raison, pas plus que le pouvoir, qu'il soit politique ou &eacute;conomique. Entre ces deux extr&ecirc;mes, il y a le peuple qui subit la r&eacute;alit&eacute; de plein fouet. Antoine en fait partie, comme S&eacute;lim son assistant, Chenowitz ou encore Aslan. On peut lire ce roman comme un hommage rendu au peuple &ndash; c'est un gros mot aux yeux de nombreux &eacute;ditorialistes -, &agrave; sa capacit&eacute; &agrave; encaisser les coups durs, &agrave; maintenir une vie en commun malgr&eacute; le chaos :</font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Dans Paris, depuis que les infect&eacute;s nous encerclent, les gens ont besoin, pour se sentir proches, d'obtenir des inconnus quelque chose comme un aveu, au sujet de leur pass&eacute;, de leur vie secr&egrave;te, de leurs convictions intimes.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal">Tout concourt a priori &agrave; ce qu'Antoine ne puisse pas enqu&ecirc;ter sur la disparition de sa femme. Mais il maintient le cap, faisant fi d'une guerre entre son pays et l'Am&eacute;rique, passant outre le danger sanitaire, ignorant le pr&eacute;sident Bel qui fait son show en se m&ecirc;lant incognito &agrave; la population pour prendre son pouls ou qu'il tente de relayer sa propagande via Radio-Paris &ndash; c'&eacute;tait aussi d'une station durant l'occupation allemande en France, </span></span><i><span style="font-weight: normal">Radio-Paris ment, Radio-Paris ment, Radio-Paris est allemand</span></i><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal"> -. Antoine veut savoir et rien ne peut l'arr&ecirc;ter&nbsp;:</span></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Je ne demande pas &agrave; comprendre ce qui s'est pass&eacute;. Je n'exige m&ecirc;me pas qu'elle revienne. Mes besoins sont plus modestes : je veux des faits. Ensuite, peut-&ecirc;tre, l'ordre reviendra dans ma t&ecirc;te. Ce qui s'est pass&eacute;, je le mettrai &agrave; la place manquante de cette nuit o&ugrave; elle a disparu. Je cherche la tranquillit&eacute; d'esprit.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal; line-height: 150%; text-decoration: none"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Antoine a quelque chose d'h&eacute;ro&iuml;que, en ce sens qu'il ne d&eacute;vie pas de son chemin m&ecirc;me lorsqu'il comprend que le commissaire charg&eacute; de l'enqu&ecirc;te n'est pas &agrave; la hauteur, ce qui le contraindra &agrave; faire appel &agrave; un d&eacute;tective priv&eacute;, Archer. Il ira jusqu'au bout m&ecirc;me quand il devra partager l'intimit&eacute; d'une certaine mademoiselle Caron &agrave; laquelle les autorit&eacute;s ont d&eacute;cid&eacute; d'attribuer le logement vacant d'H&eacute;l&egrave;ne.</font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal; line-height: 150%; text-decoration: none"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Le personnage apprendra bien tard ce qui s'est pass&eacute;, preuve que son aveuglement perdure. Aveuglement par rapport &agrave; sa compagne H&eacute;l&egrave;ne chez qui il ne suspecta jamais rien mais aussi par rapport &agrave; son fils, Baptiste qui refait surface &agrave; la fin du livre, une fois achev&eacute;s ses deux ans sous les drapeaux, plus d&eacute;cid&eacute; que jamais &agrave; r&eacute;gler ses comptes avec son g&eacute;niteur :</font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%; text-decoration: none"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>tu as menti toute ta vie, tu t'es cach&eacute; la v&eacute;rit&eacute;, c'est ton tour de souffrir.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal; line-height: 150%; text-decoration: none"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Cette enqu&ecirc;te m&egrave;nera Antoine tr&egrave;s loin&nbsp;: g&eacute;ographiquement sans doute mais aussi psychologiquement. Et c'est peut-&ecirc;tre ce que sous-tend ce roman haletant de Xabi Molia&nbsp;: il n'y a pas de place pour l'inattention. Gare &agrave; celui ou celle qui baisse la garde. Il faut exercer son pouvoir de citoyen et se m&eacute;fier de ceux qui pr&eacute;tendent parler au nom du peuple&nbsp;:</font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%; text-decoration: none"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Le temps des proph&egrave;tes est fini. L'art ne peut rien. Rien de rien. L'art est trop faible et n'a aucune emprise. C'est par l'action qu'on se sauvera.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal; line-height: 150%; text-decoration: none"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Comme cette piq&ucirc;re de rappel est jouissive !</font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal; line-height: 150%; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal; line-height: 150%; text-decoration: none"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=8,0,0,0" width="450" height="90" id="playerFLV" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108079_itv_xabi_molia_par_william_irigoyen_pour_le_poing_et_la_plume__sortie_du_livre_le_24_aout_2011.mp3&mediaId=108079&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" /><param name="quality" value="high" /><param name="bgcolor" value="#FFFFFF" /><embed src="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108079_itv_xabi_molia_par_william_irigoyen_pour_le_poing_et_la_plume__sortie_du_livre_le_24_aout_2011.mp3&mediaId=108079&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" quality="high" bgcolor="#FFFFFF" width="450" height="90" name="playerFLV" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" /></object></font></font></p> </p> William Octobre 2011 Xabi Molia, Avant de disparaître, Seuil<br \><p><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108177_xabi_molia.jpg" class="photo_blog_visu" /></span></span></font></font> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal">Ecrivain, sc&eacute;nariste, r&eacute;alisateur, Xabi Molia est de ces &ecirc;tres que la dispersion artistique n'effraie pas, bien au contraire. N'&eacute;tant pas cin&eacute;phile, je ne vous dirai rien de </span></span><i><span style="font-weight: normal">Huit fois debout, </span></i><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal">son premier long-m&eacute;trage avec Julie Gayet et Denis Podalyd&egrave;s sorti il y a deux ans et prim&eacute; &agrave; l'&eacute;tranger. En revanche, je connais mieux Xabi Molia l'&eacute;crivain qui signe, en cette rentr&eacute;e litt&eacute;raire, son cinqui&egrave;me livre dont voici le d&eacute;but&nbsp;:</span></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>La nuit est en train de tomber. Des hommes press&eacute;s rentrent chez eux. Sur le boulevard, une pluie fine trempe les trottoirs boueux et les abris en toile. On devine des silhouettes dans le halo de quelques lanternes, &agrave; l'int&eacute;rieur des tentes. L'air humide s'&eacute;paissit par endroits. Des bancs de brume d&eacute;rivent, effa&ccedil;ant les contours des immeubles et happant les derniers passants, des figures noires qui semblent marcher sans but dans une plaine vide. Je longe les baraques adoss&eacute;es au mur de l'usine. Une jeune femme, son parapluie devant elle, me heurte et me salue en risquant un air de d&eacute;bauche sur son visage aux traits tir&eacute;s. La pluie ruisselle dans son cou. Je lui donne une cigarette, qu'elle allume sous son parapluie, en s'&eacute;loignant sans un mot.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal">On notera d'embl&eacute;e une succession de plans dont la noirceur plonge le lecteur dans une France au r&eacute;gime autoritaire, en proie &agrave; une &eacute;pid&eacute;mie. Roman d'anticipation direz-vous&nbsp;? Pas s&ucirc;r quand on lit Xabi Molia d&eacute;cid&eacute;ment toujours concern&eacute; par les probl&egrave;mes de son temps &ndash; rappelons-nous </span></span><i><span style="font-weight: normal">Reprise des hostilit&eacute;s - </span></i><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal">:</span></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i><span style="font-weight: normal">La reconstruction du pays commen&ccedil;ait &agrave; peine lorsque l'&eacute;pid&eacute;mie se d&eacute;clara. Apr&egrave;s plusieurs ann&eacute;es d'effondrements boursiers, de banqueroutes et de plans de rigueur, de grandes gr&egrave;ves, de p&eacute;nuries qu'on croyait r&eacute;serv&eacute;es &agrave; des r&eacute;publiques lointaines, d'attentats politiques et de combats de rue dans des quartiers autrefois respectables, on s'apaisait enfin, on reprenait espoir. Les indicateurs de croissance, comme des astres, s'alignaient. Au Parlement, le programme de r&eacute;conciliation nationale venait d'&ecirc;tre adopt&eacute;. On s'&eacute;tait solennellement engag&eacute; &agrave; r&eacute;tablir dans leurs droits des concitoyens que, dans un moment d'&eacute;garement collectif, on avait d&eacute;chus de leur nationalit&eacute; pour des motifs divers, tandis que leurs pers&eacute;cuteurs, accus&eacute;s d'avoir c&eacute;d&eacute; &agrave; la col&egrave;re aveugle qui vous submerge dans des moments de d&eacute;sespoir (la crise en &eacute;tait un), b&eacute;n&eacute;ficiaient de mesures d'amnistie. Le Pr&eacute;sident, sobre, grave et repentant, portait ce renouveau. Il n'y aurait plus de bouc &eacute;missaire ; on se sauverait par la concorde : </span></i><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal">ensemble </span></span><i><span style="font-weight: normal">&eacute;tait le ma&icirc;tre mot.</span></i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Antoine et H&eacute;l&egrave;ne &eacute;taient ensemble eux aussi mais ils ne le sont plus. La compagne de ce m&eacute;decin vivant dans un appartement communautaire a disparu du jour au lendemain, ne laissant aucune trace derri&egrave;re elle, du moins dans un premier temps. A-t-elle &eacute;t&eacute; tu&eacute;e&nbsp;? Qui lui en voudrait&nbsp;? Peut-&ecirc;tre ceux qui n'ont jamais support&eacute; le h&eacute;ros de bande-dessin&eacute;e auquel elle a donn&eacute; naissance et dont les aventures peuvent &ecirc;tre comprises comme une critique du r&eacute;gime. Sa disparition aurait-elle un lien avec l'&eacute;pid&eacute;mie d'altrisme &ndash; et non altruisme - qui frappe de plein fouet le pays et dont les sympt&ocirc;mes sont le contraire m&ecirc;me d'un amour pour autrui ?</font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Les sujets souffraient d'abord de fortes fi&egrave;vres et se plaignaient en r&acirc;lant de fluxions pulmonaires, qui les clouaient au lit. Puis, au bout de quelques jours, alors que la fi&egrave;vre baissait, de vives douleurs musculaires, des convulsions, leur arrachaient de longues plaintes rauques. L'alt&eacute;ration commen&ccedil;ait. Leur peau se couvrait par endroits de taches sombres tirant sur le violet. Des d&eacute;bris squameux apparaissaient sur leurs paupi&egrave;res, et les infect&eacute;s perdaient au m&ecirc;me moment leurs cheveux par poign&eacute;es. Travers&eacute;s de soubresauts, les muscles des bras et des jambes se raidissaient, la salive moussait au coin des l&egrave;vres, les ongles devenaient des griffes, le visage un masque grima&ccedil;ant o&ugrave; brillaient leurs yeux vitreux. Les malades entraient alors dans un &eacute;tat flegmatique pendant lequel, recroquevill&eacute;s sur leurs lits, ils poussaient quelques grognements et paraissaient dormir. Puis ils se jetaient sur les hommes, les tuaient, les d&eacute;pe&ccedil;aient.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Ecrit avant l'&eacute;mergence du mouvement des Indign&eacute;s, ce livre arrive n&eacute;anmoins &agrave; capter un esprit de r&eacute;volte qui bouillonne en ce moment chez de nombreux citoyens r&eacute;volt&eacute;s par l'inconscience des financiers et leur qu&ecirc;te du toujours plus. </font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">L'int&eacute;r&ecirc;t du propos, me semble-t-il, n'est pas de pencher pour l'un ou l'autre. Les malades d'altrisme n'ont pas raison, pas plus que le pouvoir, qu'il soit politique ou &eacute;conomique. Entre ces deux extr&ecirc;mes, il y a le peuple qui subit la r&eacute;alit&eacute; de plein fouet. Antoine en fait partie, comme S&eacute;lim son assistant, Chenowitz ou encore Aslan. On peut lire ce roman comme un hommage rendu au peuple &ndash; c'est un gros mot aux yeux de nombreux &eacute;ditorialistes -, &agrave; sa capacit&eacute; &agrave; encaisser les coups durs, &agrave; maintenir une vie en commun malgr&eacute; le chaos :</font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Dans Paris, depuis que les infect&eacute;s nous encerclent, les gens ont besoin, pour se sentir proches, d'obtenir des inconnus quelque chose comme un aveu, au sujet de leur pass&eacute;, de leur vie secr&egrave;te, de leurs convictions intimes.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal">Tout concourt a priori &agrave; ce qu'Antoine ne puisse pas enqu&ecirc;ter sur la disparition de sa femme. Mais il maintient le cap, faisant fi d'une guerre entre son pays et l'Am&eacute;rique, passant outre le danger sanitaire, ignorant le pr&eacute;sident Bel qui fait son show en se m&ecirc;lant incognito &agrave; la population pour prendre son pouls ou qu'il tente de relayer sa propagande via Radio-Paris &ndash; c'&eacute;tait aussi d'une station durant l'occupation allemande en France, </span></span><i><span style="font-weight: normal">Radio-Paris ment, Radio-Paris ment, Radio-Paris est allemand</span></i><span style="font-style: normal"><span style="font-weight: normal"> -. Antoine veut savoir et rien ne peut l'arr&ecirc;ter&nbsp;:</span></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Je ne demande pas &agrave; comprendre ce qui s'est pass&eacute;. Je n'exige m&ecirc;me pas qu'elle revienne. Mes besoins sont plus modestes : je veux des faits. Ensuite, peut-&ecirc;tre, l'ordre reviendra dans ma t&ecirc;te. Ce qui s'est pass&eacute;, je le mettrai &agrave; la place manquante de cette nuit o&ugrave; elle a disparu. Je cherche la tranquillit&eacute; d'esprit.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal; line-height: 150%; text-decoration: none"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Antoine a quelque chose d'h&eacute;ro&iuml;que, en ce sens qu'il ne d&eacute;vie pas de son chemin m&ecirc;me lorsqu'il comprend que le commissaire charg&eacute; de l'enqu&ecirc;te n'est pas &agrave; la hauteur, ce qui le contraindra &agrave; faire appel &agrave; un d&eacute;tective priv&eacute;, Archer. Il ira jusqu'au bout m&ecirc;me quand il devra partager l'intimit&eacute; d'une certaine mademoiselle Caron &agrave; laquelle les autorit&eacute;s ont d&eacute;cid&eacute; d'attribuer le logement vacant d'H&eacute;l&egrave;ne.</font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal; line-height: 150%; text-decoration: none"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Le personnage apprendra bien tard ce qui s'est pass&eacute;, preuve que son aveuglement perdure. Aveuglement par rapport &agrave; sa compagne H&eacute;l&egrave;ne chez qui il ne suspecta jamais rien mais aussi par rapport &agrave; son fils, Baptiste qui refait surface &agrave; la fin du livre, une fois achev&eacute;s ses deux ans sous les drapeaux, plus d&eacute;cid&eacute; que jamais &agrave; r&eacute;gler ses comptes avec son g&eacute;niteur :</font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%; text-decoration: none"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>tu as menti toute ta vie, tu t'es cach&eacute; la v&eacute;rit&eacute;, c'est ton tour de souffrir.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal; line-height: 150%; text-decoration: none"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Cette enqu&ecirc;te m&egrave;nera Antoine tr&egrave;s loin&nbsp;: g&eacute;ographiquement sans doute mais aussi psychologiquement. Et c'est peut-&ecirc;tre ce que sous-tend ce roman haletant de Xabi Molia&nbsp;: il n'y a pas de place pour l'inattention. Gare &agrave; celui ou celle qui baisse la garde. Il faut exercer son pouvoir de citoyen et se m&eacute;fier de ceux qui pr&eacute;tendent parler au nom du peuple&nbsp;:</font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%; text-decoration: none"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Le temps des proph&egrave;tes est fini. L'art ne peut rien. Rien de rien. L'art est trop faible et n'a aucune emprise. C'est par l'action qu'on se sauvera.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal; line-height: 150%; text-decoration: none"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Comme cette piq&ucirc;re de rappel est jouissive !</font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal; line-height: 150%; text-decoration: none">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal; line-height: 150%; text-decoration: none"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=8,0,0,0" width="450" height="90" id="playerFLV" align="middle"><param name="allowScriptAccess" value="sameDomain" /><param name="movie" value="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108079_itv_xabi_molia_par_william_irigoyen_pour_le_poing_et_la_plume__sortie_du_livre_le_24_aout_2011.mp3&mediaId=108079&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" /><param name="quality" value="high" /><param name="bgcolor" value="#FFFFFF" /><embed src="../flash/fr_player_son.swf?soundToPlay=http://download.blogs.arte.tv/28852/108079_itv_xabi_molia_par_william_irigoyen_pour_le_poing_et_la_plume__sortie_du_livre_le_24_aout_2011.mp3&mediaId=108079&mediaTypeId=1&doLogging=true&showCodeButton=true" quality="high" bgcolor="#FFFFFF" width="450" height="90" name="playerFLV" align="middle" allowScriptAccess="sameDomain" type="application/x-shockwave-flash" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" /></object></font></font></p> </p> no William Irigoyen Philippe Lançon, Les îles, Jean-Claude Lattès http://blogs.arte.tv/Le_poing_et_la_plume/frontUser.do?method=getPost&postId=108748&blogName=Le_poing_et_la_plume Tue, 25 Oct 2011 11:59:59 +0200 Philippe Lançon, Les îles, Jean-Claude Lattès<br \><p><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><img src="http://download.blogs.arte.tv/28852/108178_lancon.jpg" class="photo_blog_visu" /></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">La grande trag&eacute;die de la vie n'est pas que l'homme p&eacute;risse mais qu'il cesse d'aimer, </span></span></i><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">&eacute;crit dans </span></span></span><i><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">The Summing Up </span></span></i><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">Sommerset Maugham dont l'ombre plane sur le dernier roman de Philippe Lan&ccedil;on (voir interview ci-dessous), &eacute;crivain que les lecteurs de </span></span></span><i><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">Lib&eacute;ration </span></span></i><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">connaissent pour ses critiques litt&eacute;raires &eacute;rudites et franches</span></span></span><i><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">. </span></span></i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">Il est bon d'avoir en t&ecirc;te ces mots de l'homme de lettres britannique quand on entre dans </span></span></span><i><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">Les &icirc;les, </span></span></i><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">celles de Hong-Kong et de Cuba que le narrateur, un certain Philippe, connait bien. Dans ces deux morceaux de terre que tout semble s&eacute;parer, il a conserv&eacute; de solides amiti&eacute;s.</span></span></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">Voici Marilyn, Alison, Jun et surtout Jad qui souffre d'un </span></span></span><i><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">d&eacute;sordre dissociatif</span></span></i><span style="font-style: normal"><span style="text-decoration: none"><span style="font-weight: normal">, une maladie dont on peine &agrave; comprendre toutes les manifestations. Mais qu'importe puisqu'il est bien question d'amour ici.</span></span></span></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%; text-decoration: none"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Je voudrais raconter ici son aventure telle que j'ai cru la vivre, ou plut&ocirc;t telle que je l'ai v&eacute;cue comme &eacute;tant la mienne, la n&ocirc;tre, celle de n'importe qui d'ignorant, de volontairement ignorant sur ceux qu'il aime &ndash; d'amiti&eacute; ou d'amour.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal; line-height: 150%; text-decoration: none"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">La maladie de Jad permet, paradoxalement, de ne pas trop exposer au lecteur la jeune Hong-kongaise en voyage chez Fidel. C'est en fait lui-m&ecirc;me que Philippe livre &agrave; notre regard. </font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%; text-decoration: none"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>La folie des autres est un &eacute;gotisme : elle me renvoie au pass&eacute;, &agrave; l'incompr&eacute;hension, &agrave; l'imagination de moi-m&ecirc;me.</i></font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal; line-height: 150%; text-decoration: none"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt">Vient le temps des questions sur soi, sur la relation &agrave; l'autre. L'homme est une &icirc;le pour l'homme semble nous dire Philippe dans une confession jamais impudique. Le narrateur est &agrave; l'image de cette Cuba qui n'a pas tourn&eacute; la page Castro ou de cette Hong-Kong qui, &agrave; l'image de la Chine, cherche une place dans le monde. Philippe subit lui aussi la transition, comme ceux qui l'entourent. </font></font></p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p> <p align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm; font-weight: normal; line-height: 150%; text-decoration: none"><font face="Tahoma, sans-serif"><font size="1" style="font-size: 8pt"><i>Nous avions une famille, mais n'en avions fond&am